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Source : Journal
Libération - samedi 19 juin 2004 - Par Alexandra SCHWARTZBROD
Un jeûne
pour alimenter le courant anti-EPR
Nucléaire :
à partir de lundi, trois militants cesseront de se nourrir pour
réclamer l'abandon du nouveau réacteur et sensibiliser l'opinion.
Le clin d'oeil est
cruel. Alors que trois militants antinucléaires se préparent
à entamer, lundi, un jeûne «indéterminé»
pour réclamer l'abandon
du projet de réacteur nucléaire EPR et la réorientation
des budgets vers les énergies renouvelables, la direction d'EDF
engagera mardi «le processus de consultation» pour déterminer
le site de construction du démonstrateur de l'EPR. Une façon
de montrer le peu de cas qu'elle fait - et le gouvernement avec elle -
des critiques qui se sont élevées dans la classe politique
et chez certains experts contre ce réacteur censé faire
la jonction entre les réacteurs vieillissants du parc actuel et
ceux de la génération future, attendus en 2030. Une façon
surtout de montrer que tout est bouclé et que rien n'entamera la
détermination des pouvoirs publics à lancer l'EPR.
Temporiser. Soutenus
par des associations écologistes (Agir pour l'environnement, Les
Amis de la terre, Sortir du nucléaire, Greenpeace) et
par les Verts, les trois futurs jeûneurs sont malgré tout
décidés à aller jusqu'au bout de leur combat. Ce
ne sont ni des fous furieux, ni des
doux rêveurs. Si l'abandon de l'EPR fait partie de leurs revendications,
ils savent qu'ils ne parviendront pas à eux seuls à l'obtenir.
Mais ils espèrent provoquer dans l'opinion une prise de conscience
qui poussera le gouvernement à temporiser. Jusqu'en... 2007. A
cette date, une nouvelle majorité en France ou de nouvelles directives
en Europe pourraient, espèrent-ils, retoquer le projet EPR. «On
connaît la stratégie Raffarin : un dossier gênant,
on le remet sous la pile...», déclarait l'un d'eux, vendredi
au cours d'une conférence de presse suivie de près par les
autorités puisque les Renseignements généraux y avaient
envoyé une observatrice «pour information». Concrètement,
après un dernier repas pris dimanche à midi dans un square
de la capitale à l'occasion d'un pique-nique de soutien, les trois
hommes s'installeront dans un appartement prêté pour l'opération
par la Mairie de Paris où ils n'avaleront plus que de l'eau. Suivis
par un médecin, ils s'arrêteront quand ils auront conscience
d'avoir atteint leurs limites. «On n'est pas suicidaire, on aime
la vie et on compte bien y goûter encore», explique André
Larivière, 56 ans, animateur du réseau Sortir du nucléaire,
qui a déjà effectué deux jeûnes de plus d'un
mois, en 1983 aux Etats-Unis contre la course aux armements, et en 1986
en Allemagne contre les euromissiles. «Le jeûne, c'est la
force pure des gens pauvres. Areva (le constructeur de l'EPR, ndlr) fait
de la pub dans le monde entier, nous, on n'a que notre énergie
propre...» Ses deux partenaires sont sur la même ligne : Dominique
Masset, 51 ans, du mouvement Appel pour une insurrection des consciences
; et Michel Bernard, 46 ans, fondateur de la revue Silence qui prône
la décroissance. «Ce jeûne, c'est une démarche
très humaine», déclarait à leurs côtés
la sénatrice (Verte) du Nord, Marie-Christine Blandin, qui ajoutait
en fustigeant le lobby nucléaire : «Ce sont des vieux nucléocrates,
l'EPR est leur Viagra !»
Les jeûneurs devant s'affaiblir au fil des semaines (ils devraient
perdre un kilo tous les deux jours), des «négociateurs»
ont déjà été désignés pour faire
le lien avec les pouvoirs publics. Parmi eux, Michèle Rivasi, ex-député
de la Drôme (apparentée PS) et experte du nucléaire,
qui vient de quitter la tête de Greenpeace France.
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Pour en savoir plus
et pour soutenir cette action :
Jeûne "Vivre
sans nucléaire" - Coordinateur national : Jocelyn Peyret.
Site internet : www.vivresansnucleaire.org
Mail : contact@vivresansnucleaire.org
- Tel. 04 78 29 01 51 -
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