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Oui, nous avons hébergé un « terroriste » de trois ans ! |
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Notre « crime » ? Avoir fondé
et animé une école libertaire. Bonaventure. Y avoir accueilli,
sans formalité, des enfants de tous horizons (même des mômes
de cathos, c'est dire). Et nous être pris d'affection pour un petit
bout en perdition au point de l'avoir accueilli chez nous pendant deux
ans et demi. Pourquoi ? Tout simplement parce
que le petit bout en question s'est révélé être
le fils d'un couple de militant d'ETA arrêté il y a quelques
semaines. Est-t-il également besoin de préciser (les parents s'étant présentés à nous comme ayant des problèmes de « papiers »(1), nous avions quelques doutes sur les véritables motivations de la demande de scolarisation et d'accueil qui nous était faite. Est-il, enfin, besoin de préciser : nous assumons pleinement le fait de scolariser, d'éduquer et d'accueillir tous les petits bouts du monde en détresse sans nous enquérir de l'identité ou des motivations de leurs parents. Cékomça ! Parce que nous pensons
que les enfants ne sont pas responsables de leurs parents(2), seul nous
importera toujours leur regard noyé de brume. Une école libertaire
pourrait-t-elle ne pas être une terre d'asile sans perdre son «
âme » ? Pour tout ce petit monde, on n'accueille pas pendant deux ans et demi (et ensuite, de temps en temps, pendant les vacances), un môme de terroristes sans faire, plus ou moins partie de la confrérie. A quoi bon, donc,
leur expliquer, en plus, que les luttes de libération nationale
visant à instaurer un nouvel Etat, avec de nouveaux patrons et
de nouveaux maîtres, ne sont pas vraiment la tasse de thé
des anarchistes. Que le mythe d'une soit disant lutte armée opposant
quelques frondes à des missiles Tomahawk confine, pour nous, au
grotesque. Si on ajoute à
cela que l'air du temps est à la criminalisation de tout comportement
un tant soit peu « dissident », il est donc clair que nous
avons le profil politico médiatique pour être mis au pilori. Reste que le monde
sera toujours divisé en deux. Avec, d'un côté, ceux qui, chez nous, à l'Ile d'Oléron, ont organisé (ou participé à) en 1941 le renvoi chez les fascistes espagnols d'une cinquantaine d'enfants de républicains basques qui étaient venus, en bateau, après la défaite, se réfugier au pays de la révolution et des droits de l'homme. Et, de l'autre, de simples gens comme nous qui seront toujours terre d'asile pour tous les enfants du monde. Dans ces conditions, on voudra bien nous pardonner, à défaut d'avoir choisi le chemin de l'honneur, d'avoir, du moins, refusé de prendre celui du déshonneur. Etre libre ou se reposer, disait déjà un poète antique. Telle est et sera toujours la question. Alors oui, nous avons
hébergé un « terroriste » de trois ans. Nous
lui avons appris à lire et à écrire. Nous lui avons
même transmis nos valeurs de liberté, d'égalité,
d'autogestion et d'entre aide. Nous lui avons enseigné que les
charentais comme les basques, étaient avant tout des citoyens du
monde. Et nous l'avons simplement aimé comme un petit bout d'être
humain en mal de tellement de choses. Et nous persistons à ne pas
avoir honte de tout cela. Garde bien tes petites mains serrées sur ces petites pierres de rêve auxquelles tu t'accrochais quand tu avais le blues de papa-maman. Les histoires des grands n'empêcheront pas toujours que tu puisses vivre la tienne sereinement. Nous t'y aiderons de toutes nos forces et de tout notre cour. On t'aime. Le 20 octobre 2004. Jean-Marc Raynaud (1) En septembre 2004,
l'Inspection Académiques de Rennes, sur demande de la police de
l'air et des frontières a envoyé aux directeurs(trices)
de l'écoles un courrier pour retrouver la présence d'un
enfant, sans mentionner le motif de la recherche. Un directeur a répondu.
Et c'est ainsi qu'un enfant de sans papiers s'est retrouvé en centre
de rétention. renseignements: Dernières nouvelles : 04-12-04 Une très bonne nouvelle : notre amie Thyde et son mari jean Marc ont été libérés cet après midi à 15 h 30, avant la fin prévisible de la garde à vue qui s'achevait demain matin à 7 h. Aucune mise en examen n'a été prononcée. C'est donc le soulagement, pour autant l'affaire n'est pas close, tant du côté judicaire que du nôtre : la collaboration école - police est une atteinte gravissime au droit des enfants à l'éducation et aux libertés en général, il nous faut la dénoncer fermement. Pour l'instant Thyde et Jean-Marc se reposent, nous verrons avec eux les suites. source : liste adherents-udas le 03-12-04 Cela fait plaisir
de voir le nom de Thyde s'afficher sur son téléphone, preuve
qu'elle est libre... Sa maison a été
vidée, la police a embarqué toutes ses adresses et documents
pour poursuivre éventuellement ses investigations. Nous voici soulagés ce soir. source: liste coord éduc Marseille
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