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Soutien à Cesare Battisti

Le Conseil d'Etat, dernier recours de Cesare Battisti (PAPIER GENERAL)

PARIS, 24 oct 2004 (AFP) - Le Conseil d'Etat constitue pour l'ancien activiste d'extrême gauche italien Cesare Battisti le dernier recours juridique possible pour empêcher son extradition vers l'Italie, autorisée samedi par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

"Nous allons bien évidemment déposer un recours devant le Conseil d'Etat", a indiqué Eric Turcon, l'un des avocats de l'ancien responsable des "Prolétaires armés pour le communisme", en cavale depuis le 21 août, date à laquelle il ne s'est plus présenté à son contrôle judiciaire.

Si Cesare Battisti était interpellé, il pourrait être immédiatement extradé vers l'Italie car le recours devant le Conseil d'Etat n'est pas suspensif, a souligné son avocat, indiquant cependant qu'"il existe une tradition française qui est de ne pas extrader quelqu'un tant que son recours n'a pas été examiné par le Conseil".

Si le gouvernement choisit de ne pas attendre l'examen au fond du recours et d'extrader Cesare Battisti dès son éventuelle interpellation, sa défense saisira le Conseil en référé, a précisé Me Turcon, qui constitue, avec Elisabeth Maisondieu-Camus et Pierre Haïk, la nouvelle équipe de défense de l'ex-activiste depuis le rejet de son pourvoi en cassation.

Le 13 octobre, la Cour de cassation avait mis fin au parcours judiciaire de la demande d'extradition présentée par l'Italie, en confirmant l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 30 juin qui lui avait donné un avis favorable.

"dommage pour la parole donnée"

L'affaire Battisti a débuté en février 2004, lorsque le ministre de la Justice Dominique Perben a décidé que la procédure d'extradition à son encontre allait "reprendre son cours".

Installé en France depuis 1990, celui qui est recherché par l'Italie pour plusieurs assassinats commis durant "les années de plomb" est devenu gardien d'immeuble et auteur de romans policiers édités par Gallimard.

Cesare Battisti a longtemps été protégé par la "jurisprudence Mitterrand" qui permettait depuis 1985 aux anciens responsables italiens d'extrême gauche impliqués dans des actions violentes de rester en France s'ils avaient renoncé à toute activité terroriste, à l'exception des auteurs de crimes de sang.

La relance de la procédure d'extradition, après le rejet d'une première demande de l'Italie en 1991, a donc soulevé de nombreuses réactions hostiles, notamment dans les rangs des partis de gauche ou parmi de nombreuses personnalités du monde littéraire et artistique qui ont dénoncé le non-respect par la France de la parole donnée.

C'est dans cet esprit qu'ont réagi François Hollande, premier secrétaire du PS et Gilles Lemaire, secrétaire national des Verts, après l'annonce de la signature du décret.

"M. (le chef du gouvernement italien Silvio) Berlusconi pourra considérer qu'au-delà du cas de Battisti, il pourra demander l'extradition de tous ceux qui vivent ici en France, au prétexte qu'il y a sur eux tel ou tel soupçon par rapport aux années 70", a affirmé M. Hollande.

"Le Premier ministre avait été interpellé, il a préféré rester sourd, c'est dommage pour le droit et la parole donnée", a-t-il ajouté, alors que Gilles Lemaire faisait part de la "colère" de son parti.

"Réaffirmant leur solidarité avec les réfugiés italiens", les Verts "espèrent que l'Etat français ne mettra pas à exécution le décret et demandent au président Jacques Chirac de respecter la parole de la France".

 


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