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Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés

Paris, le 10 mai 2004

 

EXPULSION DE Mme KEITA et de ses enfants :
L’Etat délinquant bafoue les conventions internationales

La FASTI a appris avec indignation la volonté du Préfet de l’Ain d’expulser Madame Aïssatou KEITA et ses deux enfants dès ce lundi 10 mai 2004 de Roissy.

Cette jeune Sénégalaise, originaire de Bourg en Bresse, où elle réside depuis 1996, a été détenue depuis le 20 avril au centre de rétention de Lyon Saint Exupéry avec ses enfants, Fatoumata et Lassana, âgés de 4 et 7 ans, nés et scolarisés dans l’Ain, au seul prétexte que sa situation n’a toujours pas pu être régularisée malgré les demandes réitérées par son mari qui vit en France en toute légalité depuis vingt ans. La FASTI juge indigne la procédure d'éloignement prise à l'encontre de Mme Keita et de ses deux enfants, à l’occasion d’un déplacement de son mari au Sénégal , d’où il doit revenir incessamment.

La FASTI condamne avec la plus grande fermeté ce projet d’expulsion et les conditions de détention de la famille KEITA, estimant qu’elles sont une violation totale de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant que la France ne cesse d’invoquer à titre incantatoire mais dont elle bafoue les principes élémentaires.

La FASTI estime de plus que cette expulsion, si elle était exécutée, bafouerait également la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme, dont l’article 8 garantit le droit de vivre en famille, et par conséquent le droit pour des enfants de ne pas être séparés arbitrairement de leur père, et pour une femme de ne pas être séparée de son mari.

La FASTI exige :

  • L’annulation immédiate de la procédure d’éloignement engagée à l’encontre de Mme KEITA et de ses enfants
  • Leur libération et leur régularisation

Le Ministère de l’Intérieur, qui se donne médiatiquement un « visage humain » lorsqu’il s’agit de faire croire à l’abolition de la double peine, criminalise constamment les personnes et associations qui soutiennent quotidiennement les Sans-Papiers en condamnant leur solidarité. Aujourd’hui ce même ministère dévoile son visage de délinquant en niant les droits les plus élémentaires des personnes immigrées.

La FASTI appelle toutes les organisations et personnes solidaires des personnes immigré-e-s A reclamer, PAR TOUS MOYENS, l’annulation de l’expulsion de Mme KEITA et ses enfants, ET leur regularisation immediate.


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