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Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés

Paris, le 05 février 2004


CE SONT LES EXPLOITEURS QUI DOIVENT PAYER, PAS LES VICTIMES

La FASTI dénonce avec la plus grande vigueur les Arrêtés Préfectoraux de Reconduite à la Frontière (APRF) décidés par la Préfecture de Maine-et-Loire et confirmés le 02 février 2004 par le Tribunal Administratif de Nantes à l'encontre des 11 Maliens d'Angers et Saint-Mars-la-jaille, travailleurs au Groupe International de Désossage (GID).Sept d'entre eux ont déjà vu leur sentence appliquée.

Alors que dans le même temps, une procédure prud'hommale et pénale est enclenchée envers leur patron, par ailleurs trafiquant de fausses cartes de résidents qui les a exploités sans vergogne pendant des années, la FASTI s'étonne que les victimes soient ainsi écartés d'un procès dans lequel elles auraient pu témoigner à charge.

Ces « reconduites à la frontière » concernent des personnes vivant pour la plupart depuis plus de 10 ans en France, exploités 15 heures par jour pour un salaire de misère.
Une des priorités du gouvernement, selon ses propres dire, est la lutte contre le travail au noir et l'attention portée aux victimes. La décision du préfet contredit manifestement cette option. Ne sont-ce pas la DDTE, la préfecture et certains responsables gouvernementaux qui devraient accompagner le patron esclavagiste sur le banc des accusés, pour complicité passive depuis plus de 10 ans ?

Depuis le 1er janvier, les dispositions prises dans le cadre des nouvelles lois sur l'immigration rendent totalement instables la situation des étrangers, les précarisent encore plus et offrent sur un plateau un une main d'oeuvre corvéable à merci à des patrons esclavagistes.

La FASTI estime que les politiques suivies, qui donnent plus de moyens à la chasse aux sans-papiers qu'à la protection sociale et aux droits des travailleurs montrent clairement la voie choisie par l'actuel gouvernement, par ailleurs dans la logique de ces prédécesseurs : il préfère pourchasser les esclaves que les esclavagistes.

LA FASTI EXIGE LA LEVEE IMMEDIATE DES APRF PRIS CONTRE LES 4 MALIENS RESTANT, LE DROIT AU RETOUR DES 7 MALIENS « RECONDUITS A LA FRONTIERE » ET LA REGULARISATION DE TOUS, COMME ACTE POLITIQUE DE REFUS DE L'ESCLAVAGE MODERNE DONT ELLES SONT VICTIMES.



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