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Argumentaire 14.15
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Les réseaux d'écoles primaires

 

Communication de Xavier DARCOS et une enquête de la direction de l'Enseignement scolaire

Source : http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=20031151638


Synthèse de la communication de Xavier Darcos sur la mise en réseau des écoles primaires

Aujourd'hui, une commune sur trois ne dispose plus d'une école sur son territoire. De plus, 28% des écoles françaises comptent seulement une ou deux classes. Sans mettre en cause la qualité de l'enseignement assuré par les maîtres, force est de constater que les petites écoles, le plus souvent situées en zone rurale, rencontrent des difficultés pour répondre aux exigences actuelles en matière de scolarité, qu'il s'agisse de l'organisation pédagogique, de l'équipement matériel ou de la gestion administrative.

Face à cette situation, le Comité interministériel à l'aménagement et au développement du territoire, dans sa réunion du 13 décembre 2002, a confié au ministère de la Jeunesse, de l'Education nationale et de la Recherche la conduite d'une réflexion pour revitaliser l'école rurale. L'objectif est de garantir aux enfants, en tout point du territoire, les mêmes chances d'accès au savoir et à la formation, dans le cadre d'un service public de proximité et de qualité. Il s'agit ainsi de contribuer, au travers de l'école, à un aménagement équilibré du territoire.

Le travail ministériel, engagé depuis le début de l'année 2003 s'est appuyé sur la concertation la plus large possible, avec les élus, les syndicats d'enseignants et de cadres de l'Education nationale, les fédérations de parents d'élèves, les associations qui s'intéressent aux politiques d'éducation dans le cadre communal.

L'approche retenue à l'issue de cette phase de discussions, consiste à promouvoir la constitution de réseaux d'écoles :

- en demandant à chaque inspecteur d'académie d'établir, après une concertation approfondie, un schéma territorial des écoles qui sera un instrument de prospective pour l'élaboration annuelle de la carte scolaire,

- en établissant un cadre juridique pour la constitution et le fonctionnement des réseaux d'écoles,

- en dotant chaque réseau d'un coordonnateur, qui assurera son animation, en vue de l'organisation d'actions pédagogiques et éducatives communes ; le coordonnateur bénéficiera, en fonction de la taille du réseau, d'une décharge totale ou partielle de service d'enseignement.

Dans tous les cas, le réseau ne peut se constituer qu'autour d'un projet commun, dégagé à la suite d'une concertation entre tous les acteurs et les partenaires de l'école.

Des réseaux d'écoles peuvent se constituer sans référence à une intercommunalité. Toutefois, c'est lorsque se réalise la convergence entre l'association des écoles et la coopération des communes que les avantages de cette nouvelle organisation sont les plus grands pour le service public.
C'est pourquoi, le ministère de l'Education nationale est décidé à accompagner les initiatives des élus qui choisissent d'exercer la compétence scolaire au niveau intercommunal. Le projet de loi relatif aux responsabilités locales, en cours de discussion au Sénat, contient plusieurs dispositions de nature à faciliter le traitement des questions scolaires dans un cadre intercommunal.

La concertation avec l'ensemble des partenaires se poursuivra pour la mise au point des textes d'application, qui seront publiés d'ici le printemps 2004, pour permettre leur mise en œuvre à compter de la prochaine rentrée.

L'objectif retenu est d'avoir constitué 600 réseaux d'écoles à l'horizon 2006-2007, y compris les 246 réseaux existants, qui bénéficieront des nouvelles dispositions réglementaires. La grande majorité de ces réseaux devrait se situer dans les zones rurales, mais cette organisation pourra également être expérimentée en milieu urbain ou périurbain.

 

Les réseaux d'écoles, une grande diversité de situations

(d'après une enquête de la direction de l'Enseignement scolaire)

2003 : les réseaux d'écoles, une grande diversité de situations qui appelle une unité de traitement
(d'après une enquête de la DESCO de décembre 2002 - mars 2003 menée auprès des inspections académiques)

De quoi parle-t-on ?
Pour réaliser une enquête sur l'existence et le fonctionnement des réseaux d'écoles au-delà des RPI (regroupements pédagogiques intercommunaux), la direction de l'Enseignement scolaire a retenu :
les regroupements d'écoles allant au-delà des RPI traditionnels, fondés sur un projet pédagogique de réseau, quel que soit le nom attribué localement à cette forme de regroupement ("pôle scolaire", "bassin d'école"…) ; il s'agit notamment des réseaux ruraux d'éducation ou réseaux d'écoles rurales, prévus par la circulaire n° 98-252 du 17 décembre 1998 relative à l'avenir du système éducatif en milieu rural.

Combien sont-ils ?
246 réseaux dans 46 départements

- 121 (soit 50 % des réseaux) englobent un ou plusieurs RPI.
- 56 réseaux englobent un collège.

1386 écoles et 3678 classes sont concernées, 76 685 élèves.
Ils comptent en moyenne 6 écoles, 15 classes, plus de 300 élèves.
Les réseaux d'écoles repérés sont essentiellement ruraux et scolarisent 3,7 % des élèves du primaire.

Comment fonctionnent-ils ?
Un coordonnateur, souvent l'un des directeurs des écoles regroupées, assure l'animation du réseau, le temps de décharge et les missions attribuées étant variables d'un réseau à l'autre.
Un conseil ou un comité de réseau ou un groupe de pilotage.


Comment sont-ils financés ?
Crédits d'Etat versés par le ministère de l'Education nationale pour les activités pédagogiques (ex : classes à projet artistique).

- Crédits municipaux ou de l'EPCI augmentés de la mise à disposition de locaux ou d'équipements à caractère sportif et culturel.
- Crédits des conseils généraux pour 1 réseau sur 3.

La diversité des modalités d'organisation administrative et financière pour répondre aux besoins pédagogiques locaux démontre la capacité d'initiative des acteurs de terrain. Cependant, le besoin d'un cadrage réglementaire est largement exprimé.

Réseaux d'écoles et intercommunalité
78 sont en relation avec un syndicat de communes, 40 avec un EPCI à fiscalité propre.
Quand la compétence scolaire a été transférée à un EPCI, ce transfert peut être partiel, ne concernant, par exemple, que l'école maternelle, ou bien que le fonctionnement des écoles, et non l'investissement, créant ainsi sur le territoire, une grande diversité de situations.
La convergence entre les contours du réseau et le périmètre d'une intercommunalité à compétence scolaire est loin d'être aujourd'hui le cas le plus fréquent.

Les avantages mis en avant sont nombreux

Rupture de l'isolement : elle est explicite dans 95 cas et plus de 200 fois implicite.

a) Rupture de l'isolement humain et pédagogique en général.

- Travail en commun des professeurs ;
- Entraide, motivation, stabilité des enseignants ;
- Formations communes qui conduisent à réflexion, élaboration de progressions à partir des programmes, des besoins des élèves, échanges de pratiques et d'outils, harmonisation de l'évaluation, constitution de groupes de besoins à partir des évaluations nationales, aide aux élèves ;
- des projets pédagogiques tels que : journal scolaire, défi lecture, correspondances, théâtre, expositions, productions diverses, en particulier, pour travailler la langue ;
- rencontres ou regroupements d'élèves (" classes de découverte ", parcours d'orientation, projet européen…) ; · projets pédagogiques basés sur l'informatique

b) Rupture de l'isolement culturel : la musique, les arts plastiques, les arts visuels, les richesses d'un musée, du patrimoine régional… sont travaillés dans le cadre d'une classe à PAC ou non.
c) Rupture de l'isolement sur le plan scientifique et technologique : opération "Main à la pâte".
d) Rencontres sportives.
e) Activités communes de loisirs hors temps scolaire…

Pour les élèves, quels avantages ?

a) Une meilleure qualité de l'enseignement : une meilleure prise en compte de l'évaluation, une meilleure prise en charge des élèves en difficulté, une rénovation de l'enseignement de la langue, des sciences, de l'anglais, une modernisation des écoles, l'amélioration, l'enrichissement, l'harmonisation, la diversification des pratiques, des réussites pédagogiques…
b) Une amélioration de la motivation.
c) De meilleurs résultats évoqués plusieurs fois dans 13 départements, parfois expressément prouvés par les évaluations nationales, une réduction des écarts entre les résultats, une diminution des retards scolaires est aussi observée.
d) Une meilleure continuité des parcours scolaires :

- meilleurs résultats au collège …
- plus de cohérence, de coordination des apprentissages, meilleure prise en compte plus globale du temps de l'enfant…

Une plus grande égalité des chances :

- par " la mutualisation des moyens " : le réseau a permis "l'harmonisation des moyens alloués aux différentes écoles entre les différentes communes ; les écoles ont pu s'équiper en matériel pédagogique en commun, inaccessible auparavant car trop coûteux".
- par " un brassage des élèves ".

Et pour les territoires ?

a) La stabilisation ou la remontée des effectifs d'élèves apparaissent dans 12 départements. Elles sont dues à l'attractivité des projets.
b) L'amélioration des relations entre les différents partenaires et de leur implication

- " une synergie intercommunale " ;
- la mobilisation des élus, des collectivités territoriales, " identification, par les élus, du réseau comme stratégie pédagogique intéressante dans le contexte rural " ;
- participation accrue des parents et, réciproquement, de meilleurs services sont rendus aux parents ;
- redynamisation de la vie locale.

Les RPI s'étaient souvent constitués dans l'urgence, dans une problématique conflictuelle de maintien des postes et des écoles. Nous voyons ici se confirmer l'hypothèse selon laquelle, peu à peu, cette problématique de regroupement a, dans certains cas, évolué vers une recherche commune de meilleure qualité de l'enseignement, de plus grandes chances de réussite scolaire.

Des difficultés qu'un cadre réglementaire nouveau et stable doit résoudre


Difficultés liées à la situation géographique

Les difficultés le plus souvent signalées sont liées (dans une trentaine de départements) au climat, aux distances, aux déplacements des intervenants et aux transports des élèves, qui entraînent des coûts élevés et prennent du temps.

Difficultés rencontrées par les équipes pédagogiques

- manque de temps pour le coordonnateur voire absence de coordonnateur.
- manque de reconnaissance de son rôle ;
- tâches mal définies : " Le rôle du coordonnateur n'est pas cadré " ; une " confusion entre le rôle pédagogique et le rôle administratif du maître animateur " ;
- tâches administratives trop lourdes par rapport aux fonctions pédagogiques ;
- pilotage du dispositif difficile à organiser ;
- fédération, suivi et régulation des équipes et des partenaires difficiles à effectuer ;
- évaluation des projets difficile à assurer.

Des territoires qui ne correspondent pas toujours à la géographie des réseaux, ce qui plaide pour qu'une attention particulière soit portée à la cohérence dans l'intercommunalité.

Ces résultats indiquent, à ce jour, que les réseaux correspondent à des besoins et sont source de progrès, non seulement en termes de rupture de l'isolement mais, aussi, du point de vue de l'acquisition des savoirs par les élèves, de la qualité des enseignements, de l'équité et de la solidarité. La qualité du service public, voulue par les acteurs eux-mêmes fédérés en équipe et en synergie autour de projets attractifs, permet aux élèves de donner du sens aux apprentissages, de mieux réussir sur le plan purement scolaire. Dès lors, elle devient en elle-même source d'attractivité, de compréhension mutuelle et de dynamisme au sein des territoires et prend le pas sur les difficultés rencontrées.


Source : http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=20031151638


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