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Argumentaire
13.11
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Voile, une antique aliénation |
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mercredi 10 décembre
2003 " C'est saint
Paul qui, le premier, a imposé le voile aux femmes avec des arguments
religieux. " Tout le monde aura
compris que par "pauvres" on entend cette communauté
qui a été d'abord traînée dans la boue à
l'époque coloniale, puis roulée dans la farine depuis la
fameuse Marche des beurs. Toutefois, ce n'est pas en concédant
à ces "démunis" un instrument d'aliénation
qu'on leur mettra du baume au coeur. D'où vient
donc cette histoire du voile ? D'une croyance sémitique très
ancienne, qui considérait la chevelure comme le reflet de la toison
pubienne ! Cette croyance était si répandue dans les pays
d'Orient, notamment en Mésopotamie, qu'elle a fini par avoir force
de loi. Aussi, le port du voile est-il rendu obligatoire dès le
XIIe siècle avant J.-C. par le roi d'Assyrie, Teglat Phalazar 1er
: "Les femmes mariées n'auront pas leur tête découverte.
Les prostituées ne seront pas voilées." C'était
dix-sept siècles avant Mahomet et cela se passait en Assyrie, l'Irak
d'aujourd'hui. Sans vouloir être
aussi pointilliste que les orthodoxes, je ferai remarquer que nulle part
dans ces sourates, il n'est fait explicitement mention de voile (hijab)
recouvrant le visage, cachant les cheveux et encore moins tout le corps.
Dans la première sourate, le Coran appelle simplement les croyantes
à recouvrir leurs poitrines. La très sérieuse Encyclopédie
de l'Islam (éditions Leyde) apporte cette explication : "Dans
l'Arabie préislamique, une coutume tribale voulait que durant les
batailles, les femmes montent en haut des dunes et montrent leurs poitrines
à leurs époux guerriers pour exciter leur ardeur au combat
et les inciter à revenir vivants afin de profiter de ces charmes".
Le verset en question aurait été inspiré au Prophète
pour instaurer un nouvel ordre moral au sein des tribus. Quant au deuxième
verset, il a fait l'objet de maintes lectures et controverses, la plus
intéressante étant celle d'un grand imam qui, à l'âge
d'or de Bagdad, au IXe siècle, en fit cette originale lecture :
"Le Seigneur n'a recommandé le voile qu'aux femmes du Prophète,
toute musulmane qui se voilerait le visage se ferait passer à tort
pour la sienne et donc sera passible de 80 coups de fouet." Le voile
est resté depuis le signe distinctif des riches citadines et demeura
inconnu dans les campagnes où les hommes ne songeaient pas à
voiler les femmes en raison des travaux qu'ils leur confiaient. C'est la Révolution
iranienne de 1979 qui entraîne la généralisation du
voile. Le hijab, innovation sortie tout droit de la tête des tailleurs
islamistes, a supplanté dans les pays du Maghreb le haïk traditionnel,
un carré de tissu blanc. Bien sûr, ce sont là les
signes d'une société arabo-musulmane en crise, sans projet,
sans perspectives, soumise à des régimes totalitaires et
qui n'a pour unique espace de respiration, d'utopie, que la religion.
Pierre Bourdieu expliquait que dans l'Algérie coloniale, l'homme
colonisé renvoyait sur la femme toute la violence subie de la part
du colonisateur. Désormais, l'homme musulman renvoie sur la femme
tout le chaos que lui fait subir la crise planétaire. Dans ces
pays sans libertés, l'islamisme fonctionne comme une eschatologie.
Il est devenu une sorte de propédeutique de la mort. Il efface
toutes les aspérités de la vie pour ne faire miroiter que
les plaisirs de "son vaste paradis". Ici se pose également
la question de la place de l'islam chez l'Autre. Contrairement au judaïsme
qui s'est forgé dans l'exil, au christianisme qui s'est inventé
durant les persécutions, l'islam est venu au monde comme une religion
d'Etat et une religion de conquête. Il n'a pas été
souvent minoritaire et la place qu'il a accordée aux autres religions
n'a pas été un exemple de tolérance. Et qu'on en
finisse également avec cette parité des signes religieux.
À Rome ou à Jérusalem, on ne lapide pas ceux qui
ont oublié leur croix ou leur étoile de David, en revanche,
de Téhéran à Khartoum, de Kaboul à Casablanca,
chaque jour des femmes sont violées, vitriolées, assassinées,
fouettées ou licenciées parce qu'elles ne se sont pas couvert
le visage et le corps. Le hijab est l'étoile jaune de la musulmane,
et toute musulmane est une juive que chaque fondamentaliste rêve
de déporter cinq fois par jour. Le hijab est l'effacement et l'abolition
virtuels de la femme. Tous les écrits fondamentalistes l'affirment,
"le voile est obligatoire car il doit cacher la aoura de la femme".
C'est-à-dire que tout son corps est perçu comme une partie
honteuse. Le hijab joue la fonction que lui a assigné Paul, il
y a deux mille ans : signifier à la femme en public qu'elle est
un être inférieur, bonne à tondre et à museler.
Toute fille pubère est donc perçue comme une partie honteuse.
Elle est éduquée pour se percevoir, depuis l'âge de
8 ans, comme un objet sexuel potentiel qui doit être dérobé
aux yeux de la foule concupiscente. Derrière chaque voile, il y
a trois mille ans de haine envers la femme qui nous regarde. Tolérer
le voile, c'est livrer une génération de filles pieds et
poings liés aux mains de frères et de pères qui ne
demandent qu'à leur imposer cette tenue d'infamie. Enfin, que ferons-nous demain, nous, citoyens de culture musulmane ayant fui nos pays d'origine en raison de la dictature du religieux, de l'absence de démocratie, et qui avons choisi la France comme terre d'accueil ou comme patrie, que ferons-nous quand nos filles à l'école publique se feront traiter de putes et traîner dans les caves parce qu'elles n'auront pas porté le voile, et que nos garçons se feront traiter de mécréants car ils n'auront pas respecté le ramadan dans les cantines ? Ne pas céder sur l'affaire du voile, c'est rendre un immense service à l'islam, lui apprendre qu'il n'est pas la religion unique mais une parmi les autres et que la France ou l'Europe ne sont pas des terres de conquête mais des territoires de partage. |
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