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Laïcité
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Des luttes quotidiennes... | ||||
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Argumentaire
13.09
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Souvenir, souvenir |
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Extrait de Système éducatif et réformes, Nathan, 1993
Médiatisé,
le débat s'empare de l'opinion et des surenchères se font
jour de la part de certains milieux au point que, un compromis ayant finalement
été trouvé à Creil début octobre, il
est rompu par les fillettes et leurs familles après l'intervention
de leaders islamistes. A travers cet épisode, l'école publique
contemporaine se trouve confrontée - sans autres véritables
repères que ceux consistant à construire des situations
" tenables " - à la question de sa relation au monde
social: accueillir passivement dans la salle de classe tous les bruits
du monde ? Les en exclure radicalement par principe 7 ?trouver un juste
milieu mais comment et lequel ? Deux camps idéologiques
très composites s'organisent, renvoyant à un grand débat
sur les rapports de l'universel et du particulier. Dans le 1er, on trouve
les chefs religieux, catholiques, juifs, et évidemment islamistes,
mais aussi SOS-Racisme et le MRAP ainsi qu'un idéologue d'extrême
droite [A de Benoist ], dont la position relativiste pourrait se résumer
au fait qu'il faut respecter les différences culturelles et donc
admettre le foulard en classe. Face à un enjeu
de civilisation - le journaliste B Frappat déclare par exemple
que "derrière ces voiles il semble bien que s'agitent plusieurs
des questions majeures qu'auront à régler les générations
qui sont précisément sur les bancs de l'école aujourd'hui
[ Le Monde, 25-X-89] - les autorités ministérielles adoptent
une attitude de très grande prudence qui leur interdit d'entrer
dans le débat idéologique de fond, confirmation de cette
difficulté à affirmer des valeurs scolaires quelque peu
exclusives dans un contexte d 'extrême dispersion des opinions parasitant
le clivage gauche - droite. Le 25 octobre à l'Assemblée
nationale, le ministre socialiste L. Jospin, après avoir rappelé
que l'on " ne doit pas arborer, de signes religieux " à
1'école, engage les chefs d'établissement à "
établir un dialogue avec les parents et les enfants " et conclut
que si la règle de neutralité religieuse n'est pas respectée
par les familles, " 1'enfant doit être accueilli dans1'établissement
public, c'est-à-dire dans les salles de classe comme dans la cour
de récréation ". Soit une manière de ne pas
répondre au nom de l'Etat et de renvoyer les réponses, à
l'aide de quelques repères, aux compromis locaux. La querelle née de Creil s'apaise peu à peu en surface, non dans les profondeurs. Car les questions posées, à cette occasion sont plus largement celles de l'école et de l'immigration, de la particularité et de l'universalisme de la raison, des frontières entre mission scientifique de l'institution scolaire et le respect des consciences, de la résurgence sous des formes nouvelles du problème de 1a laïcité, en un mot des fins de l'école. |
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