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Argumentaire
13.03
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Statut des enseignants-chercheurs: |
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"Les propositions de changement du statut des enseignants-chercheurs de 1984 que je formule doivent permettre des services diversifiés qui tiennent compte à la fois des desiderata des enseignants-chercheurs, de la politique de l'établissement et d'un cadrage national." C'est ce qu'indique à L'AEF Bernard Belloc, président de l'université Toulouse-I Sciences-sociales, qui a remis, mardi 7 octobre 2003, ses propositions à Luc Ferry, ministre de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche. Elles sont actuellement étudiées par les services juridiques et financiers du ministère (L'AEF du 09/10/2003, 37460). Bernard Belloc s'est appuyé sur le rapport d'Éric Espéret sur les nouvelles tâches des enseignants-chercheurs (L'AEF du 20/07/2001, 19238) et a entrepris "une consultation la plus large possible" auprès des organisations syndicales, des "collègues présidents et universitaires" et de "responsables de l'administration". Le document remis au ministre comprend 16 pages, dont 8 de présentation de la situation et 8 de "propositions concrètes qui peuvent servir de base à une première négociation". Bernard Belloc précise qu' "il n'existe pas réellement de missions qui ne soient pas déjà inscrites dans le décret de 1984, à l'exception des TICE et de la valorisation de la recherche. La question est donc celle du développement de certaines de ces missions, du temps qui leur ait consacré, et de la rémunération de tous les aspects du métier. Aujourd'hui, seules sont rémunérées les activités d'enseignement et de recherche." Trois grands types de tâches doivent être intégrées dans le services des enseignants-chercheurs, estime Bernard Belloc. La première correspond aux activités d'enseignement, "à toutes les activités d'enseignement. Cela inclut donc notamment l'enseignement à distance et la formation continue, sans hiérarchisation au bénéfice de l'enseignement en présence des étudiants. Il convient donc de compter une heure pour une heure pour tous les types d'enseignement, une heure de formation continue vaut une heure de cours en amphithéâtre. "La question de l'équivalence des TD et des TP n'est pas abordée: "Elle fera l'objet d'une seconde phase de négociation entre le ministère et les syndicats". Le deuxième type de tâches relève des "activités d'animation et de responsabilité collective", par exemple l'ingénierie pédagogique, l'accueil des étudiants, l'animation d'une équipe pédagogique, les relations internationales... En revanche, en sont exclues les fonctions de direction, président ou vice-présidence. Enfin, la recherche, dont la direction de thèses, constitue le troisième type de tâche. TROIS NIVEAUX DE
CERTIFICATION DE LA RECHERCHE S'agissant de l'activité de recherche, Bernard Belloc propose de créer des "niveaux de certification de la recherche évaluant la recherche individuelle. Cette certification, que chaque enseignant-chercheur pourra demander, sera attribuée pour 4 ans". De plus, un tableau national d'équivalence horaire serait établi pour chaque niveau de certification. Le premier niveau de certification, dit "niveau supérieur", correspond à celle attribuée aujourd'hui par l'IUF (Institut universitaire de France) dont la procédure ne changerait pas. Le deuxième niveau, dit "niveau intensif", serait attribué par une instance extérieure, la MSTP (Mission scientifique, technique et pédagogique) et correspondrait à la PEDR (prime d'encadrement doctoral et de recherche) d'aujourd'hui. Enfin, le troisième et dernier niveau, dit "niveau standard", serait attribué par le CNU (Conseil national des universités) aux enseignants-chercheurs qui effectuent une activité de recherche de base. "Je propose, par ailleurs que, pendant les 4 ans qui suivent la titularisation, les jeunes enseignants-chercheurs aient automatiquement la certification de niveau intensif car ils ont soutenu une thèse, publié des travaux de recherche, suivi la procédure de recrutement par le CNU..." Ce nouveau dispositif de certification permet à tous les enseignants-chercheurs de voir leur recherche reconnue: "Aujourd'hui, elle n'est reconnue que par l'IUF, l'attribution d'une PEDR ou par la promotion, mais tout cela peut être refusé." TROIS SERVICES
DE BASE
"Dans les deux derniers cas, les enseignants-chercheurs sont rémunérés en fonction des tableaux d'équivalence horaire. De plus, toute activité effectuée au-delà de ce service de base ouvre droit à des heures complémentaires ou des décharges de service d'enseignement." Ceux qui disposent d'une certification de niveau supérieur peuvent demander une décharge d'au maximum deux tiers de leur activité d'enseignement. Ceux qui ont une certification de niveau intensif peuvent avoir une décharge d'au maximum 96 heures ETD, "ce qui n'est actuellement pas possible pour les enseignants-chercheurs qui bénéficient de la PEDR". Enfin, ceux qui effectuent au moins 48 heures d'activité d'animation et de responsabilité collective peuvent avoir une décharge de 96 heures ETD. "Dans ces deux derniers cas, leur rémunération complémentaire est réduite du montant budgétaire de ces décharges", précise Bernard Belloc. ENVELOPPE SPÉCIFIQUE En ce qui concerne le financement de ces dispositions nouvelles, Bernard Belloc préconise la constitution d'une "enveloppe spécifique, distincte de la DGF (dotation globale de fonctionnement), alimentée par les anciennes primes, les compléments nécessaires du ministère et les ressources propres de l'établissement". Il convient que ces propositions entraînent une hausse du budget des rémunérations mais souligne aussi que les établissements qui dégagent des ressources propres pourront en affecter une partie au traitement des enseignants-chercheurs. "Il reviendra à l'État de corriger les déséquilibres entre établissements", ajoute-t-il. Bernard Belloc souligne "l'insuffisance des moyens et la faiblesse des rémunérations: il ne s'agit pas de revendications corporatistes, mais il faut inciter les enseignants-chercheurs à s'investir. D'ailleurs, certains choisiront peut-être des décharges de services plutôt que des heures complémentaires. Il faut arrêter de penser que les enseignants-chercheurs ne peuvent être motivés que par leur attachement au service public." LE CA PROPOSE AU
PRÉSIDENT LA RÉPARTITION DES SERVICES Par ailleurs, Bernard Belloc formule des propositions complémentaires. Notamment, il suggère de mettre en place une "procédure d'appel auprès du CNU pour ceux qui se verraient refuser la certification de niveaux standard, car certains enseignants-chercheurs ne disposent pas de réels moyens de faire de la recherche." En outre, "ceux qui s'engageraient dans des activités d'animation et de responsabilité collectives au moins pour 96 heures ETD pourraient bénéficier d'une accélération de leur carrière et d'une voie de promotion spécifique qui ne passerait pas par le CNU", précise Bernard Belloc qui souhaite que "les verrous des promotions sautent". Il estime également que ces nouvelles dispositions pourraient être étendues aux PRAG en excluant l'activité recherche, puisqu'ils ne sont pas enseignants-chercheurs: "Ils bénéficient déjà de décharges pour faire de la recherche dans la perspective d'une thèse." RAPPORT D'ACTIVITÉ
Une culture de
l'évaluation Mais la proposition
la plus ambitieuse est celle d'introduire une culture de l'évaluation
et de l'excellence, qui fait largement défaut dans le monde universitaire.
Son projet : classer les enseignants selon trois niveaux de recherche
- supérieur, intensif et " standard " - avec, à
la clef, des possibilités de décharges d'heures, mais
surtout un régime de rémunérations différentielles.
Ce principe, en cours d'introduction dans certains établissements
de recherche publique, marque la volonté de récompenser
ceux qui le méritent. Il est encore très largement tabou
dans le milieu universitaire, mais, estime Bernard Belloc, " il y
a un effet de génération, les jeunes sont courtisés
par les universités étrangères et sont plus favorables
à la valorisation de l'engagement ". |
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