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Argumentaire 13.02
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Xavier Darcos, au "Grand jury RTL- "Le Monde"-LCI"


Le Monde / 24.11.03 : Le projet de réforme des universités est-il, oui ou non, retiré ?
Propos recueillis par Gérard Courtois, Ruth Elkrief et Pierre-Luc Séguillon
Source : http://www.lemonde.fr/txt/article/0,1-0@2-3224,36-343102,0.html


On ne peut pas retirer un texte qui n'existe pas ! Il s'agit d'une discussion qui fait craindre à certains que l'on veuille imposer de force, très vite, une réforme de l'université.

Il n'y a pas aujourd'hui de texte de réforme. Il n'est pas inscrit au programme du gouvernement, d'ailleurs de la législature, une loi de réforme universitaire. C'est ce qui m'échappe un peu dans les mouvements étudiants : je ne sais pas contre quoi ils protestent. Ils protestent contre un document qui n'a pas encore de forme.

Mais Luc Ferry a dit qu'il allait présenter un avant-projet aux organisations syndicales.

Il est décidé de rouvrir ce dossier, de débattre et lorsque les choses seront prêtes, nous verrons si on peut ou pas le transformer en projet de loi. Il s'agit d'une incompréhension. Il n'est pas question d'augmenter les droits, de mettre en concurrence les universités, de remettre en cause la valeur nationale des diplômes. Il faut le dire !

Le projet d'harmonisation européenne des diplômes, dit LMD, est maintenu ?

Oui.

Est-ce que, d'ici à 2007, vous ferez un projet de loi sur l'autonomie des universités ?

Les universités sont déjà autonomes. Nous ferons peut-être un projet qui leur donnera une plus grande autonomie, cette marge d'autonomie restant à définir pour éviter les tensions que nous voyons aujourd'hui.
Une fois que la loi sur l'école sera votée au cours de l'année prochaine, il faut faire de l'université une grande cause nationale.

Pourquoi avoir organisé un nouveau grand débat sur l'école, le cinquième depuis 1994 ?

C'est la première fois qu'on s'adresse à la totalité de la nation et qu'on lui demande de débattre de la chose scolaire. Nous proposons un Mai 68 sans les barricades, un Mai 68 pacifique. Ce qui explique en grande partie le malaise de ceux qui sont chargés de l'école c'est que l'ascenseur est en panne, que la démocratisation est une idée neuve dans le système scolaire et que les gens qui viennent des milieux les plus modestes ne sont pas ceux qui s'en sortent le mieux. Nos résultats stagnent. Ils ne sont pas mauvais mais ils stagnent.

Faut-il maintenir l'objectif d'un taux de 80 % au niveau du Bac ?

Est-il vraiment utile de se fixer des objectifs de cet ordre ? Je crois que ce qu'il faut, c'est 100 % de qualification.

Pourquoi stagne-t-on ?

Parce qu'il y a des ratés au cours du secondaire. Il y a une "ghettoïsation" dans un certain nombre de nos établissements, il y a une grande difficulté à recréer une adhésion à la culture scolaire. Parce que les filières d'élites, en particulier scientifiques, sont en déshérence. Parce que, simplement, il faut reprendre tout ça en main.

Aux élections régionales, vous allez vous retrouver tête liste de l'UMP en Aquitaine contre François Bayrou, dont vous avez été directeur de cabinet et dont vous êtes resté proche. Celui-ci annonce qu'il veut des listes autonomes de l'UDF...

On peut accepter la diversité mais pas la division. On ne peut pas être sur son rocher et dire des méchancetés. Il faut choisir dans quel camp on est.


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