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Argumentaire 12.02
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L'harmonisation européenne des cursus de Formation

 

Ne nous y trompons pas, c'est d'une profonde réforme qu'il s'agit !

Dans le cadre de la construction de l'espace européen de l'enseignement supérieur et de la recherche le ministère accélère aujourd'hui la mise en œuvre d'une réforme des cursus universitaires. Le schéma retenu organise les études universitaires en trois cursus menant, sur la base d'une capitalisation de crédits (ECTS), à la Licence puis au Master et au Doctorat (" schéma " LMD).
Ouverture et promotion de la dimension européenne des formations supérieures, définition d'une architecture d'ensemble commune rendant comparables les systèmes universitaires en Europe, mobilité des étudiants, meilleure lisibilité de l'offre de formation sont les principaux arguments à l'appui de ce choix.
Au delà des aspects techniques, de la généralisation du système de crédits, de l'adoption au nom d'une harmonisation européenne d'un nouveau " schéma " ou d'un nouveau terme (master), c'est d'une réforme en profondeur qu'il s'agit.
Les textes d'accompagnement traduisent plus concrètement les choix ministériels en matière de politique de formation et révèlent les dangers de leurs conséquences.

Une méthode inacceptable
Tel qu'il existe aujourd'hui notre système d'enseignement supérieur et de recherche est loin d'être satisfaisant en tous points. Il doit évoluer, mais dans quelle direction ? Le ministère en adopte une sans ouvrir un véritable débat national, sans tenir compte du point de vue des organisations syndicales et sans concertation interne au point qu'au sein même de leur établissement les acteurs ont du mal à comprendre ce qui se passe.
L'expérimentation proposée comme méthode de transformation volontaire des cursus peut en première approche paraître souhaitable dans le cadre de l'exercice de l'autonomie des universités. Pourquoi pas, mais à condition que l'état ne favorise pas par son désengagement une déréglementation qui conduirait tout droit à une hétérogénéité des formations d'une université à l'autre au point que disparaîtrait rapidement la valeur nationale des diplômes.
Que le dossier type pour la présentation par les universités de leurs formations en vue d'une habilitation ministérielle ne soit pas exagérément contraignante est une chose ; abandonner toute référence nationale et dire que les universités choisissent en toute autonomie de définir leurs domaines de formation, le contenu de chaque formation et l'intitulé des diplômes qu'elles souhaitent délivrer en est une autre.
Le SNESup propose de constituer un référentiel national des formations et des diplômes pour garantir une reconnaissance égale des formations entre universités et pour maintenir la valeur nationale des diplômes.

Quelle démocratisation ?
Quelle équité ?

Il est indispensable face à toute réforme de s'interroger sur la façon dont sont prises en compte ou ignorées les valeurs fondamentales du service public d'enseignement supérieur et de recherche.
Nous savons que la démocratisation de l'accès aux études supérieures reste insuffisante ; il faut exiger les moyens de progresser significativement en ce domaine. Ce n'est pas la direction prise par le ministère. Au contraire, sans mesures d'accompagnement des études (financières et pédagogiques) la mise en place progressive (certes !) d'un premier cursus diplômant seulement au bout de trois années va écarter de la formation universitaire nombre d'étudiants dans l'impossibilité matérielle de s'engager dans un cursus trop long pour eux.
Est-ce ainsi que la démocratisation va progresser ?
Le désengagement de l'état n'atteint pas seulement la reconnaissance nationale des formations, il atteint leur fonctionnement même. La dotation globale de fonctionnement attribuée par le ministère aux établissements est nettement insuffisante. Le ministère le reconnaît en calculant sur la base du nombre d'étudiants notre déficit théorique… mais en pratique, la dotation ne couvre pas ce déficit. A côté, il a beau jeu de donner aux universités la possibilité d'innover et de créer des formations dans le cadre de leur autonomie (toujours l'autonomie…). C'est en fait une façon de pousser les universités à trouver d'autres ressources et ce n'est pas la décentralisation que l'on nous prépare qui va apporter la solution en termes d'égalité de traitement et d'équité. L'état doit jouer son rôle. Il est de sa responsabilité de préserver et de renforcer l'équité entre formations.
Sans cela, en situation de concurrence, certaines formations ne résisteront pas longtemps. Dans beaucoup d'universités comme la nôtre plusieurs disciplines et leurs formations non directement rentables mais qui pourtant font notre identité et contribuent à la diffusion culturelle seront menacées.
Prenant position face à la profonde réforme que le ministère est en train de mettre en œuvre, le SNESup est engagé pour une véritable démocratisation de l'accès aux études supérieures, pour une réelle équité entre formations en termes de moyens, pour une égale reconnaissance nationale des diplômes.

Source : http://www.univ-tlse2.fr/lmd/snesup-contribution1.pdf

Site de l'université de Toulouse Le Mirail


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