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Ne nous y trompons
pas, c'est d'une profonde réforme qu'il s'agit !
Dans le cadre de la
construction de l'espace européen de l'enseignement supérieur
et de la recherche le ministère accélère aujourd'hui
la mise en uvre d'une réforme des cursus universitaires.
Le schéma retenu organise les études universitaires en trois
cursus menant, sur la base d'une capitalisation de crédits (ECTS),
à la Licence puis au Master et au Doctorat (" schéma
" LMD).
Ouverture et promotion de la dimension européenne des formations
supérieures, définition d'une architecture d'ensemble commune
rendant comparables les systèmes universitaires en Europe, mobilité
des étudiants, meilleure lisibilité de l'offre de formation
sont les principaux arguments à l'appui de ce choix.
Au delà des aspects techniques, de la généralisation
du système de crédits, de l'adoption au nom d'une harmonisation
européenne d'un nouveau " schéma " ou d'un nouveau
terme (master), c'est d'une réforme en profondeur qu'il s'agit.
Les textes d'accompagnement traduisent plus concrètement les choix
ministériels en matière de politique de formation et révèlent
les dangers de leurs conséquences.
Une méthode
inacceptable
Tel qu'il existe aujourd'hui notre système d'enseignement supérieur
et de recherche est loin d'être satisfaisant en tous points. Il
doit évoluer, mais dans quelle direction ? Le ministère
en adopte une sans ouvrir un véritable débat national, sans
tenir compte du point de vue des organisations syndicales et sans concertation
interne au point qu'au sein même de leur établissement les
acteurs ont du mal à comprendre ce qui se passe.
L'expérimentation proposée comme méthode de transformation
volontaire des cursus peut en première approche paraître
souhaitable dans le cadre de l'exercice de l'autonomie des universités.
Pourquoi pas, mais à condition que l'état ne favorise pas
par son désengagement une déréglementation qui conduirait
tout droit à une hétérogénéité
des formations d'une université à l'autre au point que disparaîtrait
rapidement la valeur nationale des diplômes.
Que le dossier type pour la présentation par les universités
de leurs formations en vue d'une habilitation ministérielle ne
soit pas exagérément contraignante est une chose ; abandonner
toute référence nationale et dire que les universités
choisissent en toute autonomie de définir leurs domaines de formation,
le contenu de chaque formation et l'intitulé des diplômes
qu'elles souhaitent délivrer en est une autre.
Le SNESup propose de constituer un référentiel national
des formations et des diplômes pour garantir une reconnaissance
égale des formations entre universités et pour maintenir
la valeur nationale des diplômes.
Quelle démocratisation
?
Quelle équité ?
Il est indispensable face à toute réforme de s'interroger
sur la façon dont sont prises en compte ou ignorées les
valeurs fondamentales du service public d'enseignement supérieur
et de recherche.
Nous savons que la démocratisation de l'accès aux études
supérieures reste insuffisante ; il faut exiger les moyens de progresser
significativement en ce domaine. Ce n'est pas la direction prise par le
ministère. Au contraire, sans mesures d'accompagnement des études
(financières et pédagogiques) la mise en place progressive
(certes !) d'un premier cursus diplômant seulement au bout de trois
années va écarter de la formation universitaire nombre d'étudiants
dans l'impossibilité matérielle de s'engager dans un cursus
trop long pour eux.
Est-ce ainsi que la démocratisation va progresser ?
Le désengagement de l'état n'atteint pas seulement la reconnaissance
nationale des formations, il atteint leur fonctionnement même. La
dotation globale de fonctionnement attribuée par le ministère
aux établissements est nettement insuffisante. Le ministère
le reconnaît en calculant sur la base du nombre d'étudiants
notre déficit théorique
mais en pratique, la dotation
ne couvre pas ce déficit. A côté, il a beau jeu de
donner aux universités la possibilité d'innover et de créer
des formations dans le cadre de leur autonomie (toujours l'autonomie
).
C'est en fait une façon de pousser les universités à
trouver d'autres ressources et ce n'est pas la décentralisation
que l'on nous prépare qui va apporter la solution en termes d'égalité
de traitement et d'équité. L'état doit jouer son
rôle. Il est de sa responsabilité de préserver et
de renforcer l'équité entre formations.
Sans cela, en situation de concurrence, certaines formations ne résisteront
pas longtemps. Dans beaucoup d'universités comme la nôtre
plusieurs disciplines et leurs formations non directement rentables mais
qui pourtant font notre identité et contribuent à la diffusion
culturelle seront menacées.
Prenant position face à la profonde réforme que le ministère
est en train de mettre en uvre, le SNESup est engagé pour
une véritable démocratisation de l'accès aux études
supérieures, pour une réelle équité entre
formations en termes de moyens, pour une égale reconnaissance nationale
des diplômes.
Source : http://www.univ-tlse2.fr/lmd/snesup-contribution1.pdf
Site de l'université
de Toulouse Le Mirail
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