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Education
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Des luttes quotidiennes... | ||||
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Argumentaire
11.1
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"Aucune autre profession en France n'est soumise à une attente aussi massive" |
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| Jean-Pierre
Obin, inspecteur général
Vous êtes l'auteur d'un rapport, "enseigner un métier pour demain", remis à jack Lang en mars 2002. Comment expliquez-vous le malaise des enseignants en France, alors que leurs conditions de travail apparaissent plus favorables que celles de leurs collègues européens ? Les racines de ce
malaise sont ancrées dans un des aspects de la réforme des
lycées de... 1902. Avant la réforme, l'enseignement se répartissait
à parts égales entre les cours magistraux délivrés
par les professeurs et les heures d'études encadrées par
un personnel spécialisé de répétiteurs. La
réforme eut notamment pour conséquence de rapprocher les
deux fonctions. Ce processus a finalement abouti, dans les années
1960, à la disparition complète de ce qu'on appelait les
études. Et paradoxalement, au fur et à mesure qu'on démocratisait
l'enseignement, disparaissait l'outil adéquat de cette démocratisation
: en faisant porter la charge des études sur les familles, on accentuait
les inégalités. Y a-t-il d'autres raisons à ce malaise ? La place des enseignants
dans l'organisation du travail pose aussi problème. Ils sont dans
une position objective de cadres, c'est-à-dire qu'on leur demande
de faire face à une tâche complexe - faire que des élèves
très différents apprennent au même rythme la même
chose -, mais dans un environnement très normatif avec beaucoup
de prescriptions pédagogiques. Ils ne disposent donc pas de la
liberté d'initiatives d'un véritable cadre. Cela explique-t-il les difficultés de recrutement ? Le sentiment a grandi
que le métier de professeur devenait un métier à
risques. Les enquêtes du ministère de l'éducation
nationale auprès des étudiants qui arrivent à l'université
en témoignent. Entre 1998 et 2000, la proportion d'étudiants
déclarant ne pas envisager "quoi qu'il arrive" de se
présenter à un concours de recrutement d'enseignants a fait
un bond de 12 points pour atteindre plus de 52 % des jeunes interrogés.
Le conflit qu'a connu Claude Allègre a pesé sur cette dégradation
de l'image du métier. En 2001, ils étaient encore 50 % à
ne pas envisager ce métier. 75 % d'entre eux parce qu'ils avaient
un autre projet professionnel, mais 25 % par simple refus du métier.
Ils mettent notamment en avant la violence des élèves et
la crainte de se retrouver dans un établissement difficile. Comment alors améliorer l'attractivité du métier ? Il faut ouvrir les conditions de recrutement, ce qui a commencé d'être fait. Qu'ils soient salariés, travailleurs indépendants, en intérim ou demandeurs d'emploi, un grand nombre d'actifs sont susceptibles d'être attirés vers le métier d'enseignant. Cela suppose de promouvoir l'accès aux concours externes auprès de populations qui se tiennent traditionnellement éloignées du métier en leur offrant certaines facilités. Si vous voulez attirer les gens qui ont 40 ans, il ne faut pas les recruter comme débutants, mais prendre en compte leur expérience professionnelle. De nouvelles perspectives de milieux de carrière doivent aussi être offertes. Il est très difficile pour quelqu'un de passer toute sa vie devant des adolescents. En leur permettant de varier leurs tâches par de la formation d'adultes, d'exercer à temps partiel une autre profession, en développant des fonctions intermédiaires de conseiller pédagogique, en multipliant les responsabilités à l'intérieur des établissements, on peut sûrement améliorer l'attractivité du métier. Enfin, et c'est un
point essentiel, il importe de mieux gérer la première affectation
des enseignants en faisant en sorte que les jeunes ne soient pas systématiquement
nommés dans les classes les plus difficiles. En 2000, plus de 60
% des lauréats des IUFM se sont retrouvés dans une zone
ou un poste réputé difficile. Mais les syndicats sont très
attachés à un système de mutation où l'ancienneté
joue un grand rôle.
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