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L'audiovisuel
emploie un tiers des intermittents.
Par Raphaël
GARRIGOS
lundi 30 juin
2003
Dans la production
télé, le deal est toujours le même : "Tu travailles
tout le mois mais on ne te déclare que quinze jours", témoigne
une documentaliste. A prendre ou à laisser. Les quinze jours restants
seront payés par les Assedic. Au bout du compte, l'intermittent
décorateur, monteur, cameraman... aura fait assez d'heures
pour toucher les Assedic. La société de production, elle,
bénéficie d'un salarié à plein temps qu'elle
ne rémunère qu'à mi-temps "Si jamais on a le
malheur de dire qu'on creuse le trou de l'Unedic avec ce genre de pratiques,
rapporte un cameraman employé dans une grosse boîte de prod',
c'est la porte et il y en a plein qui attendent derrière."
A la télé, et plus généralement dans l'audiovisuel,
ce type de situation est devenu la norme. L'Inspection générale
des affaires sociales et la Cour des comptes ont pointé, dans deux
rapports, les "comportements frauduleux" régnant dans
ce secteur (qui emploie un tiers des intermittents du spectacle) et "fondés
sur la connivence entre employeurs et salariés". Connivence
? Plutôt "marche et tu atteindras tes 507 heures, ou crève".
Un chantage issu du dumping frénétique auquel se livrent
les sociétés de production et leurs prestataires pour décrocher
un contrat. Certains intermittents tempèrent cependant : "Il
n'y a pas qu'Endemol sur le marché de la télé, il
y a aussi des petites boîtes qui n'ont pas les moyens de faire autrement
que de gruger sur le salaire des intermittents." Le schéma
est simple : les chaînes font baisser les prix et les producteurs
répercutent la baisse sur les intermittents, ou plutôt sur
l'Unedic...
Ces pratiques ne sont pas l'apanage du privé. A France 3, par exemple,
de 25 à 35 % de l'effectif serait composé d'intermittents
du spectacle : scriptes, éclairagistes, machinistes affectés,
ponctuellement ou non, à la fabrication d'émissions. Dans
le service public, il ne s'agit pas de faire payer une partie du salaire
par les Assedic, mais de pallier des budgets insuffisants. Jean-Jacques
Aillagon vient d'écrire à tous les présidents de
l'audiovisuel public pour les prévenir qu'il "ne tolérerai[t]
pas que le service public ne soit pas exemplaire" sur le cas des
intermittents. Encore faudrait-il que le ministre de la Culture augmente
sérieusement la redevance ou les budgets.
Source :
http://www.liberation.com/page.php?Article=121362
NDLR Udas:Côté
redevance
en avons-nous pour notre argent ?
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