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Madrid, de notre
correspondante
Les évêques
espagnols ont gagné ! L'enseignement de la religion catholique
sera obligatoire à partir de l'année scolaire 2004-2005
dans le public, de l'école primaire au baccalauréat, au
même titre que les mathématiques ou la géographie.
Les élèves peuvent toutefois opter pour des cours "non
confessionnels" d'histoire des religions avec des chapitres comme
"la prière", "l'attitude religieuse", "la
vérité et la foi", "la fascination du religieux"
ou "l'individu face au mystère". Un examen dans l'une
ou l'autre de ces deux matières sera exigé pour l'entrée
à l'Université.
Jusqu'à présent, la religion était simplement une
option. Ceux qui l'enseignent sont payés par l'Etat, mais choisis
et révoqués par l'Eglise. Ainsi, des professeurs de religion
dans des écoles publiques ont été licenciés
pour vivre en concubinage ou pour avoir épousé une femme
divorcée. Les cours d'histoire des religions seront, eux, donnés
par les professeurs d'histoire et de philosophie.
C'est une victoire pour le cardinal Rouco, président de la Conférence
épiscopale, qui soutient qu'un accord signé en 1976 entre
le Vatican et l'Espagne prévaut sur la Constitution de 1978 qui
exclut toute religion d'Etat. Les évêques se réjouissent
donc que ce texte établi avec Rome soit enfin appliqué dans
son ensemble. Une interprétation qui avait été refusée
depuis vingt-six ans par tous les partis qui se sont succédé
au pouvoir en Espagne depuis la transition, y compris par le premier gouvernement
de José Maria Aznar.
Une quarantaine d'organisations non gouvernementales, les partis de gauche,
les syndicats de professeurs et d'étudiants, ainsi que la confédération
des parents d'élèves du public ont réagi avec force
contre cette mesure qu'ils considèrent comme "inacceptable",
"discriminatoire et anticonstitutionnelle".
De son côté, M. Aznar a proposé au Parti populaire
européen, le 20 juin, que la Constitution de l'UE fasse référence
à la chrétienté. Une façon sans doute d'obtenir
le soutien des démocrates-chrétiens lorsqu'il tentera, à
l'automne, de s'opposer au nouveau système de répartition
des votes dans l'Union élargie, moins favorable à l'Espagne
que ce qui figurait dans le traité de Nice.
Martine Silber
Source : article
paru dans l'édition datée du 24.06.03
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