| 18
juin 2003
La Commission des
lois de l'Assemblée nationale, qui a adopté le projet de
loi Sarkozy sur l'immigration, a décidé mardi de renforcer
le pouvoir des maires en matière d'immigration comme la possibilité
pour les "services sociaux des communes" de contrôler
les conditions d'accueil d'un étranger, une vérification
effectuée jusqu'ici seulement par l'Office des migrations internationales
(OMI).
Pour lutter contre ceux qui font venir leur famille avec un visa de tourisme
et demandent ensuite sur place le regroupement familial, la commission
a voté un amendement de M. Mariani qui ouvre la possibilité
de retirer la carte de séjour à celui qui a ainsi fait venir
son conjoint et ses enfants. En revanche, la commission a décidé
qu'en cas de regroupement familial les membres de la famille n'attendront
que deux ans pour avoir une carte de séjour temporaire au lieu
de cinq si celui qui les a fait venir est titulaire d'une carte de résident.
Par ailleurs, la commission a décidé de rendre payante l'attestation
d'accueil, en demandant 15 euros par personne hébergée à
celui qui la reçoit. Cet amendement du rapporteur Thierry Mariani
(UMP) a "pour objet de financer les nouvelles missions qui sont confiées
à l'OMI dans le contrôle des informations figurant sur une
attestation d'accueil", selon l'exposé des motifs de l'amendement.
La commission a aussi adopté un amendement de Christian Estrosi
visant à confier à des entreprises les transferts de prisonniers
qui mobilisent beaucoup de policiers et de gendarmes qui sont "autant
de forces en moins sur le terrain". Un deuxième amendement
de M. Estrosi ouvrant "la possibilité de retirer la nationalité
française" à des personnes impliquées "dans
des faits de terrorisme" a aussi été adopté.
Alors qu'un étranger qui justifie de dix ans de présence
en France peut se voir délivrer une carte de séjour, un
amendement qui décompte les années pendant lesquelles un
étranger aura utilisé des faux-papiers a également
été voté par la commission.
Pour les étrangers dont les problèmes de santé ne
pourraient pas être soignés dans leur pays d'origine, un
amendement retenu par la commission prévoit la "faculté
pour le préfet de demander une contre-expertise".
Les députés ont aussi décidé de faire payer
les frais de rapatriement d'un étranger en situation irrégulière
à son employeur.
Le fichier des empreintes digitales devra aussi être élaboré
en conformité avec la Commission nationale de l'informatique et
des libertés. Un amendement UDF souhaite qu'il soit aussi possible
de prendre une photo lors du relevé d'empreintes.
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