|
argumentaires
|
|||||
|
Libéralisme
|
Des luttes quotidiennes... | ||||
|
Marchés publics: la crainte de la triche (9.14) |
| Une
réforme en cours risque d'opacifier les procédures
Par Armelle THORAVAL / jeudi 12 juin 2003/Libération
Mardi, en deuxième
lecture au Sénat, a été adoptée une loi d'habilitation
qui donne les coudées franches au gouvernement pour réformer
les procédures de marchés publics par ordonnances, et sans
débat. C'est le premier étage de ce qu'un ancien membre
d'une chambre régionale des comptes, spécialiste des marchés
publics, appelle le "blanc-seing pour la corruption". Les seuils à partir desquels il faudra organiser une consultation stricte avec appel d'offres sont fortement rehaussés (de 90 000 euros à 6,2 millions d'euros). Le décret (texte surveillé par Jérôme Grand d'Esnon, directeur des affaires juridiques du ministère et en poste à la Mairie de Paris auparavant) invente une ahurissante "procédure de dialogue compétitif", sorte d'autoroute pour la tricherie et l'élaboration d'un projet par une ville ou un département main dans la main avec une entreprise. Il aménage les "marchés de conception-réalisation", en permettant aux géants du BTP d'avoir la tutelle des marchés les plus intéressants. Le rôle des fonctionnaires de la DGCCRF (1) est littéralement laminé. Un hasard ? Pierre Bédier, secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la justice, avait eu beaucoup à souffrir des exigences de l'un de ces fonctionnaires par le passé, avant d'avoir récemment de nouveaux soucis de marchés publics. (1) Service de la concurrence et de la répression des fraudes. |
|
|
|