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argumentaires
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RMI/RMA
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Des luttes quotidiennes... | ||||
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Le revenu minimum d'activité : une aubaine pour les entreprises (arg 9.1) |
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Idées / Tribunes politis du 10 juin
On connaissait les conséquences de la décentralisation sur l'Éducation nationale, et son cortège de suppressions de postes. En déposant, au Sénat, un projet de loi " portant décentralisation du Revenu minimum d'insertion et créant un Revenu minimum d'activité ", le gouvernement laisse deviner quels effets aura la décentralisation sur les minima sociaux : accroissement de leur conditionnalité, mise sous tutelle des bénéficiaires, disparité des versements. La loi de 1988, puis la loi de lutte contre les exclusions en 1998, avait fait du RMI un droit, attribué en fonction du niveau de ressources, qui liait prestation et contrat d'insertion. Le dispositif n'est pas sans limites. Comment vivre, pour une personne seule, avec 411 euros par mois, desquels on soustrait souvent un " forfait logement " ? Comment vivre, pour un couple, avec 617 euros mensuels ? Pourquoi les moins de 25 ans, de plus en plus précarisés, continuent-ils à en être exclus - sauf s'ils ont des enfants ? Pourquoi conserver cette conception familialiste du RMI au lieu d'en faire un droit individuel ? Fallait-il vraiment contractualiser l'obtention d'un revenu minimum, alors que les RMistes n'ont jamais vraiment le choix ? Le revenu minimum
d'activité (RMA) marque un pas supplémentaire dans la politique
" d'activation des dépenses passives " (les dépenses
liées à l'indemnisation du chômage) qui constitue,
en Europe, l'horizon commun du nouveau workfare. On en connaît les
règles, rappelées en 1998 dans les " grandes orientations
de politique économique " formulées par la Commission
européenne : l'obligation d'un travail en " contrepartie "
d'une allocation, et l'adaptation " à tout prix " de
la main-d'uvre aux besoins immédiats des employeurs. Pour les libéraux, les chômeurs et l'indemnisation demeurent toujours suspects. Les chômeurs sont soupçonnés d'oisiveté, d'indolence, ou d'en " profiter ". La gauche gouvernementale n'avait pas échappé à ce moralisme accusateur : loi sur le contrôle des chômeurs en 1991 ; renforcement des visites domiciliaires chez les RMistes pour vérifier qu'ils ne vivent pas en couple ; refus d'augmenter les minima sociaux en 1997 pour, disait Lionel Jospin, ne pas les " enfermer dans l'assistance ". Le gouvernement Raffarin veut, plus encore, inscrire dans la loi cette défiance à l'endroit des chômeurs, en " proposant " aux RMistes, un " contrat insertion-revenu minimum d'activité ". Après deux ans de RMI, les RMastes pourraient de la sorte décrocher des contrats de travail à mi-temps dans tout type d'entreprise pour la moitié du Smic, quel que soit le taux de salaire normalement pratiqué pour le poste occupé. Qui pourra vivre avec un tel salaire, surtout s'il lui est interdit, comme la loi le fixe, d'occuper en même temps un autre emploi ? Le RMA sera moins rémunérateur que le RMI, puisque les RMistes qui reprennent aujourd'hui un travail peuvent, de façon dégressive dans le temps, cumuler tout ou partie de leur allocation avec le salaire qu'ils perçoivent. [...] Le RMA apparaît
pour ce qu'il est : une baisse drastique du " coût du travail
" pour les entreprises et le maintien dans la misère de ces
salariés. Comme tous les dispositifs d'emplois aidés, il
fera disparaître des statistiques une partie des demandeurs d'emploi.
Si l'on ajoute que, pour valider deux trimestres de droit à la
retraite, il faudra avoir travaillé une année, on mesure
à quel point le projet de loi est lourd de progrès social...
[...] " Claire Villiers, Agir ensemble contre le chômage ! (AC !) ; Philippe Villechalanne, Association pour l'emploi, l'information et la solidarité (Apeis) ; Jean-François Yon, Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) ; Willy Pelletier, Fondation Copernic. Source : journal Politis du 10 juin 2003
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