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Motion adoptée
à l'unanimité par les 3 Conseils réunis en congrès
le 3 juin 2003
Les trois Conseils
de l'Université Stendhal-Grenoble 3 se sont réunis en congrès
ce mardi 3 juin pour débattre de la situation de l'enseignement
supérieur, particulièrement au regard de la discussion annoncée
des projets de loi sur les retraites, la décentralisation et la
modernisation universitaire.
Le contexte général dans lequel s'inscrivent ces projets
- diminution du budget de l'État, et particulièrement du
budget de l'enseignement supérieur et de la recherche, gel des
crédits, réduction annoncée du nombre de fonctionnaires
et non remplacement intégral des départs à la retraite
- inquiète fortement la communauté universitaire en ce qu'il
semble marquer un désengagement de l'État vis-à-vis
de ses missions de service public.
Les Conseils jugent
le projet sur les retraites inadmissible en l'État, et particulièrement
défavorable aux personnels de l'enseignement supérieur dont
l'accès à des postes de titulaires est souvent tardif. Il
est en outre de nature à nuire à l'allongement des études
pourtant nécessité par le développement économique
et social.
Les Conseils se déclarent
attachés à une égalité nationale des conditions
d'accès à l'enseignement supérieur (droits d'inscription)
et à un caractère national des diplômes, l'une et
l'autre garantis par l'Etat. Ils souhaitent que la mise en place du L/M/D
soit assortie de ces garanties sur tout le territoire.
Tout en se déclarant partisans de maintenir des liens forts avec
les collectivités locales et régionales, qui pourraient
se traduire par voie de contractualisation, les Conseils ne souhaitent
pas le démembrement du système national d'éducation,
et soulignent les inégalités qu'une décentralisation
dans ce domaine entraînerait inévitablement sur le territoire
national.
Concernant le texte
sur la modernisation universitaire, les trois Conseils jugent :
- d'une part que ce texte ne répond pas aux questions posées
par le développement des missions actuelles des universités
et n'apporte pas de garanties suffisantes de l'État sur les moyens
de maintenir et de développer ces missions dans un contexte où
les besoins de formation supérieure des populations vont croissant
;
-d'autre part que certaines de ses propositions sont inacceptables en
l'état :
Article 2 : établissements publics de coopération universitaire.
L'intérêt de cette mesure paraît peu clair aux Conseils.
En revanche, ils estiment que l'institution de ce type de structures risque
de mener à un empilage de structures et à un renforcement
des inégalités entre pôles universitaires.
Article 3 : Comité d'Orientation Stratégique : sans y être
opposés, les Conseils jugent que le choix de ses membres doit être
fait par l'Université, et qu'il doit être présidé
par un universitaire.
Article 14 - IV : Les Conseils estiment que la délivrance de diplômes
d'enseignement supérieur garantis par l'Etat ne doit pouvoir se
faire que dans des établissements d'enseignement supérieur
sous la tutelle ou le contrôle du Ministère de l'Éducation
nationale.
Article 15 : les Conseils estiment que la formation des cadres appartient
de droit aux universités généralistes, et non aux
universités technologiques, à qui des moyens spécifiques
ont été donnés pour des cursus spécifiques
(formation d'ingénieurs). Les Conseils appellent l'attention sur
le risque de développer encore plus l'inégalité déjà
existante entre établissements d'enseignement supérieur,
qu'entraîneraient des mesures de ce genre, et demandent que des
mesures soient plutôt prises en sens inverse.
Article 17 : dévolution de patrimoine : les Conseils estiment que
cette mesure est dangereuse si elle n'est pas assortie de garanties par
l'État concernant le maintien, le renouvellement et le développement
du patrimoine universitaire. D'autre part une politique nationale de développement
du patrimoine universitaire doit rester possible.
Les trois Conseils demandent donc l'ouverture d'un large débat
national sur l'ensemble des missions des universités et les moyens
de les assurer dans le sens d'un accès à l'éducation
supérieure égal pour tous sur l'ensemble du territoire.
Contact presse
: Audrey Coupat, Service de communication - Tél. 04 76 82 41 79
- Mél : audrey.coupat@u-grenoble3.fr
Source : http://universitesengreve.free.fr/motion_grenoble3.htm
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