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Et pourtant, un homme sur 2 est une femme…(arg 7.14)
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Centre d'information des Droits des Femmes de l'Isère, mai 2003

Toutes les inégalités frappant les femmes dans leur vie professionnelle se concentrent à la retraite.
La faiblesse relative des retraites perçues par les femmes s'explique par des carrières souvent moins longues et moins bien rémunérées.
Sur les 3 millions de personnes percevant des retraites inférieures au minimum vieillesse ( 577,91 euros), 83% sont des femmes.

Actuellement 39% des femmes justifient d'une carrière complète ( 150 trimestres ) au moment de leur retraite contre 85% des hommes ( 60% des carrières incomplètes ont une durée inférieure à 25 ans )
Ces chiffres s'expliquent par le fait que l'interruption des carrières féminines pour élever les enfants, par le développement d'un travail à temps partiel essentiellement féminin : en conséquence, les femmes prennent en moyenne leur retraite deux ans plus tard que les hommes pour augmenter leurs annuités de cotisation.

La retraite des femmes est inférieure de 42 % à celle des hommes en 2001 (elles touchent en moyenne 848 euros contre 1461 euros pour les hommes) .
Cet écart des retraites, très supérieur à l'écart de rémunération qui avoisine encore 22%, pourrait se réduire au cours des prochaines années du fait de l'évolution professionnelle des femmes ( allongement et continuité des carrières, qualifications supérieures ) .
Mais les prochains modes de calcul de la retraite pourraient freiner ce rattrapage.

Les écarts entre pensions des hommes et les femmes ne tiennent pas seulement au nombre d'années de cotisations : les retraites sont un véritable révélateur des inégalités professionnelles, et selon la méthode de calcul choisie on peut les estomper ou, au contraire, les accentuer :
- Ainsi, par exemple, les femmes connaissent des carrières moins rapides que les hommes : même lorsqu'elles arrivent en fin de carrière au même salaire qu'un collègue masculin, il leur aura fallu plus de temps pour l'atteindre.
Si on calcule la pension sur le dernier salaire, comme on fait dans les régimes spéciaux ( RATP, EDF, SNCF )un homme et une femme qui ont atteint le même salaire en fin de carrière partent avec la même retraite. Mais si on calcule la pension sur les 25 dernières années, la femme qui a eu une carrière plus lente aura une retraite plus faible.
- Par ailleurs, les bonifications de retraite pour enfant sont moitié plus faibles dans le cas des femmes parce que ces bonifications sont attribuées en pourcentage de la retraite de base : les bonifications pour enfants rapportent 2 fois plus aux hommes qu'aux femmes (129 euros contre 64 euros par mois)
Les femmes sont ainsi en réalité pénalisées par deux aspects :
- Les discriminations dans le monde du travail qui leur accorde des revenus plus faibles, des conditions de travail les plus précarisées. Or la pension vieillesse se calcule sur la base du meilleur des cas : un emploi à temps plein.
- La division du travail domestique qui les amène à "choisir" le temps partiel ou à s'arrêter de travailler.
A cet égard, il faut savoir que les mesures pour compenser les années perdues du fait de l'éducation des enfants sont contestées par la Cour de Justice Européenne au nom même de la non discrimination : les avantages consentis aux femmes qui ont eu des enfants doivent être accordées également aux pères. Cette contestation pourrait conduire à la disparition progressive de ces avantages, et donc rendre plus sensibles les disparités dénoncées.
Le fait de vivre plus longtemps peut être une compensation. Pour au moins deux motifs : tout d'abord parce que les femmes vivent longtemps, et parce que vivant plus longtemps que les hommes, elles peuvent espérer toucher une pension de réversion lorsqu'elles se retrouvent veuves (en sachant cependant que les évolutions de la famille, les divorces peuvent conduire à partager cette pension entre les différents conjoints survivants)

Mais cela ne compense pas les inégalités fondamentales.
L'allongement de la durée des cotisations est donc pénalisante , mais on pourrait se poser des questions voisines à propos d'autres mesures actuellement à l'étude. Pour ne prendre que cet exemple, les mécanismes de complément d'une retraite par l'épargne individuelle auront des effets comparables : ne pourront épargner que celles et ceux qui ont le moyen de le faire. Or, ceux qui ont des salaires faibles, à commencer par les femmes, auront plus de mal à mettre de l'argent de coté pour préparer l'avenir.

Répartition selon le montant brut des retraites mensuelles( droits directs et reversion )
Hommes
Femmes
Moins de 5000 F
25%
62%
de 5001 F à 9 999
48%
31%
plus de 10 000F
27%
7%
CARRIERES ET PENSIONS
Carrière complète
85%
35%
dont pension droit direct seulement
81%
25%
dont pension droit direct seulement
3%
10%
Carrière incomplète
16%
57%
dont pension droit direct seulement
15%
33%
dont droits directs et reversion
1%
24%
Pension de reversion uniquement
0%
5%
[Source : direction de la recherche des études, de l'évaluation et des statistiques (Dress ), 2000]

Source : Centre d'information des Droits des Femmes de l'Isère


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