| La caisse
d'assurance maladie de la Sécu
Interview que le
ministre de la santé, Jean-François MATTEI, a accordé
le 17 mai au quotidien " le Monde "
- les commentaires
fléchés en italique sont de Solidaires
Le Monde -
Où en êtes-vous de la préparation de la réforme
de l'assurance maladie ?
Jean-François MATTEI - (
) Si les Français dépensent
en moyenne chaque année 1 793 euros pour se soigner, c'est moins
de 900 euros avant 25 ans et 5300 après 75 ans (
), le
vieillissement occasionne donc un surcoût considérable. Et
notre système n'est pas conçu pour y faire face (
)
- Le système
de la sécurité sociale repose depuis sa création
sur le principe de la solidarité. Ainsi, les cotisations des
gens en bonne santé permettent de financer les dépenses
de ceux qui nécessitent des soins. Quand le ministre considère
que les personnes âgées coûtent trop cher et annonce
que le système n'est pas conçu pour cela, il remet en
cause les fondamentaux de la Sécu.
Le Monde -
Une liste de 617 médicaments dont le taux de remboursement passe
de 65 à 35%1 a été publiée au J.O. en plein
week-end de Pâques
Jean-François MATTEI - Je ne laisserai pas dire n'importe
quoi (
) Jusqu'à présent il n'y avait pas de politique
d'ensemble du médicament et l'industrie pharmaceutique était
considérée comme une vache à lait taxée de
1 milliard ici ou là en fonction des difficultés financières
de l'assurance-maladie (
)
- J-F MATTEI se
fait ainsi le porte parole du MEDEF qui réclame des exonérations
spécifiques pour les entreprises de l'industrie pharmaceutique
française (qui ont un taux de rentabilité après
impôts de 5%) afin d'atteindre les niveaux de rentabilité
des USA et de la Grande Bretagne qui sont de 10%.
En matière de santé publique, il serait plus opportun
de ne pas laisser cela aux mains des spéculateurs financiers.
La nationalisation de l'industrie pharmaceutique est une nécessité.
Le Monde -
Que pensez-vous de l'explosion des indemnités journalières,
notamment des arrêts maladie des plus de 55 ans.
Jean-François MATTEI - (
) ce dérapage, manifeste
chez les seniors n'est pas acceptable. Il y a deux problèmes. D'abord
les caisses ne mettent pas suffisamment l'accent sur ce contrôle.
Ensuite les entreprises doivent reconsidérer la place des seniors.
- Il faut s'attendre
à ce que le gouvernement mette prochainement en uvre des
mesures coercitives sur les arrêts maladie, en particuliers pour
les salariés les plus concernés (métiers à
risques, les + de 50 ans...) Le ministre a beau jeu d'inciter les entreprises
à reconsidérer la place des seniors (seul un salarié
sur 3 est encore en activité lorsqu'il atteint l'âge de
60 ans) quand lui-même les accuse de coûter trop cher à
la collectivité.
Le Monde -
La commission des comptes de la Sécurité sociale prévoit
un déficit de 7,9 milliards en 2003
Jean-François MATTEI - (
) augmenter les prélèvements
obligatoires freinerait la consommation, pénaliserait l'investissement
et donc la reprise de la croissance (
)
- Bien entendu
le gouvernement efface la dette des entreprises qui atteint la somme
colossale de 19,4 milliard d'euros (130 milliards de francs) - soit
plus de 2 fois le déficit prévu en 2003. Il ne fait pas
état des conséquences dues au développement du
chômage et la diminution de la part des salaires dans le PIB.
Concernant les recettes, chacun s'accorde à reconnaître
la nécessité d'un débat, qu'il s'agisse de l'élargissement
de l'assiette des cotisations (dividendes, stock options...) ou d'un
éventuel recours à des recettes fiscales.
Source : verso d'un tract de Solidaires (Union syndicale de l'Isère)
distribué le 13 mai 2003
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