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Examens : la fermeté de Ferry (arg 7.9)

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Venu par surprise au congrès de la PEEP en Moselle, le ministre de l'Education nationale se dit prêt à appeler les forces de l'ordre pour assurer le déroulement des examens.

Il est arrivé discrètement et la rumeur de sa présence s'est répandue telle une traînée de poudre. Petit sourire en coin, Luc Ferry se ré- jouissait sans doute du bon tour qu'il venait de jouer aux enseignants. Alors que son déplacement au congrès de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP) avait été annulé, le ministre a finalement décidé de maintenir son engagement. La décision a été prise la veille en début de soirée.
Au Galaxy d'Amnéville, en Moselle plus habitué à accueillir de stars du show-biz, face à 400 parents "apolitiques", qui l'ont applaudi à tout rompre et qui souhaitaient entendre un autre son de cloche que celui de la "désinformation", le philosophe toujours aussi élégant - costume sombre à rayures fines et cravate rose - a tenu des propos très durs sur un conflit " qui donne l'image d'un système éducatif incapable de se réformer de lui-même ", afin de rassurer des parents " inquiets et angoissés " par d'éventuelles perturbations des examens.
" Une cellule de crise a été mise en place au ministère. Tous les scénarios, y compris les plus fermes, sont envisagés ", souligne d'abord M. Ferry, avant de revenir sur ce point en réponse à une question d'un délégué de La Réunion, département où " la situation est presque insurrectionnelle " : " Nous ferons appel aux forces de l'ordre si nécessaire et à des enseignants pour surveiller et corriger les examens, comme la loi nous le permet. La fermeté s'impose et s'il le faut nous prendrons nos responsabilités ".

Menace " politique "
Ce recours à la police, le ministre espère toutefois ne pas en avoir besoin. Il se félicite d'ailleurs de " la responsabilité des organisations syndicales qui ont toutes appelé au non-boycott des examens ", et s'il se déclare favorable " au droit de grève et de manifester ", il regrette que l'on prenne les élèves " en otage ", pour obtenir " ce qu'on n'a pas réussi à obtenir par les urnes ", Une menace sur les examens qualifiée de" politique ".
Une attaque que les enseignants apprécieront, au moment où Luc Ferry entend, sur ordre du Premier ministre, reprendre " en début de semaine prochaine " le dialogue social avec les syndicats, qui demandent le retrait pur et simple du volet touchant les personnels de l'Education nationale dans le projet de loi de décentralisation.
A l'en croire, au contraire, le ministre a évité le pire. Car, outre le transfert des personnels non enseignants aux collectivités territoriales, le texte initial prévoyait " la régionalisation des rectorats et le pilotage par les régions de la formation professionnelle ". Ce que réclament les éléments les plus libéraux de la majorité.
Pour autant, avec " une école en panne depuis les années 90 ", Luc Ferry garde l'ardeur réformatrice chevillée au corps et avance trois sujets: l'illettrisme, la sortie du système scolaire sans diplôme ni qualification, et la violence " dont les chiffres sont sous-estimés ".

Image d'Epinal
Des échecs volontairement cachés par ses prédécesseurs rue de Grenelle, " parce qu'on avait peur de choquer les enseignants ".
Entre maladresses et bonne volonté, le ministre de l'Education nationale godille devant une foule acquise d'avance. Il annonce également la création d'un Conseil territorial de l'Education nationale, qu'il présidera et qui réunira les présidents de région, de départements et les maires, et où seront discutées les questions qui ne peuvent être abordées aujourd'hui, sur les inégalités et la péréquation des moyens entre régions riches et pauvres.
Au stand de Saint-Dié-des-Vosges, un arbre généalogique montre que Luc " est un arrière petit-cousin de Jules ". Une image d'Epinal lui est aussi offerte : elle représente la réforme des écoliers. Tout un programme.

Patrick PEROTTO

Source : L'EST REPUBLICAIN du 30 mai 2003


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