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Contre la marchandisation de l'école,(arg 5.10)

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CONTRE LES PROJETS RAFFARIN-FERRY

Communiqué d'ATTAC 16 mai 2003
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Ce n'est pas un hasard si les " réformes " décidées par Luc Ferry, et celles qu'il projette, font partie d'un tir groupé du gouvernement Raffarin. L'école républicaine est dans le collimateur des libéraux, tout comme un niveau décent de retraites par répartition, le bon fonctionnement des services publics et la Sécurité sociale. Ce sont autant de conquêtes sociales à démanteler pour les livrer aux financiers et aux marchands.

De très nombreux établissements scolaires, en premier lieu dans les départements les plus défavorisés, souffraient déjà d'un manque criant de personnels. Luc Ferry a entrepris d'accélérer cette dégradation : suppression de 5 600 postes de surveillants et de 20 000 emplois jeunes, gel des recrutements, en attendant le non-remplacement des retraités. L'université n'échappe pas aux " réformes " : le ministre entend la mettre aux normes anglo-saxonnes de concurrence et de financement par le privé, en préparant ainsi le terrain des libéralisations à venir dans le cadre de l'Accord général sur le commerce des services (AGCS) de l'OMC.

La " décentralisation " des personnels non enseignants (pour commencer) et de la formation professionnelle est hautement symbolique : il s'agit d'abord de les " externaliser " en les plaçant sous la tutelle de collectivités locales, dont beaucoup sont connues pour leurs dérives partisanes et clientélistes. Dans un deuxième temps, comme elles le font pour de nombreux services locaux, certaines de ces collectivités pourront à leur tour se décharger de leurs responsabilités sur le privé.

Cette offensive sans précédent contre le service public de l'éducation est, si l'on peut dire, un cas d'école de ce que combat Attac : la dégradation et la mise sur le marché de ce qui doit rester un bien commun et un acquis de civilisation. Aussi l'association soutiendra les luttes des personnels déjà fortement mobilisés dans la plupart des académies. Elle sera présente dans la rue à leur côté lors des journées d'action organisées par les syndicats les 19 et 25 mai. Car l'avenir de l'école, comme celui des retraites et de la protection sociale, est un enjeu de société, et donc l'affaire de tous les citoyens. Attac ne saurait donc s'en désintéresser.

C'est pourquoi le Bureau de l'association propose à l'ensemble des comités locaux de prendre les contacts les plus larges possibles pour faire du mercredi 4 juin une Journée nationale d'initiatives contre la marchandisation de l'école. Intervenant au lendemain de la fin de la réunion du G 8 d'Evian, ces initiatives permettront de replacer les attaques contre l'éducation dans le chantier de démolition sociale généralisée qu'est la mondialisation libérale. Elles permettront aussi de montrer la nécessité de globaliser les analyses et les luttes face à un assaut qui se veut, lui aussi, global.

Il est suggéré aux comités d'inviter syndicats de tous les secteurs d'activité, organisations de parents d'élèves, associations diverses, mouvements citoyens, etc., à se réunir dès que possible pour organiser en commun ce jour-là des actions imaginatives, des rencontres, des débats, etc. Ainsi, entre autres actions à envisager, le livre d'auto-promotion du ministre, Lettre à tous ceux qui aiment l'école (au cas où il en resterait encore à cette date des exemplaires entre les mains des enseignants ! ) pourra être annoté publiquement à partir des réalités locales et retourné à son auteur par tous les moyens possibles.

Le bilan de ces initiatives, et en particulier du contenu des débats qu'elles permettront d'organiser, sera établi par la commission Marchandisation de l'éducation d'Attac. Le Conseil d'administration en sera saisi en vue d'élaborer la politique de l'association dans ce domaine crucial.

Source : http://France.attac.org

 

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