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argumentaires
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Retraites
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Des luttes quotidiennes... | ||||
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Les contrevérités
de Monsieur Balladur.(arg 3.15)
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Par Michel Husson (économiste) et Pierre Khalfa (syndicaliste), membres de la Fondation Copernic et du Conseil scientifique d'Attac Il est un point sur lequel il n'est pas mauvais de rafraîchir les souvenirs de M. Balladur, quand il se demande pourquoi " plus rien ne s'est passé " après sa réforme. Il s'en est pourtant passé des choses, par exemple en 1995. Son éviction de la course à la présidentielle, puis le mouvement social de novembre/décembre avaient peut-être malgré tout un léger rapport avec le dossier des retraites. M. Balladur est à
coup sûr un expert en matière de " réforme "
des retraites et son point de vue exprimé récemment dans
les colonnes du Monde (le 07 01 03) mérite examen. Il faut d'abord
un certain culot pour oser affirmer que "pour les salariés
du privé, la situation des retraites se dégradera à
mesure que la réforme de 1993 aura cessé de produire ses
effets", alors que c'est justement l'application de cette réforme,
qui va entraîner une dégradation considérable, que
le Conseil d'orientation des retraites (COR) chiffre à 20 %, des
retraites par rapport aux revenus d'activité. Les mesures qu'il
a prises, il y a dix ans et dont il est si fier aujourd'hui, constituent
l'une des contre-réformes les plus dures réalisées
en Europe. Que M. Balladur se rassure donc : sa réforme n'aura
pas " bientôt épuisé ses effets " qui se
feront sentir sur plusieurs générations. Grâce à
lui, on pourrait voir réapparaître en France le phénomène
des retraités pauvres, sur le modèle du Royaume-Uni qu'il
donne en exemple. C'est en réalité un mouvement sans fin que voudrait enclencher M. Balladur : sa proposition n'est pas du tout de passer à 40 ans pour tout le monde, puisqu'il propose simultanément un nouvel allongement de la durée de cotisation dans le privé " sans doute de 40 à 42 ans ". L'alignement vers le bas du public apparaît alors pour ce qu'elle est : la condition politique permettant de dégrader à nouveau la situation des salariés du privé. Car le bilan des mesures de 1993 est sur ce point sans équivoque : le passage progressif aux 40 annuités dans le privé n'a pas accru le taux d'emploi des tranches d'âge concernées. Compte tenu de l'état du marché du travail, cet allongement ne pouvait pas faire augmenter par miracle le nombre d'actifs et a contribué au contraire à gonfler des situations intermédiaires de pré-retraite et de non-emploi. Aller plus loin dans ce sens ne ferait que reporter de nouvelles charges sur d'autres régimes. C'est pourquoi le choix que l'on veut faire miroiter aux salariés se résumera à ce choix pipé : partir à soixante ans avec une retraite diminuée ou bien essayer de travailler plus longtemps pour accéder à une retraite à taux plein. Une telle orientation consisterait à ériger en politique publique le double langage du patronat qui, côté cour, veut faire passer le nombre d'annuités à 45 ans et continue, côté jardin, à maquiller les licenciements en départs en pré-retraite. C'est le droit le
plus strict de M. Balladur de proposer d'allonger la durée de cotisation
et d'instituer des plans d'épargne d'entreprise, et même
de baptiser ces mesures " réforme ". En revanche, il
est rigoureusement impossible de prétendre qu'elles sont "
de nature à assurer la sauvegarde des régimes par répartition
sans augmenter le poids des prélèvements obligatoires ni
diminuer le montant total des retraites perçues ". Cette promesse
recèle en effet une véritable contradiction. Si le nombre
de retraités doit augmenter plus vite que celui des actifs, alors
la logique même de la répartition consiste à accompagner
ce mouvement par une hausse du taux de cotisation ; or M. Balladur écarte
cette éventualité d'une phrase définitive qui sonne
le glas de la répartition. Si la part des retraités dans
la population s'accroît sans que leur part dans le revenu national
en fasse autant, il est alors évident que la fameuse réforme
des retraites consiste à baisser d'une façon ou d'une autre
le montant individuel de la retraite. |
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