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Prenant
la parole sur les grandes orientations du système éducatif,
Luc Ferry annonce les chantiers prioritaires que justifient des données
inquiétantes sur l' illettrisme, les sorties sans qualification,
les actes de violence, le vivier de recrutement des futurs professeurs,
ceci malgré un budget en hausse de 24%.
Il rappelle les principes
philosophiques qui vont guider l'action .
Ont été négligés, les héritages, le
patrimoine dont la langue, la civilité pour laquelle nous n'inventons
pas les règles. C'est bien l'élève mais aussi les
savoirs qui sont au cur du système. Les dissocier est impossible
mais cela entretient la polémique et contribue à ne plus
insister autant qu'il le faudrait sur la transmission des savoirs.
Nous sommes passés
d'une vision républicaine du monde à une autre vision. Une
action était bonne moralement quand elle relevait d'un effort.
La morale c'était ce que l'on faisait pour passer d'un état
n à un état n+1. Il fallait se dépasser. L'enfant
allait s'élever vers des normes universelles qui étaient
dans les programmes. Maintenant l'essentiel n'est pas d'atteindre des
normes extérieures à soi. Eduquer est devenu ce que Freud
définit dans l'expression " deviens ce que tu es "
L'état du système
éducatif a changé depuis un siècle. Dès le
XVIII se mettent en place trois conceptions :
Une pédagogie
du dressage associée à la monarchie absolue, l'élève
est un animal rétif ;
- La pédagogie
du jeu associée à l'anarchisme ;
- Le modèle
de la citoyenneté républicaine.
- Ainsi, les modèles
éducatifs sont associés à des modèles politiques.
Aujourd'hui, il faut
remettre le travail à l'honneur. Dans ce but, les chantiers suivants
seront ouverts :
- La prévention
de l'illettrisme qui a fait l'objet d'une circulaire englobant largement
le post et périscolaire
- L'enseignement
professionnel. Les classes en alternance seront instituées dans
les collèges où les élèves en difficulté
resteront élèves de l'établissement mais acquerront
aussi une connaissance des métiers. Le collège unique
n'est pas remis en question.
- La lutte contre
la violence, pour la sécurité
- L'harmonisation
européenne de l'université.
- L'engagement des
jeunes. 10000 projets seront offerts par les entreprises, les associations,
les ministères.
- La multiplication
par 5 des AVS
- Des progrès
pour les UPI.
- La décentralisation.
Donner un peu plus d'autonomie c'est tendre vers une charte de qualité
pour les établissements, et y mettre de la FC.
- Une réforme
modérée des IUFM pour les recentrer sur des missions de
formation professionnelle.
- Un grand débat
sur l'école préparé dans les régions. Les
IA seront associés aux forums sur des sujets comme : autorité,
sécurité, civilité ; métier d'enseignant
; voie générale, voie professionnelle ; l'engagement des
jeunes ; la lutte contre la fracture scolaire ; la place de la science
dans la cité ; école et territoire.
Nous sommes passés
d'une culture de l'imposition à une culture d'impulsion.
Aussi, le ministère envisage la mise en place d'une grande direction
de l'encadrement, afin de développer les viviers de recrutement,
et une vision prospective. L'ESEN, école supérieure de l'éducation
nationale, serait implantée à Poitiers.
Intervention de
Xavier Darcos.
Les tâches des
IAIPR sont multiples et toutes sont nécessaires : évaluation
et contrôle, impulsion, expertise, encadrement. Les textes décrivent
ces tâches, peut-être suffit-il de les actualiser ? Nous avons
moins besoin de textes nouveaux , de textes théoriques que d'axes
forts.
L'éparpillement des tâches n'est pas nouveau. En 1866 déjà
un texte sur les inspecteurs primaires parlait du temps à réserver
pour aller dans les écoles.
L'évolution c'est la déconcentration, la décentralisation
et les référentiels nationaux et les projets d'académie
devront être articulés.
Les fonctions d'IAIPR se sont modifiées d'une façon cumulative.
Notre reconnaissance est bien fondée sur une légitimité
disciplinaire, au carrefour de la science qui se fait et de la science
qui s'enseigne. Notre présence dans les établissements dont
les établissements sous contrat est indispensable. La modernité
pédagogique s'incarne dans l'enseignement disciplinaire, mais l'IA
a une vision globale et non sectorielle. Il est le gardien de la cohérence
académique.
Monsieur Darcos s'engage ensuite à promouvoir une approche plus
individualisée des carrières, une mobilité, la constitution
d'équipe autour de l'IA. Il n'oublie pas les aspects matériels
et assure qu'il s'attachera à améliorer les conditions matérielles
des fonctions d'IA-IPR.
Des questions dans
l'auditoire.
Quatre personnes ont
pris la parole dont R Prosperini et Marc Rubaud pour insister sur la nécessité
d'une cohérence nationale maintenue, sur une véritable revalorisation
matérielle et morale des fonctions, sur le niveau de formation
à rechercher dans la future école supérieure de l'éducation
nationale et sur la place de l'enseignement technologique.
Nous pouvons nous réjouir que le ministère crée de
réelles équipes autour de l'IAIPR et que la formation des
cadres puisse évoluer. Mais les questions de la revalorisation
morale et matérielle n'entraînent pas de réponses
suffisamment claires.
Dans les réponses apportées par Luc Ferry sur les orientations
qu'il entend mettre en uvre pour l'enseignement technologique, on
perçoit un flou surprenant.
Anne RABANY
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