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Quelques jalons pour analyser les discours des Ministres Luc Ferry et de Xavier Darcos le 19/12/2002(arg 2.11)
Fichier RTF

Source site du syndicat des IPR et IA : http://www.snipria.org/pedagogie/art13.htm

Prenant la parole sur les grandes orientations du système éducatif, Luc Ferry annonce les chantiers prioritaires que justifient des données inquiétantes sur l' illettrisme, les sorties sans qualification, les actes de violence, le vivier de recrutement des futurs professeurs, ceci malgré un budget en hausse de 24%.

Il rappelle les principes philosophiques qui vont guider l'action .
Ont été négligés, les héritages, le patrimoine dont la langue, la civilité pour laquelle nous n'inventons pas les règles. C'est bien l'élève mais aussi les savoirs qui sont au cœur du système. Les dissocier est impossible mais cela entretient la polémique et contribue à ne plus insister autant qu'il le faudrait sur la transmission des savoirs.

Nous sommes passés d'une vision républicaine du monde à une autre vision. Une action était bonne moralement quand elle relevait d'un effort. La morale c'était ce que l'on faisait pour passer d'un état n à un état n+1. Il fallait se dépasser. L'enfant allait s'élever vers des normes universelles qui étaient dans les programmes. Maintenant l'essentiel n'est pas d'atteindre des normes extérieures à soi. Eduquer est devenu ce que Freud définit dans l'expression " deviens ce que tu es "

L'état du système éducatif a changé depuis un siècle. Dès le XVIII se mettent en place trois conceptions :

Une pédagogie du dressage associée à la monarchie absolue, l'élève est un animal rétif ;

  • La pédagogie du jeu associée à l'anarchisme ;
  • Le modèle de la citoyenneté républicaine.
  • Ainsi, les modèles éducatifs sont associés à des modèles politiques.

Aujourd'hui, il faut remettre le travail à l'honneur. Dans ce but, les chantiers suivants seront ouverts :

  • La prévention de l'illettrisme qui a fait l'objet d'une circulaire englobant largement le post et périscolaire
  • L'enseignement professionnel. Les classes en alternance seront instituées dans les collèges où les élèves en difficulté resteront élèves de l'établissement mais acquerront aussi une connaissance des métiers. Le collège unique n'est pas remis en question.
  • La lutte contre la violence, pour la sécurité
  • L'harmonisation européenne de l'université.
  • L'engagement des jeunes. 10000 projets seront offerts par les entreprises, les associations, les ministères.
  • La multiplication par 5 des AVS
  • Des progrès pour les UPI.
  • La décentralisation. Donner un peu plus d'autonomie c'est tendre vers une charte de qualité pour les établissements, et y mettre de la FC.
  • Une réforme modérée des IUFM pour les recentrer sur des missions de formation professionnelle.
  • Un grand débat sur l'école préparé dans les régions. Les IA seront associés aux forums sur des sujets comme : autorité, sécurité, civilité ; métier d'enseignant ; voie générale, voie professionnelle ; l'engagement des jeunes ; la lutte contre la fracture scolaire ; la place de la science dans la cité ; école et territoire.

Nous sommes passés d'une culture de l'imposition à une culture d'impulsion.
Aussi, le ministère envisage la mise en place d'une grande direction de l'encadrement, afin de développer les viviers de recrutement, et une vision prospective. L'ESEN, école supérieure de l'éducation nationale, serait implantée à Poitiers.

Intervention de Xavier Darcos.

Les tâches des IAIPR sont multiples et toutes sont nécessaires : évaluation et contrôle, impulsion, expertise, encadrement. Les textes décrivent ces tâches, peut-être suffit-il de les actualiser ? Nous avons moins besoin de textes nouveaux , de textes théoriques que d'axes forts.
L'éparpillement des tâches n'est pas nouveau. En 1866 déjà un texte sur les inspecteurs primaires parlait du temps à réserver pour aller dans les écoles.
L'évolution c'est la déconcentration, la décentralisation et les référentiels nationaux et les projets d'académie devront être articulés.
Les fonctions d'IAIPR se sont modifiées d'une façon cumulative. Notre reconnaissance est bien fondée sur une légitimité disciplinaire, au carrefour de la science qui se fait et de la science qui s'enseigne. Notre présence dans les établissements dont les établissements sous contrat est indispensable. La modernité pédagogique s'incarne dans l'enseignement disciplinaire, mais l'IA a une vision globale et non sectorielle. Il est le gardien de la cohérence académique.
Monsieur Darcos s'engage ensuite à promouvoir une approche plus individualisée des carrières, une mobilité, la constitution d'équipe autour de l'IA. Il n'oublie pas les aspects matériels et assure qu'il s'attachera à améliorer les conditions matérielles des fonctions d'IA-IPR.

Des questions dans l'auditoire.

Quatre personnes ont pris la parole dont R Prosperini et Marc Rubaud pour insister sur la nécessité d'une cohérence nationale maintenue, sur une véritable revalorisation matérielle et morale des fonctions, sur le niveau de formation à rechercher dans la future école supérieure de l'éducation nationale et sur la place de l'enseignement technologique.
Nous pouvons nous réjouir que le ministère crée de réelles équipes autour de l'IAIPR et que la formation des cadres puisse évoluer. Mais les questions de la revalorisation morale et matérielle n'entraînent pas de réponses suffisamment claires.
Dans les réponses apportées par Luc Ferry sur les orientations qu'il entend mettre en œuvre pour l'enseignement technologique, on perçoit un flou surprenant.

Anne RABANY


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