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Grève Avril-Mai-Juin 2003
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Lettre aux parents d'élèves (3) (arg 1.11)
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Source : Les personnels enseignants, administratifs et ouvriers des lycées Béhal et du lycée Condorcet de Lens

Depuis début mars, dans 4 académies du sud de la France, nos collègues sont en grève pour combattre l'attaque massive, par le gouvernement, des droits sociaux des travailleurs et des droits républicains des citoyens. Ces grèves prolongées et leurs temps forts du 6 et du 13 mai ont 4 raisons :

1.La régionalisation de la fonction publique.
Lancée à la suite de la modification de la constitution en mars, elle annonce la disparition des services publics républicains. Si demain, les services publics, l'assurance maladie, les hôpitaux sont régionalisés, que deviendra le principe républicain d'égalité d'accès des citoyens aux services publics ? (exemple : les mêmes soins pour tous)

2. La fin de l'Education nationale.
Les personnels de l'éducation nationale sont attachés aux principes de l'école républicaine publique, gratuite, laïque. Or la régionalisation des services publics et surtout de l'enseignement permettrait une privatisation discrète, région par région : d'abord les cuisines, l'entretien et l'orientation, l'enseignement et le reste ensuite.
La régionalisation, ce serait aussi la disparition des diplômes nationaux et la fin des examens nationaux : chaque établissement délivrerait son propre diplôme, et les diplômes des différents lycées seraient de valeur très inégale.
Ainsi apparaîtrait une inégalité d'accès des enfants aux services de l'enseignement et à l'université (comme c'est déjà le cas en Espagne ou encore en Allemagne…). La fin des diplômes nationaux conduirait aussi à la disparition des qualification professionnelles reconnues au plan national et menacerait donc les conventions collectives nationales du secteur privé et leurs grilles salariales.

3. Les postes.
Dès avant la régionalisation, le gouvernement supprime, dans l'Education encore nationale, des emplois en nombre ahurissant : des postes d'enseignants, d'administratifs, d'ouvriers…les emplois-jeunes sont envoyés au chômage…la disparition des surveillants est annoncée…il n'y aura plus d'assistante sociale à la rentrée en établissement et les conseillères d'orientation-psychologues ne savent pas davantage ce qu'elles vont devenir ! Même la médecine scolaire est menacée. Est-ce acceptable ?

4. Les retraites du public et du privé.
La scandaleuse réforme Balladur de 1993 a détérioré les droits à retraite des travailleurs du privé : passage de 150 à 160 trimestres, calcul sur les 25 et non les 10 meilleures années ; nous exigeons l'abandon de cette réforme ignoble et l'abandon de la décote par annuité manquante. Le but de cette politique libérale (tant nationale qu'européenne) est annoncé : attaquer d'abord les retraites du public, puis (le plan Balladur est prévu pour 15 ans) faire passer et le public et le privé à 42 puis 45 annuités comme le réclame le MEDEF et comme s'y est engagée la France lors du conseil européen de Barcelone en 2002. Voilà pourquoi notre slogan sur cette question est : " unité public-privé ;37,5 ans pour tous ".

Les retraites, la sécurité sociale (la privatisation partielle de l'assurance-maladie est annoncée pour l'automne), l'Education nationale et les services publics sont des conquêtes sociales acquises à force de luttes par le monde du travail, à une époque (1945-46) où l'économie française produisait pourtant beaucoup moins de richesses à redistribuer… Ces conquêtes de nos aînés, nous devons les sauver et les transmettre à nos enfants, les défendre par

UN GRAND MOUVEMENT SOCIAL , UNITAIRE ET SOLIDAIRE, RASSEMBLANT LES TRAVAILLEURS DU PUBLIC ET DU PRIVE.

Les personnels en grève, le lundi 5 mai 2003.

 

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