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Source
: Les personnels enseignants, administratifs et ouvriers des lycées
Béhal et du lycée Condorcet de Lens
Depuis
début mars, dans 4 académies du sud de la France, nos collègues
sont en grève pour combattre l'attaque massive, par le gouvernement,
des droits sociaux des travailleurs et des droits républicains
des citoyens. Ces grèves prolongées et leurs temps forts
du 6 et du 13 mai ont 4 raisons :
1.La régionalisation
de la fonction publique.
Lancée à la suite de la modification de la constitution
en mars, elle annonce la disparition des services publics républicains.
Si demain, les services publics, l'assurance maladie, les hôpitaux
sont régionalisés, que deviendra le principe républicain
d'égalité d'accès des citoyens aux services publics
? (exemple : les mêmes soins pour tous)
2. La fin de l'Education
nationale.
Les personnels de l'éducation nationale sont attachés aux
principes de l'école républicaine publique, gratuite, laïque.
Or la régionalisation des services publics et surtout de l'enseignement
permettrait une privatisation discrète, région par région
: d'abord les cuisines, l'entretien et l'orientation, l'enseignement et
le reste ensuite.
La régionalisation, ce serait aussi la disparition des diplômes
nationaux et la fin des examens nationaux : chaque établissement
délivrerait son propre diplôme, et les diplômes des
différents lycées seraient de valeur très inégale.
Ainsi apparaîtrait une inégalité d'accès des
enfants aux services de l'enseignement et à l'université
(comme c'est déjà le cas en Espagne ou encore en Allemagne
).
La fin des diplômes nationaux conduirait aussi à la disparition
des qualification professionnelles reconnues au plan national et menacerait
donc les conventions collectives nationales du secteur privé et
leurs grilles salariales.
3. Les postes.
Dès avant la régionalisation, le gouvernement supprime,
dans l'Education encore nationale, des emplois en nombre ahurissant :
des postes d'enseignants, d'administratifs, d'ouvriers
les emplois-jeunes
sont envoyés au chômage
la disparition des surveillants
est annoncée
il n'y aura plus d'assistante sociale à
la rentrée en établissement et les conseillères d'orientation-psychologues
ne savent pas davantage ce qu'elles vont devenir ! Même la médecine
scolaire est menacée. Est-ce acceptable ?
4. Les retraites
du public et du privé.
La scandaleuse réforme Balladur de 1993 a détérioré
les droits à retraite des travailleurs du privé : passage
de 150 à 160 trimestres, calcul sur les 25 et non les 10 meilleures
années ; nous exigeons l'abandon de cette réforme ignoble
et l'abandon de la décote par annuité manquante. Le but
de cette politique libérale (tant nationale qu'européenne)
est annoncé : attaquer d'abord les retraites du public, puis (le
plan Balladur est prévu pour 15 ans) faire passer et le public
et le privé à 42 puis 45 annuités comme le réclame
le MEDEF et comme s'y est engagée la France lors du conseil européen
de Barcelone en 2002. Voilà pourquoi notre slogan sur cette question
est : " unité public-privé ;37,5 ans pour tous ".
Les retraites,
la sécurité sociale (la privatisation partielle de l'assurance-maladie
est annoncée pour l'automne), l'Education nationale et les services
publics sont des conquêtes sociales acquises à force de luttes
par le monde du travail, à une époque (1945-46) où
l'économie française produisait pourtant beaucoup moins
de richesses à redistribuer
Ces conquêtes de nos aînés,
nous devons les sauver et les transmettre à nos enfants, les défendre
par
UN
GRAND MOUVEMENT SOCIAL , UNITAIRE ET SOLIDAIRE, RASSEMBLANT LES TRAVAILLEURS
DU PUBLIC ET DU PRIVE.
Les personnels
en grève, le lundi 5 mai 2003.
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