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Luc
Ferry : L'école sort "de 30 ans de laxisme"
MARSEILLE, 17 mars
(AFP)
Le ministre de l'Education
nationale Luc Ferry estime que l'école sort "de 30 ans de
laxisme", dans un entretien lundi à La Provence.
"Nous sortons de 30 ans de laxisme et j'insiste en disant que rappeler
les principes d'autorité n'est pas un sujet d'extrême droite",
juge le ministre. Luc Ferry explique qu'il prend en la matière
"un autre cap que le gouvernement précédent",
"le même cap que le ministère de l'Intérieur".
"On siffle la fin de la récré, on est aux côtés
des profs, on ne dit plus que les enfants sont des victimes et qu'ils
ont toujours raison", poursuit le ministre.
Selon Luc Ferry, cet impératif de rétablissement de l'autorité
n'est en rien contradictoire avec la suppression des aides-éducateurs
: "On ne luttera pas sérieusement contre la violence en
mettant un adulte derrière chaque élève".
Une réaction
d'un de nos lecteurs de liste Udas
Justement à
ce propos voici ce que disait le responsable de l'enseignement primaire
de son ancêtre *Jules* Ferry, Ferdinand Buisson ( qui n'était
pas Versaillais comme Ferry, puisqu'il a probablement été
membre de l'Association Internationale des Travailleurs - on le suppose
car la première Internationale était interdite et ne publiait
pas la liste de ses membres qui risquaient le bagne - lequel Ferdinand
a planqué Benoît Malon pendant la répression de
la Commune et avait engagé des gens comme Elisée Reclus
comme rédacteurs du Dictionnaire pédagogique ) :
"Avant tout
, il faudrait ruiner dans l'esprit de nos maîtres une certaine
idée de la discipline, idée fausse qui les égare:
c'est l'assimilation à quelque degré de la discipline
scolaire à la discipline militaire [&]. Les prescriptions
des règlements scolaires, l'uniformité d'exercices et
de mouvements, la loi du silence et de l'immobilité et toutes
les autres obligations que nous imposons dans nos écoles, ne
viennent pas de la nature des choses ou des principes de la pédagogie,
ce ne sont pas des devoirs moraux à proprement parler, mais seulement
des nécessités résultant du fait matériel
de la réunion d'un grand nombre d'enfants dans un même
local, sous un même maître qui doit suffire à tout
et à tous. Ce sont autant de gênes et de limites à
la liberté , à la spontanéité, à
la gaieté de l'enfance, qu'il nous est impossible d'éviter,
mais qu'il serait absurde d'ériger en axiomes ou de prendre sérieusement
comme points essentiels de discipline. Ils ne constituent pas la discipline,
ils en font plutôt l'embarras et la complication."
Ferdinand Buisson,
Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, 1887, in
article "Discipline"
Cette citation de
Ferdinand Buisson a été trouvée sur le site suivant
: http://michel.delord.free.fr/remed.html
dans une page intitulée : "1920, 1995,2002 : de l'enseignement
à la remédiation"
Il y a un siècle,
Jules Ferry adressait une "lettre aux instituteurs"
PARIS, 16 avril
(AFP)
Le ministre de l'Education
nationale, Luc Ferry, a adressé aux enseignants une "Lettre
à tous ceux qui aiment l'école" illustrant le pourquoi
et le comment des réformes qu'il entend mener, un livre en réalité,
dont le titre rappelle une autre "Lettre" écrite il
y a un siècle.
Illustre prédécesseur et lointain parent du ministre actuel,
Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique de 1879 à 1883,
auteur en 1881 et 82 des lois créant l'école publique,
laïque, gratuite et obligatoire, avait lui aussi adressé
une "Lettre" aux instituteurs.
Envoyée le 17 novembre 1883, alors qu'il quittait ses fonctions,
cette lettre concerne seulement l'enseignement moral et civique. Cependant,
elle a été considérée par les "hussards
noirs de la République" d'alors et leurs successeurs comme
texte de référence, fondateur des principes de laïcité
et des missions de l'école.
Jules Ferry y rappelle comment la création de l'école
publique "permet enfin de distinguer deux domaines trop longtemps
confondus, celui des croyances qui sont personnelles, libres et variables
et celui des connaissances qui sont communes et indispensables à
tous".
Parlant de l'instruction morale à l'école, il souligne
l'importance d'enseigner "aussi ces règles élémentaires
de la vie qui ne sont pas moins universellement acceptées que
celles du langage et du calcul". Il leur demande de s'atteler à
cette tâche "extrêmement simple mais extrêmement
difficile" sans se décourager car "ce n'est pas l'uvre
d'un jour de former ou de réformer une âme libre"
et il affirme: "la famille et la société vous demandent
de les aider à bien élever leurs enfants, c'est un service
tout pratique que vous pourrez rendre au pays".
Outre cette affirmation, déjà, d'une éducation
allant au delà de la simple instruction, Jules Ferry aborde la
pédagogie et la liberté de l'enseignant à propos
de l'utilisation des manuels. "Comme tous les ouvrages que vous
employez, le livre de morale est un auxiliaire et rien de plus, un instrument
dont vous vous servez sans vous y asservir", dit-il, ajoutant "ce
qui importe c'est votre action, c'est vous qui devez rester le guide
et le conseiller par excellence de vos élèves".
"Quand les populations dont on a cherché à exciter
les inquiétudes vous auront vu à l'uvre, alors la
cause de l'école laïque sera gagnée", concluait
Jules Ferry.
NDLR : gloups !
Lettre Luc Ferry
: des syndicats accusent Luc de détruire l'Ecole de Jules.
PARIS, 16 avril
(AFP)
Pour certains syndicats,
la "Lettre à tous ceux qui aiment l'école",
envoyée mercredi par le ministère de l'Education nationale
à 800.000 enseignants, met à mal les fondements même
de l'école républicaine à la française,
créée par le lointain ancêtre du ministre, Jules
Ferry
Luc Ferry compte
sur sa "Lettre" aux profs pour amorcer le débat parlementaire
PARIS, 15 avril
(AFP)
Le ministre de l'éducation
nationale Luc Ferry adresse à partir de jeudi aux 800.000 enseignants
français un livre intitulé "Lettre à tous
ceux qui aiment l'école" dans l'espoir d'amorcer dans le
grand public le débat sur l'éducation, que le gouvernement
a prévu en juin au Parlement.
L'ouvrage de 200 pages, co-édité par l'organisme public
de documentation pédagogique CNDP-Scéren, qui dépend
du ministère, et l'éditeur privé Odile Jacob, doit
"expliquer" aussi bien aux profs qu'aux non-profs le projet
éducatif du gouvernement, selon Yves Angela, chargé de
communication du ministre.
Edité à 800.000 exemplaires pour les enseignants, il est
aussi tiré à quelque 20.000 exemplaires par Odile Jacob,
pour être vendu en librairie à partir de jeudi, au prix
de 9 euros l'unité, a-t-il ajouté.
"Nous souhaitons que l'ouvrage soit accessible au grand public
via des ventes en librairie, car il doit servir de support au débat
à l'Assemblée nationale qui aura lieu en juin", a-t-il
dit. Luc Ferry a d'ailleurs prévu de se déplacer en régions
après la sortie du livre pour parler de son projet.
Opération "retour à l'envoyeur" à Pau
du livre de Luc Ferry
AFP. 30 avril.
Environ 200 enseignants
et parents d'élèves des Pyrénées-Atlantiques
se sont rassemblés mercredi 30 avril à Pau pour déposer,
devant l'inspection académique, une centaine de livres du ministre
de l'Education nationale Luc Ferry, "Lettre à tous ceux
qui aiment l'école", a constaté l'AFP.
Cette opération "Retour à l'envoyeur!" avait
pour objectif de dénoncer la politique du gouvernement en matière
d'éducation. Elle était organisée par " l'intersyndicale
de l'Education en lutte " (FSU, FERC-CGT, SGEN-CFDT, FO, UNSA éducation,
SNETAA) et la fédération des parents d'élèves
FCPE.
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