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Dans
un souci de " meilleure gestion de la fonction publique ", le
Conseil d'Etat a, de sa propre initiative, décidé de proposer
une " réflexion prospective ". En 446 pages, le CE démontre
que le passage d'une partie des fonctionnaires au régime de droit
commun de droit privé serait une solution pour donner à
la fonction publique une " efficacité accrue ".
Quels sont les
fonctionnaires concernés ?
Tous ceux qui n'exercent
pas les fonctions régaliennes de l'Etat, c'est-à-dire
tous sauf, les militaires, les magistrats, les forces de police, les
agents de l'administration pénitentiaire (p.320).
Quelles sont les
raisons de telles propositions ?
Le C.E. estime qu'il
est temps pour la fonction publique de s'adapter à "la concurrence
du marché mondial" (p.250), de se calquer sur les modèles
des pays européens (Italie, Espagne, Royaume-Uni, Allemagne),
de recourir à une plus grande souplesse qu'offre la "flexibilité
externe" (la délégation au secteur associatif des
missions de service public, dans les milieux de l'éducation,
de la réinsertion...), de concilier l'ensemble des régimes
et donc de réconcilier (sic) l'ensemble des personnes qui exercent
une activité rémunérée et en appliquant
à tous la même réglementation: le contrat de travail
et les conventions collectives régis par le droit du travail.
Quel est le statut
actuel de la fonction publique ?
Le statut général
de la fonction publique a été adopté par la loi
du 19 octobre 1946. Il regroupe les bases juridiques qui réglementent
:
- l'organisation
des services des fonctionnaires (la structure des emplois)
- les procédés
de recrutement avec la généralisation des concours
- le régime
d'avancement avec la systématisation des tableaux d'avancement
- la gestion par
corps
- le licenciement
entouré de garanties disciplinaires précises
Quelles sont les
conséquences des propositions formulées ?
Il s'agit de "substituer
la convention au statut", c'est-à-dire " qu'il n'y
a plus de raison fondamentale de maintenir sous le régime sacralisé
de la fonction publique " (p.315) la plupart des fonctionnaires.
Concrètement,
plusieurs mesures sont proposées :
- Une remise en cause
du recrutement par concours pour s'aligner sur le principe de libre
circulation au sein de l'Union Européenne. En offrant aux européens
justifiant des diplômes d'exercer des métiers de la fonction
publique, et comme il n'est pas prévu de modifier le principe
d'égalité devant l'accès aux emplois de la fonction
publique, la sélection par concours sera supprimée pour
tous.
- " La clarification
du système de rémunération publique " (p.360),
dont les principes ont déjà été adoptés
par le Comité interministériel de la réforme de
l'Etat (15 novembre 2001) : l'individualisation de la progression avec
une " valorisation des compétences des agents en place ".
- La création
du " contrat d'affectation sur emploi " : la signature d'"
un bref document contractuel tenant compte d'un échange de vues
préalable entre le fonctionnaire et l'autorité gestionnaire
prenant acte d'engagements réciproques ".
Un exemple concret p 344 : " le contrat d'affectation sur emploi
ne devrait pas stipuler que l'emploi en question est celui de professeur
dans l'un des collège de la région Ile de France mais
celui de professeur dans tel collège tant les caractéristiques
de l' emploi[ . . . ] n'ont pas nécessairement à être
identiques pour tous les collèges de cette région ".
Le contrat précisera le type d'emploi, la durée du travail.
. .
- La suppression
de la valorisation des retraites en fonction du corps d'origine qui
s'effectue aujourd'hui en même temps que la revalorisation des
actifs du même corps (cela concerne 4 millions de retraités).
Rapport consultable
sur http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/034000123.shtml
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