| Si
nous ne sommes pas présents à votre congrès pour intégrer
la Fédération SUD Education sous la même dénomination
que vous, nous sommes là pour poursuivre un travail syndical en collaboration,
en union de syndicats, dans le respect des démarches de chacun. |
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| Depuis
quelques années déjà, nous avons fait l'analyse
des centrales syndicales que nous avons quittées pour construire
une démarche syndicale nouvelle. Aujourd'hui nous nous trouvons
confrontés à des confusions entretenues par des volontés
de " recompositions " qui exploitent l'idée d'une
construction syndicale alternative ! |
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A
ce niveau apparaissent des convergences à peine masquées
entre une certaine idée de la gauche et une volonté
de recomposition syndicale et politique basée sur l'idée
d'une radicalité de la rue. Ces convergences se bâtissent
sur les vérités et les nostalgies de décembre
95, comme il y a eu en d'autres temps l'exploitation des vérités
et des nostalgies de mai 68... ou d'autres événements
de ce type... |
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| 1 - Nécessités
d'une alternative syndicale |
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| D'une
part, il y a la prise en compte des mouvements sociaux dans les différents
courants syndicaux. Celle-ci peut procéder de diverses analyses
ou de diverses stratégies (ce qui est très différent,
cela pourra aisément se comprendre). |
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D'autre
part, il y a face à nous la volonté de construction
d'une structure syndicale centralisée qui pourrait " maîtriser
" l'information syndicale et qui ferait la jonction avec les
expressions des mouvements sociaux en lutte pour en être le
porte parole. |
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| Les
mouvements sociaux sont diversement l'objet d'exploitations ou de
manipulations, en passant par des opérations de séductions
opportunistes ou par la volonté de contrôles de groupes
politiques, ou encore par l'illusion entretenue de pouvoir en devenir
le guide. |
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Si
nous avons déjà eu de nombreux débats, avec divers
partenaires, sur la place qu'il y a ou qu'il n'y a pas pour une nouvelle
fédération dans l'Education, nous constatons d'évidence
que le terrain est occupé par la FSU, avec une force très
lourde de marketing, professionnalisée à l'extrême
(même si sa radicalité est à nos yeux fictive
et ne trompe personne). Faudra-t-il alors, et avec quelles dérives
en vue, aller rivaliser avec elle sur ce terrain ? |
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| Mais
ils sont surtout le lieu des plus simples expressions de revendications
en dehors de toute volonté structurée de canalisation.
Et leurs rapports avec le syndicalisme ne sont ni aussi limpides ni
aussi naïfs que l'on veut bien se le laisser dire. Ainsi, l'identification
ou la référence de syndicalistes aux mouvements sociaux
doit se faire avec la plus extrême prudence, nous en sommes
conscients. |
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Quand
nous avons entendu reconnaître dans nos débats que SUD
Education était dépendant du calendrier d'action de
la FSU, il nous a semblé alors que la dérive s'était
déjà mise en place. |
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Ne
s'agirait-il alors que d'une structure standard de plus, même plus
radicale dans ses propos, ses revendications et ses actions ?
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| Pour
notre part, nous préférons la voie d'une structuration
sur le mode même d'expression des mouvements sociaux, avec tous
ses risques et toutes ses imperfections. Car nous sommes tous, en
tant qu'individus, syndiqués ou non, des éléments
de ces mouvements à un moment ou à un autre. Et nous
voulons apprendre et permettre à tous d'apprendre, en tant
qu'individus, à faire la place à l'expression de chacun
dans le syndicat, sans la soumission à la position "nationale",
"syndicalisée", "centralisée". |
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L'alternative
syndicale n'est pas que la radicalité de la rue. Elle n'est
pas qu'une réelle prise en compte active des solidarités.
Elle n'est pas que la nécessité absolue de l'action
interprofessionnelle. Elle n'est pas tout cela sans prendre en compte
le processus de construction d'un syndicalisme différent. |
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| Nous
voulons que l'élaboration des actions et revendications se
construise à la base, par l'expérience engrangée,
même si le chemin est plus long, plus laborieux, plus risqué.
Et même si cette élaboration peut apparaître contradictoire,
ici ou là, nous voulons en faire l'expérience, sans
peur qu'elle soit visible, pour ne pas laisser le soin à quelques
délégués, ou à quelques responsables,
de trouver et d'imposer la solution de règlement de ces contradictions. |
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Pour
nous, c'est aussi le refus d'une nouvelle centrale, aujourd'hui ou
demain, objet de délégations de pouvoirs, de renoncements
à l'émancipation de l'individu, et probablement de volontés
de recompositions qui, échappant à la base des syndiqués,
en oublieraient le rejet des manipulations politiciennes et bureaucratiques
qui nous animent tous. |
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| Notre
démarche veut prendre en compte tous ces facteurs. Et nous connaissons
les conséquences en temps nécessaire comme en difficultés
objectives de construction. Mais c'est par delà les impératifs
immédiats de l'action que nous nous faisons une idée du fonctionnement
dans l'action et les revendications, pour consolider l'efficacité
de ce syndicalisme en cours de construction. |
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| Cette
construction n'est donc pas qu'une radicalité d'expression dans la
rue. Elle est aussi et surtout une radicalité sur l'émancipation
de l'individu dans le syndicat, comme sur l'émancipation du groupe
local dans l'union de syndicats. |
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| 2 - Nécessités
d'une représentation nationale |
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| Le
besoin d'une représentation nationale est nécessaire
à toute organisation syndicale, comme à un moment donné
elle est nécessaire à un mouvement social. C'est un
fait. Nous le reconnaissons tous. Pourquoi s'obstiner à croire
qu'une union de syndicats ferait l'impasse sur cette nécessité
? |
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Nous
avons voulu rechercher une efficacité d'intervention sur le
plan national au travers de l'union de nos forces en construction.
Cela nous semble indispensable. Mais nous avons voulu le faire en
respectant les itinéraires de chaque groupe local et en voulant
préserver l'élaboration de la démarche à
la base. C'est notre souci depuis 1990. Cela s'est traduit par des
listes présentées aux élections paritaires nationales
de 1993 et de 1996. C'est un fait et c'est une première marche. |
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| Mais
nous devons avant tout analyser sérieusement nos besoins en
matière de représentation comme en matière d'interventions
nationales, en relation directe avec le mode de construction syndicale
que nous voulons privilégier. |
Nous
avons développé nos positions pour une structuration
syndicale qui ne soit ni une course à une efficacité
de façade, ni l'occasion de la mise en place d'une nouvelle
délégation de pouvoir, prémices d'une structure
qui ne changerait en rien les rapports syndicaux établis. Pour
cela, nous avons présenté trois contributions dans le
cadre de la préparation du congrès de SUD Education.
C'est un autre fait. |
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| Pourquoi
vouloir construire un syndicat centralisé avant d'avoir eu
collectivement la moindre analyse des besoins de nos syndicats locaux
(aux identités proches sur leur radicalité certes, mais
également différentes sur leur démarche de construction)
? |
Nous
avons voulu travailler de manière constructive et mettre en
commun nos forces et nos convictions en participant de manière
active à la réflexion sur notre besoin commun de structuration.
Nous avons écrit : " Rien n'empêcherait, quel que
soit le nom de chacun, de pouvoir travailler ensemble si les bases
étaient effectivement communes. " Nous continuerons d'avoir
cette volonté sur le constat de ce qui nous est commun. |
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Mais
pourquoi serions-nous " contraints " d'être absolument liés
structurellement ? Pourquoi certains seraient-ils contraints de se soumettre
à un label unique pour recevoir la carte officielle de partenaire
? |
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| Nous
réaffirmons que nous n'entrerons pas dans un cadre qui pour nous
n'est que la reconduction des erreurs du passé. Nous réaffirmons
que nous ne voulons pas d'une voie de plus vers une nouvelle Centrale Syndicale
à l'image de celles qui existent déjà et que nous avons
quittées. Nous réaffirmons que nous voulons construire un
avenir pour l'alternative syndicale : élaborer une stratégie
syndicale différente. |
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Car
il y a dans nos débats d'aujourd'hui des enjeux qui nous dépassent.
Nous appelons cela des hypothèques : |
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- Un engagement moral auprès de SUD PTT à faire une
Fédération SUD Education. Cette fédération
est déjà prisonnière du label déposé
par le grand frère. |
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- La critique de la direction de SUD PTT sur la trop faible centralisation
construite dans SUD Education.... Quand pour nous celle-ci est déjà
excessive. |
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- La gourmandise financière révélée pour
construire un appareil central. Cet excès appauvrit la capacité
d'auto organisation des structures locales. |
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- La frénésie à construire une multitude de syndicats
SUD dans toutes les champs de syndicalisation possible, même
là où existent déjà des syndicats du G10. |
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- L'idée de construction d'une confédération
SUD, démentie officiellement, discutée dans les couloirs... |
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- etc... |
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| 3 - Nécessité
d'une union de nos forces. |
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"
...Nous nous sommes lancés dans la construction d'un autre type de
syndicat. Nous le voulons différent. Il sera ce qu'ensemble nous
en ferons...
... et non ce que certains décideront d'en faire pour d'autres !
" |
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| Nous
avons parlé d'union. Non pas pour n'avoir aucune structuration
nationale, mais pour préserver la difficile construction de
notre démarche syndicale. Car nous tenons à permettre
à chacun, localement, de construire son propre outil syndical. |
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Nous
ne concevons de mouvement syndical, que celui qui est construit à
la base par les salariés eux-mêmes. Nous ne voulons pas
bâtir une organisation à la place d'autres pour qu'ils
puissent s'y inscrire... Ils s'inscriraient dans une organisation
syndicale pensée, orientée sans leur participation active,
dans laquelle la plupart auraient du mal à seulement imaginer
qu'ils soient eux-mêmes le syndicat. |
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Qu'est-ce
qu'un syndicat si ce n'est ce que chacun des salariés voudra en faire
par sa participation active ? |
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Qu'est-ce
qu'un syndicat alternatif si ce n'est le temps nécessaire à
la lente construction de l'émancipation du salarié ? |
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Qu'est-ce
qu'un syndicat centralisé si ce n'est la distribution de la bonne
parole, de la pensée proposée, de la ligne assénée
? |
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| Nous
construisons un syndicalisme qui veut favoriser les relations entre les
individus, sur des bases solidaires et responsables. Et nous avons entendu
dire dans certains groupes de SUD Education qu'un syndicat ne peut pas fonctionner
en Assemblée Générale avec mille adhérents.
Cela sera bien évident demain, s'il y a dès le départ,
dès aujourd'hui, le refus d'apprendre, d'expérimenter le fonctionnement
d'une A.G., quand la plupart des groupes ont des effectifs en dessous de
la centaine. |
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| Il
y a là une absence dangereuse de volonté à
vouloir faire le dure apprentissage de la démocratie dans
le syndicat. Cela nous fait comprendre le refus de vouloir envisager
un fonctionnement différent et la prédominance à
vouloir reproduire la construction de ces centrales qui ont échoué. |
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De
la même façon entendre dire qu'il y a urgence à
être représenté en sacrifiant l'importance du
temps nécessaire aux débats sur le fonctionnement
dans le cadre de l'action et des revendications laisse présager
du type de rapport dirigeants-dirigés qui se mettront inéluctablement
en place, sans vouloir même envisager qu'il pourrait en être
autrement. |
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Dans
ces conditions là, effectivement, nous ne construisons pas
la même alternative syndicale car nous n'avons pas fait les
mêmes analyses des centrales quittées. Et dans ces
conditions là, nous ne pouvons pas envisager de fusionner
structurellement. |
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Il
en va différemment des analyses sur les actions et les revendications.
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| 4 - Perspectives |
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Nous
ne développerons pas ici ces analyses. C'est dans nos journaux édités
localement, témoins de nos actions entreprises, que nous pouvons
constater les convergences qui nous ont fait nous rejoindre. |
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| Un
souci d'efficacité vous fait vouloir un journal d'expression
nationale. Mais vouloir absolument un tel journal, c'est prendre le
risque, à terme, que celui-ci devienne la seule voix d'expression
autorisée du syndicat centralisé. |
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Il
ne laissera aux journaux des groupes locaux que le soin d'organiser
localement ce qui s'est exprimé dans le journal national. Quelle
place pour l'auto construction des actions et des revendications par
les groupes locaux ? Quelle place pour le constat précieux
de la réalité de ces convergences ? |
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| En
dehors d'un appareil central trop gourmand en énergies et qui prive
les groupes locaux de leur autonomie, en dehors d'un appareil central trop
omniprésent, nous poursuivrons notre démarche d'auto-construction
syndicale alternative avec qui voudra suivre ce chemin. |
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Nous prendrons le temps d'unir les forces qui veulent travailler dans le
même sens en toute conscience des enjeux et des dangers. |
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Avec
vous, si vous le souhaitez, si cela vous apparaît possible. |
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