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Réseaux d'écoles : Le Ministère se dévoile

 

DEUX PROJETS DE DÉCRETS APPORTANT LES PLUS MAUVAISES RÉPONSES À DE POURTANT BONNES QUESTIONS
Sous couvert de la volonté de répondre aux besoins notamment des petites écoles, le plus souvent situées en zone rurale, isolement, manque de moyens, d'équipements, problèmes de direction... autant de questions pertinentes, le Ministère vient de " pondre " deux projets de décrets qui ont pour but de modifier ceux relatifs aux Directeurs d'écoles et à l'organisation et au fonctionnement de l'école. L'objectif est de formaliser un statut pour le réseau d'écoles et le coordonnateur. Ces propositions visent à officialiser les réseaux d'écoles, y compris au niveau de la gestion des personnels et des moyens, à faire " évoluer " la discussion sur le statut de directeur d'école, à déplacer la compétence scolaire vers le niveau intercommunal, à préparer le terrain pour doter les écoles d'un statut d'EPLE (Établissement Publie local d'Éducation). Pour résumer, tout ce dont la profession ne veut pas. Pour résumer encore, tout ce qui peut permettre notamment de globaliser les effectifs pour permettre des économies budgétaires (postes d'enseignants) à grande échelle.

UN EXISTANT QUI DEVRAIT FAIRE RÉFLÉCHIR
L'observation des réseaux existants montre qu'ils se sont peu développés, notamment dans les départements les plus ruraux (là où existent d'autres structures type RPI), qu'ils sont peu nombreux et que leur nombre baisse, que pour la plupart ils n'ont pas de lien avec une structure intercommunale, que l'essentiel des moyens qui y sont consacrés concernent les transports, que les coordonnateurs (plus souvent animateurs) ne sont pas majoritairement des directeurs. Si la rupture de l'isolement, la dynamisation de la vie locale, le dialogue, la mise en oeuvre de projets communs sont mis à l'actif de la mise en place de réseaux d'écoles, "aucune démonstration sérieuse, ni étude valide ne permet d'affirmer que la réussite scolaire est meilleure " * Le coût des déplacements en temps et en fatigue, les carences en personnel supplémentaire ou spécialisé, sont cités comme difficultés dans la mise en place des réseaux. "lies réussites reposent le plus souvent sur le dynamisme et la bonne volonté des équipes et des collectivités ". Au lieu de s'appuyer sur cette implication des acteurs du terrain en facilitant les actions, ce qui est attendu, le ministre veut imposer un cadre contraignant qui répond à ses critères, notamment gestionnaires.

LA POSITION DU SNUIPP ET CE QU'IL PROPOSE
Le SNUipp s'oppose sur le fond aux projets de décrets ministériels et dénonce la volonté de passer en force sur ce dossier. Dans l'immédiat, dans les discussions encore en cours avec le ministère comme dans le cadre des cartes scolaires départementales, il propose · de s'opposer à toute application anticipée de ces projets de texte · de s'opposer aux regroupements d'écoles d'une taille inadaptée, comme aux fusions d'écoles qui s'opéreraient au détriment de la maternelle, · de s'assurer que, le cas échéant, toute constitution de regroupement d'écoles, fusion ou Réseau Rural d'Éducation repose : · sur une démarche volontaire portée par le terrain et qui s'appuie sur les décisions des conseils des maîtres et des conseils d'école (pour entrer comme pour sortir d'un dispositif). · sur un cahier des charges exigeant, notamment en terme de moyens (supplémentaires) de fonctionnement temps de concertation et de formation, · sur une définition de l'activité de coordination du réseau qui ne se substitue pas à celles des directions de chaque école, ni n'institue un nouvel échelon hiérarchique, · sur des conditions de nomination sur les postes des écoles du réseau rural conformes aux règles d'équité et de transparence appliquées à tout poste ·

UN RAPPEL
La possibilité de mise en réseaux des écoles, notamment rurales, existe aujourd'hui dans le cadre des réseaux ruraux d'éducation (circulaire de 1998). Elle peut permettre de répondre à leurs problèmes spécifiques en lien avec la volonté largement partagée de conserver une proximité et une taille des structures à échelle humaine. Elle doit se faire à partir d'écoles dont l'entité est préservée et s'appuyer sur une dynamique locale et sur le volontariat dans le cadre national réglementaire actuel. Si l'intercommunalité peut favoriser la mutualisation des moyens, permettre même dans certains cas l'accroissement des ressources de l'école, elle ne saurait résoudre le problème devenu criant des inégalités entre écoles. Le SNUipp rappelle la nécessité d'établir un cahier des charges national définissant l'équipement indispensable au fonctionnement de chaque école ainsi que celle de mettre en oeuvre un mécanisme de péréquation. Les évolutions sociales ont modifié les attentes vis-à-vis de l'institution scolaire et les conditions dans lesquelles s'exerce le métier d'enseignant. Le travail c n équipe, la concertation dans et hors l'école, l'exigence de démocratie nécessitent du temps qui doit être dégagé (lu temps d'enseignement. La direction et le fonctionnement des écoles nécessitent des moyens en postes et budgétaires, des aides matérielles et en personnel, de la formation.

Cet article se trouve sur http://www.marelle.org/users/fner/Reseaux_Statuts.htm



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