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Réseaux
d'écoles
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L'avenir du système éducatif en milieu rural isolé |
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Document du ministère : texte officiel 1998 L'école
rurale bénéficie en apparence de moyens plus importants
que l'école urbaine parce que le nombre d'élèves
par maître y est plus faible. En réalité lorsqu'elle
est située en zone fragile, elle est souvent pénalisée
par son isolement, la rareté de l'offre culturelle et sportive
et par son retard dans l'offre d'écoles maternelles. Cependant
en zone rurale, là où les classes à plusieurs cours
sont majoritaires, les résultats des élèves dans
les savoirs de base sont identiques voire légèrement supérieurs
à la moyenne nationale. Sur
ces territoires l'éducation nationale doit mobiliser et encourager
les partenariats avec tous les acteurs du milieu rural, enseignants,
parents d'élèves, élus, associations, dans le double
objectif : D'assurer un service public d'éducation de qualité
qui offre une égalité de chances aux élèves
des petites communes rurales ; De consolider des structures scolaires
durables qui jouent un rôle pour l'aménagement du territoire
grâce à la mise en réseaux des établissements
scolaires. L'école,
qui est souvent le dernier service public en milieu rural isolé,
se trouve ainsi au coeur d'un projet plus global de dynamisation du
milieu rural en articulation avec des partenaires variés. Pour
atteindre ces objectifs, vous engagerez donc, sans tarder, la concertation
la plus large possible dans le cadre des orientations ci-dessous définies.
I
- Les nouveaux outils de l'aménagement du territoire scolaire
en milieu rural isolé I.1
Les réseaux d'écoles rurales et le partenariat avec les
collectivités locales (communes et départements) Les
4 600 regroupements pédagogiques intercommunaux qui concernent
440 000 élèves environ, ont constitué une première
réponse et dans bien des endroits, ils ont permis le maintien
d'une structure scolaire qui sans eux aurait disparu. Mais ils sont
à la recherche d'un nouveau souffle, soit parce que les évolutions
démographiques se sont poursuivies, soit parce que certaines
communes n'en faisaient pas partie. La
mise en place de réseaux d'écoles rurales peut se prévoir
sur plusieurs années. Elle prend alors la forme d'une convention
comprenant les engagements réciproques de l'État (emplois
et crédits) et des collectivités locales (emplois, locaux,
équipements, transports, structures d'animation...) afin de permettre
à celles-ci (communes, structures intercommunales, département,
éventuellement région) de programmer leurs investissements
dans le cadre d'une politique d'aménagement du territoire rural.
I.2
L'évolution des écoles à classe unique Une
fermeture d'école est douloureusement ressentie par les petites
communes rurales car l'école est le signe tangible que l'avenir
existe et, quand elle disparaît, c'est souvent le dernier service
public qui disparaît aussi. Le moratoire a permis à de
nombreuses communes de mettre en place des activités périscolaires,
de rechercher activement la venue de familles nouvelles. Mais après
cinq années d'application, certains effets du moratoire ne sont
pas positifs pour les élèves et les enseignants ; il a
parfois accéléré le processus de désertification
scolaire alentour. C'est pourquoi chaque école à classe
unique doit faire l'objet d'un réexamen de sa situation dans
le cadre d'une démarche dynamique et négociée.
Les
inspecteurs d'académie et les inspecteurs de l'éducation
nationale engageront avec tous les partenaires concernés ce réexamen.
Ils le feront en proposant la création d'un réseau d'écoles
sur la base d'un projet éducatif et en tenant compte des contraintes
géographiques particulièrement en zone de montagne. C'est
dans le cadre de cet effort de tous les partenaires que les moyens pourront
être maintenus sur le réseau d'écoles, même
en cas de fermeture d'une classe unique, par exemple pour améliorer
l'accueil des enfants en maternelle, pour mettre en place des actions
de soutien scolaire ou des activités pédagogiques nouvelles
(langues, lecture, etc.) et pour réhabiliter l'exercice itinérant
d'un certain nombre de fonctions par les enseignants des écoles
: équipes mobiles d'animation et de liaison, service enseignant
bi-fonctionnel, etc. Autrement
dit, vous devrez, pour la répartition des emplois, prendre en
compte, aussi, les critères qualitatifs et accompagner les efforts
des collectivités locales. Celles-ci devront notamment être
encouragées à uvrer pour les personnels d'accompagnement,
les locaux et les équipements des écoles, pour les déplacements
liés aux projets éducatifs et pour les logements des enseignants,
facteur de stabilité. II
- Les objectifs qualitatifs du projet éducatif en milieu rural
isolé Chaque
réseau d'écoles rurales est structuré par un projet
éducatif qui améliore la qualité de l'action de
l'école et donc la réussite scolaire des élèves.
Les principaux objectifs qualitatifs sont indiqués ci-dessous.
Bien évidemment, cette liste pourra être complétée
par les initiatives prises localement en fonction des besoins éducatifs
identifiés sur le terrain. Vous
développerez le travail en équipe pour la définition
et la mise en oeuvre du projet de réseau. Le projet éducatif
pourra accompagner des activités périscolaires et l'aménagement
des rythmes de vie dans le cadre d'un contrat éducatif local.
Il sera tenu compte des contraintes liées à l'éloignement
et le tissu associatif rural sera utilement mobilisé, notamment
les foyers ruraux. Des indemnités péri-éducatives,
des crédits pédagogiques spécifiques et des crédits
de déplacement accompagneront la mise en place de projets éducatifs.
Des dotations vous seront notifiées à cette fin. II.1
Renforcer la préscolarisation et l'accueil en maternelle Chacun
reconnaît aujourd'hui le rôle primordial de l'école
maternelle sur la réussite des élèves. Dans les
zones rurales isolées, l'accueil des enfants se fait souvent,
lorsqu'il existe, au sein de sections enfantines intégrées
dans des classes à plusieurs cours mêlant souvent des enfants
à des âges très divers. Les sections enfantines
intégrées aux classes élémentaires ne permettent
pas toujours une scolarisation satisfaisante des tout-petits et le progrès
des autres enfants. Afin d'offrir l'avantage reconnu d'une scolarisation
précoce, en surmontant le problème que pose le déplacement
de très jeunes enfants, des enseignants itinérants assureront
une scolarisation partielle en maternelle les matins et consacreront
leurs après-midi au soutien scolaire ; parallèlement,
la création d'écoles maternelles intercommunales reste
une solution lorsque les conditions géographiques le permettent.
II.2
Stabiliser les enseignants sur ces réseaux On
constate actuellement que la rotation des enseignants sur les postes
en milieu rural est beaucoup plus élevée que la moyenne
nationale. C'est en favorisant au mieux l'intégration des enseignants
dans l'environnement immédiat que l'école rurale pourra
retrouver son rayonnement. La mise en place du coordonnateur de réseau
peut notamment y contribuer. Il conviendra également d'inciter
les collectivités à réhabiliter des logements pour
les professeurs des écoles et les enseignants de collège.
Une liaison étroite avec le préfet pour l'attribution
d'aides spécifiques permettra aux collectivités de s'engager
dans cette démarche. II.3
Améliorer les liaisons école-collège en zone rurale
isolée La
liaison école-collège est un élément essentiel
pour la réussite des enfants au collège. Toutes les améliorations
doivent être recherchées comme le démontrent des
coopérations exemplaires entre enseignants volontaires des écoles
et des collèges qui se traduisent notamment : II.4
Développer l'aide et le soutien scolaires L'éloignement
et l'isolement sur le plan de l'environnement social et culturel constituent
pour les élèves défavorisés une difficulté
supplémentaire. Des actions innovantes de soutien scolaire doivent
être mises en place. Le rôle des RASED et des maîtres
spécialisés devra être précisé. III
- L'avenir des petits collèges ruraux Une
soixantaine de collèges ruraux comptent moins de 100 élèves
et près de 300 collèges comptent moins de 200 élèves.
Un collège est un facteur structurant des cantons ruraux mais
leur maintien ne doit pas se faire aux dépens de l'égalité
des chances pour les élèves et il faut donc activement
préparer leur avenir. III.1
Groupe de travail départemental sur les petits collèges
Les
inspecteurs d'académie doivent mettre en place, en liaison étroite
avec les conseils généraux et les préfets, un groupe
de travail réunissant l'ensemble des partenaires de l'éducation
nationale et ceux de l'aménagement du territoire pour élaborer
un schéma départemental des collèges ruraux. Une
analyse fine sera faite sur les itinéraires scolaires des élèves
et sur les choix d'orientation des familles, afin d'apprécier
le rôle du collège au regard de l'égalité
des chances. Une synthèse académique en sera faite par
le recteur. Le groupe de travail explorera toutes les solutions permettant
la revitalisation des petits collèges ou préparant leur
mise en réseau entre eux et/ou avec les écoles alentour.
Les collèges des académies limitrophes devront être
intégrés à ce schéma en tant que de besoin.
La réflexion devra prendre en compte tous les facteurs liés
à la revitalisation du territoire rural. III.2
Plusieurs idées peuvent être explorées visant à
retrouver un potentiel d'élèves favorisant l'émulation
scolaire :
IV
- Une attention accrue pour les personnels enseignants et non enseignants
du monde rural isolé C'est
grâce aux efforts soutenus des enseignants ainsi que des personnels
administratifs, d'encadrement et d'animation pédagogique que
l'école rurale a su, malgré ses difficultés, maintenir
un haut niveau d'exigence. La revitalisation de l'école doit
s'accompagner d'actions en direction des personnels. Les professeurs
d'école stagiaires de seconde année d'IUFM accompliront
un stage en milieu rural afin d'être préparés à
vivre ses contraintes particulières. Les enseignants exerçant
déjà dans un réseau d'écoles rurales bénéficieront
en priorité des stages de formation aux nouvelles technologies
de communication et de stages sur le travail pédagogique en milieu
rural et sur la gestion des classes à plusieurs niveaux. Les
cadres pédagogiques et administratifs du ministère suivront
également des sessions de formation sur le développement
local et le monde rural. Vous me rendrez compte, à la fin du
mois de mars 1999, de la mise en place des premières étapes
de ce dispositif. Votre rôle d'animation et de concertation pour
l'émergence de propositions imaginatives et mobilisatrices est
essentiel. J'adresse copie de cette circulaire aux préfets, afin
que leur rôle d'interlocuteurs auprès des élus locaux
accompagne cet effort de l'éducation nationale pour que l'aménagement
du territoire aille de pair, avec un réel progrès de la
qualité éducative du système scolaire en milieu
rural isolé et que cette préoccupation soit prise en compte
dans une action globale de maintien des activités et des services
et donc de développement rural. La ministre déléguée, chargée de l'enseignement scolaire Ségolène ROYAL source : http://www.snuipp.fr/article263.html |