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Assemblée
Nationale - Séance du 2 décembre 2003
- Question de
M. Jean-Louis Léonard, Député-maire de Châtelaillon-Plage
(17), à M. Xavier Darcos, Ministre délégué
à l'Enseignement scolaire, sur la création des réseaux
d'écoles dans le cadre d'un EPCI.
M. Jean-Louis Léonard
-
La coopération entre les communes, tout comme le regroupement des
équipements scolaires se font depuis longtemps, et n'ont nul besoin
d'être imposés : la mutualisation des moyens a présidé
au développement des regroupements pédagogiques intercommunaux,
en progression constante dans les zones rurales car ils permettent aux
communes de conserver leur école dans les conditions qu'elles ont
choisies.
Pour autant, prévoir que les écoles, mises en réseaux,
seraient désormais gérées par des EPCI serait remettre
en question le lien viscéral qui unit l'école à la
commune, et aussi le rôle des élus municipaux. Les communes
ont toujours joué un rôle essentiel dans le fonctionnement
et la gestion des écoles, avec une grande fierté ! L'article
L. 211-1 du code de l'éducation nationale rappelle d'ailleurs que
l'éducation est un service public de l'Etat mais que la commune
met à disposition locaux et équipements. Autant dire que
si l'on comprend la volonté de rationaliser les moyens, l'approche
ne peut-être uniquement comptable, et ne peut se résumer
à priver les maires d'une compétence à laquelle ils
sont particulièrement attachés. Leur émotion, réelle,
s'est encore accrue après que des propos vous ont été
attribués, Monsieur le ministre délégué, laissant
entendre que les incitations financières à la modernisation
et au développement des infrastructures scolaires seraient désormais
orientées vers les EPCI et non plus vers les communes.
Je sais que la concertation se poursuit, mais j'aimerais savoir dès
maintenant quel rôle respectif vous attribuez aux EPCI et aux communes
dans votre projet de réseaux d'écoles, et quel sera le pouvoir
de décision des maires dans la définition de ces réseaux
?
M. Xavier Darcos,
ministre délégué à l'enseignement scolaire
-
Vous rappelez avec
raison l'attachement viscéral des élus communaux à
leurs écoles, et moi-même, en tant qu'élu d'un département
rural, je comprends fort bien que chaque maire souhaite conserver son
école. Hélas, les évolutions démographiques
et la concentration des activités économiques ont bouleversé
le paysage scolaire, en particulier en milieu rural, si bien qu'une commune
sur trois n'a plus d'école et que près du tiers de nos écoles
ne comptent qu'une ou deux classes. Pour tenter de freiner l'exode des
élèves vers des centres plus importants, nous recommandons
de constituer des réseaux d'écoles adossées aux structures
intercommunales. L'objectif est d'offrir aux élèves des
zones rurales les mêmes conditions de travail que celles qu'ils
pourraient rencontrer dans des écoles aux effectifs plus nombreux.
La mutualisation des moyens et la constitution d'équipes pédagogiques
ne peuvent se faire qu'en rassemblant les écoles autour d'un projet
éducatif qui réponde aux besoins d'un enseignement moderne,
dynamique et efficace. J'ai donc demandé à chaque inspecteur
d'académie de préparer un schéma territorial tenant
compte des tendances démographiques, sociales et économiques.
Le conseil départemental de l'éducation nationale sera associé
à l'élaboration de ce schéma qui devrait permettre
d'améliorer sensiblement le tracé de la carte scolaire.
La mise en réseaux, sans contrainte, des écoles, appuyée
sur un schéma territorial pluriannuel, contribuera ainsi à
un aménagement équilibré du territoire.
Le développement de l'intercommunalité est une chance pour
les écoles et les communes, qui pourront associer leurs forces
et offrir aux parents une école très performante. Sans modifier
l'équilibre fixé par la loi entre les compétences
des communes et celles de l'Etat pour l'organisation et le fonctionnement
de l'école primaire, la mise en réseaux des écoles
accompagne le mouvement volontaire vers l'intercommunalité et profite
de sa dynamique.
S'agissant des financements, il n'est pas dans nos intentions de favoriser
les EPCI plutôt que les communes. Le projet de loi relatif aux responsabilités
locales contient plusieurs dispositions de nature à faciliter le
traitement des questions scolaires dans un cadre intercommunal. Mais ce
sont les élus qui décideront s'ils souhaitent s'engager
dans cette voie, et chaque fois qu'une école rurale pourra être
sauvegardée dans un cadre strictement communal, nous le ferons.
Voilà qui devrait, Monsieur le député, vous rassurer.
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