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Généralisation des évaluations et limitation des méthodes de lecture

Tome 4

En quelques phrases aussi assassines qu'approximatives, c'est le moins qu'on puisse dire, Gilles de Robien a provoqué un électrochoc à et autour de l'école, en digne représentant de commerce du Sarkozysme ambiant.
Il y a lieu dans un premier temps d'analyser les propos, à la recherche d'improbables arguments scientifiques.
Mais il s'agit aussi d'entrer plus que jamais en résistance contre les courants réactionnaires qui tentent ni plus ni moins de rendre la pédagogie responsable de tous les maux de la société.
Attention aussi à la nuance ministérielle : attaque-t-on le global ou le global et le semi-global ? L'enjeu est capital.
Fort curieusement, l'annonce d'une évaluation en CE1 et ce qu'elle induit provoque moins de réactions que la guerre donquichottesque contre la méthode globale.
Notons aussi une réflexion du ministre sur l'enseignement de l'histoire, en pleine ambiance révisionniste sur le colonialisme.



 


Robien: la méthode syllabique de lecture, c'est clair, limpide et explicite

AFP 05.01.06 | 11h27


Le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, a défendu, jeudi devant la presse, la méthode syllabique pour l'apprentissage de la lecture soulignant qu'elle devrait être la seule méthode utilisée, de façon "claire", "limpide" et "explicite".


Présentant la circulaire interdisant la méthode globale ou les approches assimilées qu'il a adressée mercredi aux inspecteurs d'académie et aux directeurs d'IUFM (instituts de formation des maîtres) et qui doit s'appliquer à la rentrée 2006, il a mis l'accent sur l'importance d'un apprentissage réussi.


"La première mission, le premier devoir de l'école, c'est d'apprendre à lire et à écrire à tous les petits Français. S'il ne devait rester qu'une seule mission, ce serait évidemment celle-là!", a-t-il dit.

"Ne jouons pas sur les mots, la méthode globale existe toujours. La méthode +pure+ n'existe plus mais les méthodes à départ global sont encore très couramment utilisées", a-t-il affirmé. "Or, les travaux des chercheurs montrent que ces méthodes sont beaucoup moins efficaces que les syllabiques et qu'elles sont même néfastes pour les enfants les plus fragiles. Les parents qui achètent chaque année 100.000 exemplaires d'une célèbre méthode syllabique ne le font pas sans raison", a-t-il ajouté.

Affirmant que lire ne doit pas "ressembler à une devinette ou un jeu d'hypothèses", M. de Robien a souligné : pour moi, c'est limpide. L'apprentissage doit commencer par le son et la syllabe. Il faut le dire clairement, nettement, explicitement et le faire savoir sans ambiguïté. Cela, je le dis avec force, n'avait jamais été fait et jusqu'ici les instructions avaient prêté à confusion".

Le ministre enfin a affirmé que cela n'empêcherait pas l'inventivité pédagogique mais il a bien précisé que "la liberté des enseignants s'exerçait dans le respect des programmes et instructions du ministre". "La liberté pédagogique n'est pas la liberté de faire n'importe quoi", a-t-il lancé.




Gilles de Robien : tous les enfants "lecteurs" en fin de CE1
Martine Laronche
Le Monde, vendredi 06-01-06

Le ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien, a rendu public, jeudi 5 janvier, une circulaire sur la meilleure façon de procéder pour apprendre à lire en CP. Il avait déclaré, le 7 décembre 2005, qu'il fallait "abandonner une fois pour toutes la méthode globale ou assimilée" (Le Monde du 13 décembre 2005).

Ce texte consacre l'importance de la méthode syllabique. "L'automatisation de la reconnaissance des mots nécessite des exercices systématiques de liaison entre les lettres et les sons et ne saurait résulter d'une mise en mémoire de la photographie de la forme des mots qui caractérise les approches globales de la lecture : j'attends donc des maîtres qu'ils écartent résolument ces méthodes qui saturent la mémoire des élèves sans leur donner les moyens d'accéder de façon autonome à la lecture", énonce le ministre de l'éducation dans son texte.

L'apprentissage de la lecture ne peut se limiter à l'acquisition du décodage, poursuit-il. "Déchiffrer les mots dans l'ordre constitue un savoir-faire indispensable, mais ne suffit pas : le but de la lecture est d'accéder au sens précis des mots, puis des phrases, puis des textes et non pas seulement au bruit des mots", précise la circulaire.

PAS DE REFONTE DES PROGRAMMES
A la fin du CP, tous les élèves devront avoir acquis "les techniques du déchiffrage et les automatismes" qui permettent la lecture autonome. Pour ceux qui n'y parviendraient pas, la généralisation de l'évaluation en début de CE1 (elle avait lieu jusqu'à maintenant en CE2) permettra d'analyser leurs difficultés, "afin de mettre immédiatement en place des programmes personnalisés de réussite éducative". "Tous (les) bénéficiaires (de ces programmes) doivent être réellement lecteurs à la fin de l'année de CE1", précise le texte.

Dans sa circulaire, M. de Robien exprime "toute sa confiance" à l'égard des "maîtres et maîtresses" qui ont droit à la "meilleure formation". Ainsi, formations initiale et continue devront consacrer "aux apprentissages premiers de la lecture un temps significatif". Les éditeurs de manuels scolaires doivent contribuer "à l'effort de recentrage des apprentissages premiers de la lecture", précise la circulaire. Enfin, le ministre préconise "que les parents soient informés du projet pédagogique" qui conduira leur enfant à l'apprentissage de la lecture.

La directive du ministre de l'éducation ne conduira pas à une refonte des programmes de 2002 pour l'école élémentaire, qui insistaient déjà sur l'importance du décodage dans l'apprentissage de la lecture. Considérant que le ministre ranimait une "polémique stérile" sur la question, une vingtaine d'organisations pédagogiques, d'universitaires et de syndicats de l'éducation nationale ont rendu public, mardi 3 janvier, un appel rappelant notamment que la méthode globale, déjà écartée des programmes, n'était pratiquement plus utilisée dans les classes (Le Monde du mercredi 4 janvier).




Syl-la-bi-que et plus globale

Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien a interdit jeudi la "méthode globale" d'apprentissage de la lecture o Une mesure qui s'appliquera dans les écoles à partir de septembre 2006 o
LIBERATION, vendredi 06-01-06
D'après AFP et Reuters

Le ministre de l'Education nationale a enterré jeudi la "méthode globale" d'apprentissage de la lecture qui "doit commencer par le son et la syllabe" et non par "la reconnaissance globale et quasi photographique" des mots. "La lecture ne doit en aucun cas être un exercice de devinette", a expliqué Gilles de Robien jeudi lors d'une conférence de presse. "J'attends donc des maîtres qu'ils écartent résolument ces méthodes qui saturent la mémoire des élèves sans leur donner les moyens d'accéder de façon autonome à la lecture", écrit-il par ailleurs dans une circulaire envoyée mercredi aux directeurs d'institut de formation des maîtres (IUFM) et aux inspecteurs d'académie. Dans le "Parisien" de jeudi, Robien glissait par ailleurs que "comme les cartables, ils (les programmes) sont beaucoup trop chargés". Gilles de Robien a ensuite repris un précepte de Montaigne dans cet entretien : "Il vaut mieux des têtes bien faites que bien pleines".

Si elle est d'application immédiate pour la formation des futurs instituteurs dans les IUFM, cette circulaire ne pourra être concrètement appliquée dans les écoles qu'à partir de la rentrée de septembre 2006, a précisé le ministre à la presse. Le retour à la méthode syllabique s'inscrit dans le plan pour l'égalité des chances à l'école présenté le 1er décembre par le Premier ministre, Dominique de Villepin, en réponse aux trois semaines de violences urbaines dans les banlieues.

Des pédagogues restent favorables à un mélange "à la carte" des méthodes syllabique et globale. Gilles de Robien s'est efforcé de répondre à leurs objections en citant les exemples des Etats-Unis, de l'Australie et de la Grande-Bretagne, qui ont pris récemment la même décision. "Ça marchera avec la méthode syllabique parce que ça marche dans tous les pays du monde avec la méthode syllabique", a dit le ministre. "Si 80% des élèves réussissent à apprendre à lire avec les méthodes mixtes ou semi-globales, couramment utilisées en France, "ce sont les 20% restant" qui le préoccupent. Or, les instructions transmises année après année au système éducatif "ont jusqu'ici prêté à confusion" et "sont demeurées ambiguës", a expliqué Gilles de Robien.

"Il y a des inspecteurs ou des enseignants qui ne savent plus exactement ce qui est demandé par l'Education nationale", a-t-il dit. "La circulaire met, je l'espère, un point final à toute ambiguïté, à toute interrogation." Vœu pieu : le principal syndicat d'enseignants du primaire, le SNUipp-FSU, a jugé jeudi la circulaire "affligeante" ("Ce n'est qu'un rideau de fumée masquant l'absence de dispositifs utiles tels que l'allègement des effectifs, le travail en petits groupes, l'accompagnement et le soutien..."). Quant à la méthode syllabique, "elle ne réussit pas dans tous les cas. La réussite ou l'échec ne sont pas dus aux seules méthodes utilisées. Beaucoup d'autres facteurs entrent en ligne de compte, c'est un phénomène complexe que d'apprendre à lire".


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