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L'UMP
étouffe un rapport d'un ami de Chirac contrecarrant le bien-fondé
du CPE.
Quand un patron de droite vante le CDI
par
Muriel GREMILLET
Libération, mardi 21 février 2006
C'est
le rapport de droite qui plombe la droite. En confiant à
l'automne à Henri Proglio, président du groupe Veolia
Environnement, un rapport sur l'insertion professionnelle des jeunes,
le gouvernement ne s'attendait sans doute pas à se voir proposer
un "anti-CPE". Baptisé ainsi par la gauche, ce
rapport, rendu public en catimini la semaine passée, préconise
une chose simple : il appelle les entreprises à faire du
CDI la "forme normale d'embauche" des jeunes. Proglio
(un proche de Jacques Chirac) et son groupe de travail notent que,
pour améliorer l'emploi des jeunes diplômés,
"les solutions ne sont ni du côté de la fuite
en avant vers la professionnalisation des études, ni dans
la multiplication des mesures incitatives pour favoriser l'embauche
des jeunes". En effet, "près de trente ans de mesures
jeunes ont fini par ancrer dans les esprits la conviction que l'on
ne peut débuter sa vie professionnelle sans bénéficier
d'une mesure incitative".
Discrétion.
En plein débat sur le CPE (contrat première embauche)
de telles conclusions font désordre. Au point d'enterrer
sans fleurs ni couronnes le travail du PDG de Veolia. Ce rapport
a été remis sans publicité, un soir à
Gérard Larcher, le ministre du Travail. Mais une fois le
49-3 dégainé par Villepin pour faire adopter sans
vote le projet sur l'égalité des chances. Le document
était pourtant prêt depuis au moins deux mois. "Certains
auteurs sont venus nous voir à l'Assemblée, raconte
Jean Glavany, député (PS) des Hautes-Pyrénées.
Ils se demandaient pourquoi leur travail n'était pas rendu
public." Le rapport invisible s'est ainsi invité dans
les débats à l'Assemblée. Le 8 février,
Glavany demande ainsi à Jean-Louis Borloo, le ministre de
l'Emploi, la communication du rapport de Proglio, qualifié
"d'ami personnel du président de la République,
ce qui n'est pas une honte mais prouve simplement qu'il n'est pas
un dangereux gauchiste". Le 9, Alain Vidalies, député
(PS) des Landes, revient à la charge et interpelle Gérard
Larcher: "Si vous ne souhaitez pas parler de ces travaux, c'est
que leurs conclusions doivent être contraires à vos
espérances."
Proche
du PS. Le rapport Proglio propose en effet des bonus, sous forme
d'exonérations de cotisations sociales, aux entreprises qui
embauchent des jeunes en CDI. Si les grands patrons de droite louent
le CDI ! Une proposition proche des ébauches du PS sur le
sujet (lire ci-contre). Incidemment, le patron de Veolia pourrit
aussi le Medef et sa présidente, Laurence Parisot, accusée
par une partie de ses troupes de ne pas être assez enthousiaste
sur le CPE qui apporte de la flexibilité dans le code du
travail.
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Qui
veut du CPE ? C'est pas les patrons
Nombre
d'entre eux reprochent au gouvernement de stigmatiser les jeunes,
et espèrent un contrat de travail unique plus souple.
par
Muriel GREMILLET et Stéphanie PLATAT
Libération, mercredi 22 février 2006
Surtout, pas d'enthousiasme délirant. Le contrat première
embauche (CPE), qui sera demain en débat au Sénat
et a motivé la motion de censure déposée par
la gauche et rejetée hier à l'Assemblée nationale,
a l'air de passer un peu au-dessus de la tête des patrons.
Le ton a été donné par le Medef, et sa présidente,
Laurence Parisot, qui s'est pour le moins montrée circonspecte
sur ce nouveau contrat de travail réservé aux moins
de 26 ans : "Parce qu'on a toujours dit qu'il n'est jamais
bon de traiter de manière spécifique une catégorie
de population." Des réserves, a-t-elle précisé,
mais "pas un feu rouge". Correctif maladroit, qui en dit
long sur l'accueil fait au CPE par les chefs d'entreprise. "Pour
une fois qu'on a un gouvernement qui se bouge, on ne va pas lui
tirer dessus à boulets rouges", modère Françoise
Cocuelle, la présidente du Centre des jeunes dirigeants (CJD).
Avant d'asséner : "Mais on ne prend pas le problème
du chômage à la racine, on continue à traiter
ça au coup par coup. Sans recul."
Contraintes. Beaucoup de DRH et de chefs d'entreprise reprochent
au gouvernement de ne pas avoir "eu le cran d'étendre
le CNE", le contrat nouvelles embauches, réservé
aux entreprises de moins de 20 salariés, à toutes
les entreprises. "Si l'idée est de nous permettre de
faire des contrats plus courts, de licencier plus facilement, de
nous adapter à nos marchés, alors il fallait y aller
franchement", note ce DRH d'une grosse PME de la métallurgie.
Presque le même reproche à l'Association nationale
des directeurs et cadres de la fonction personnel (ANDCP). "Nous
souhaitions être libérés des contraintes du
CDD qui est trop court ou comporte trop d'impératifs pour
voir se créer un CDD de mission qui aurait été
une alternative à la naissance du CNE", résume
Daniel Croquette, le délégué général
de l'association.
Résultat,
avant même d'être mis en place, le CPE est contesté
par le patronat à qui il était censé faire
plaisir : "Mes diplômés d'école de commerce,
si je leur propose un CPE, je suis sûr qu'ils iront chez les
concurrents, note une des responsables RH d'une entreprise de conseil.
Je parie que ceux qui ont quelque chose à vendre sur le marché
du travail, qui savent que les entreprises ont besoin d'eux, n'accepteront
pas la précarité pendant deux ans..." Et juré,
les employeurs ne souhaitent pas non plus offrir ça aux jeunes
entrant sur le marché du travail. C'est en substance ce qu'explique
le rapport remis par Henri Proglio, le PDG de Veolia Environnement,
à Gérard Larcher, le ministre du Travail. Selon ce
patron chiraquien, la norme d'embauche doit continuer à être
le CDI (lire Libération d'hier). Autre risque, pointé
par les juristes des entreprises et qui pourrait les dissuader d'user
du CPE comme du CNE, l'insécurité liée à
la rupture du contrat. Dans ces deux contrats, l'employeur peut
licencier le salarié sans avoir à motiver sa décision
dans les deux premières années. Ce qui peut camoufler
des motifs illégaux, mais suppose aussi que, dans bien des
cas, pour savoir pourquoi son contrat n'est pas prolongé
au-delà des deux ans, le salarié fera appel aux juges
des prud'hommes. "A terme, ça peut être un vrai
problème", note Françoise Cocuelle du CJD.
Premier
pas. En fait, le patronat n'espère qu'une chose. Que le CPE
ne soit qu'une première marche vers le fameux "contrat
de travail unique", remplaçant du CDD, du CDI, voire
de l'intérim. Avec une protection des salariés proportionnelle
à leur ancienneté et une flexibilité indexée
sur les impératifs économiques de l'entreprise, comme
le préconisait une note de l'OCDE début février.
Le Medef, le CJD, Croissance plus, tous militent pour un tel dispositif,
qui simplifierait le code du travail. Le Medef a mis en place une
commission sur le sujet, le gouvernement a la sienne et les syndicats
comptent répliquer rapidement. Mais, pour l'instant, les
contrats Borloo, plus le CNE, auxquels va s'ajouter le CPE, égalent
complication et doutes. Or, en matière de social, les patrons
ont horreur des choses compliquées. Au point de redorer le
blason du bon vieux CDI : "Franchement, licencier dans les
deux premières années un jeune en CDI, c'est pas une
affaire, raconte le patron d'une entreprise de travaux publics.
Sur ce point là, je ne vois pas l'intérêt du
CPE..."
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Les
premiers dossiers de salariés embauchés en CNE arrivent
aux prud'hommes
Le Monde, 15-02-06
Avec AFP
Renvoyé
pour avoir réclamé le paiement de ses "heures
sup", être tombé malade ou s'être promené
en jogging : six mois après la création du contrat
nouvelle embauche (CNE), les syndicats annoncent que les premiers
dossiers de salariés embauchés en CNE et contestant
le motif de leur licenciement arrivent aux prud'hommes.
Le responsable du service juridique de la CFDT, Didier Cochuat,
explique que le syndicat suit déjà "une dizaine
de dossiers : les premiers jugements interviendront dans trois ou
quatre mois". "Pour le moment, ce sont des licenciements
'pour l'exemple', destinés à bien faire comprendre
aux salariés de l'entreprise qu'ils doivent être malléables
et corvéables à merci", estime-t-il.
Les
autres syndicats commencent eux aussi à voir affluer les
dossiers, à Créteil, Aix-en-Provence, Bordeaux ou
Lyon. Ici, c'est un employé remercié pour dix minutes
de retard, là une jeune femme licenciée quelques jours
après avoir annoncé sa grossesse. Très souvent,
les salariés sont renvoyés après avoir réclamé
le paiement d'heures supplémentaires.
La
CGT évoque le cas d'un salarié licencié après
avoir prévenu son patron qu'il devait se faire opérer.
La CFTC a reçu l'appel d'un boucher du nord de la France
renvoyé pour avoir fait ses courses "en jogging",
un jour de repos, dans le supermarché où il travaille
habituellement.
Entré
en vigueur en août, le CNE est réservé aux entreprises
employant jusqu'à 20 personnes. Au cours des deux premières
années, l'employeur peut licencier son salarié sans
justifier sa décision. Au-delà, il devient un contrat
à durée indéterminée (CDI) classique.
"MULTIPLICATION DU CONTENTIEUX" DANS LES MOIS À
VENIR
"Le
gros des ruptures devrait intervenir entre le quinzième et
le vingtième mois", lorsque certains patrons vont vouloir
se séparer de leurs employés juste avant que le CNE
ne bascule en CDI, prévient M. Cochuat, qui s'attend à
une "multiplication du contentieux".
Pour
Philippe Masson, responsable juridique de la CGT, il est "difficile"
de faire émerger les plaintes car le CNE concerne des salariés
"peu syndiqués, à qui on a martelé qu'ils
n'avaient aucun droit". Autre difficulté : contrairement
à un CDI ou un CDD, c'est au salarié de prouver que
son licenciement est abusif.
"On
va utiliser à fond l'argument des motifs de licenciements
illégaux (discrimination, femmes enceintes, etc.)",
explique M. Masson. "A partir du moment où on leur fournit
quelques indices troublants, les prud'hommes ont un pouvoir d'investigation
assez large", souligne-t-il.
Les
syndicats remarquent également un effet pervers du CNE, qui
conduit à une multiplication des plaintes. "L'ignorance
du motif du licenciement va contraindre le salarié désirant
le connaître à assigner presque systématiquement
en justice son employeur", ont mis en garde des juristes en
droit du travail, samedi, dans une tribune du Monde.
"Les
nouveaux contrats, CNE et CPE, accroissent l'insécurité
sociale sans mettre les entreprises à l'abri des procédures
judiciaires", ont-ils prévenu. Le risque de contentieux
est d'autant plus important que les tribunaux auront, dans un premier
temps, à statuer sur la légalité même
du CNE et de sa période de "consolidation des droits"
de deux ans.
"Il
y a des ambiguïtés et ce sont les tribunaux qui vont
être amenés à prendre position dessus. Même
le Conseil d'Etat l'a reconnu : ces dossiers iront jusqu'à
la Cour de cassation", prévient déjà le
secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.
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Objet:
Coordination étudiante Toulouse
Voici
le dernier communiqué de presse de la Fédération
Syndicale Etudiante. En pièce jointe l'appel issu de la coordination
qui s'est tenue ce week end à Toulouse.
Communiqué
de la FSE suite à la coordination de Toulouse.
Samedi
25 février s'est tenue une nouvelle coordination nationale
à Toulouse, à l'Université Paul Sabatier, regroupant
32 délégations d'universités en mobilisation,
dans le but de maintenir et de développer la dynamique lancée
par la précédente coordination.
Il est clair que, malgré les vacances, la mobilisation a
continué de s'étendre :
28 universités mobilisées, dont 13 en grève,
12 avec des piquets de grève (chiffres de la coordination
toulousaine). Aujourd'hui encore, d'autres universités, notamment
sur Paris, sont entrées en grève avec
piquets.
La
Fédération Syndicale Etudiante soutient pleinement
la coordination des universités mobilisées, qui a
manifesté sa volonté de rallier un maximum de secteurs
dans la lutte contre la casse des droits des travailleurs, en élargissant
la plate-forme de revendications :
Un
emploi stable pour tous, retrait de tous les contrats précaires
- Retrait de la Loi sur l'Egalité des Chances, dont le CPE
fait partie (apprentissage à 14 ans, travail de nuit dès15
ans...)
- Le retrait du CNE
Le réengagement financier de l'Etat dans le Service Public
pour une Université Publique :
- Un plan pluriannuel de créations de postes à la
hauteur des besoins dans l'éducation nationale
- Le retrait de la loi Fillon
- La reconnaissance de nos diplômes
L'arrêt du traitement répressif des mouvements sociaux,
amnistie :
- Des lycéens qui ont participé au mouvement contre
la loi Fillon,
- Des personnes poursuivies suite à la révolte des
quartiers populaires en novembre 2005
- Des étudiants et des lycéens qui ont participé
au mouvement contre le CPE
La
Fédération Syndicale Etudiante s'associe également
aux journées d'action appelées par une coordination
commune des lycéen-e-s et des étudiant-e-s qui ont
pour objectif de maintenir et d'accentuer une dynamique de lutte,
et ce dans le but de réussir la journée du 7 mars,
et d'engager à partir de cette date un réel rapport
de force contre le gouvernement et le patronat, par la reconduction
de la grève :
- 28 février, mobilisation lycéenne et étudiante
avec appel à la grève et au blocage
- 2 mars, journée d'action nationale
- 7 mars, grève et manifestation interprofessionnelle
Nous
réaffirmons à nouveau la nécessité pour
les lycéen-e-s et les étudiant-e-s de se réunir
en Assemblées Générales, ceci afin de pouvoir
constituer de nouvelles coordinations capables d'unifier la lutte
contre précarité et la casse de tous nos acquis. La
FSE appelle donc toutes les universités à se mettre
en grève, et à se joindre à la coordination
nationale qui se tiendra à l'université de Jussieu
(Paris 8) le 4 mars.
Lycéens, étudiants, travailleurs, ce n'est que par
la grève générale que nous pourrons faire reculer
le gouvernement et le patronat, qui mettent à mal nos acquis
et nos conditions de vie !
Pour
la Fédération Syndicale Etudiante, le président
porte-parole
Basile Mouton
Pour tout contact : Basile Mouton06 84 92 88 89
fse.relations@luttes-etudiantes.com
Pour plus d'infos : www.luttes-etudiantes.com
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Des
bons collèges estampillés UMP
La
vraie priorité de Robien, c'est les copains d'abord
Brigitte Rossigneux
Le Canard Enchaîné, 08-02-06
Le
31 janvier dernier, l'Inspection Académique de Seine-Saint-Denis
convoquait 50 directeurs de collège du département
pour une importante réunion. En fait, ces fonctionnaires
ont eu droit à la visite surprise de Robien. But de l'opération
: tenter de désamorcer la fronde qui n'a cessé d'enfler
partout en Fra nce. Et en particulier dans le " neuf-trois
", où les profs, très remontés contre
la mise à la diète des ZEP, ont multiplié manifs
et occupations des bahuts.
Car
les critères retenus pour le nouveau plan ministériel
d'éducation prioritaire (1 000 enseignants et
3 000 assistants pédagogiques réservés à
un nombre limité de collèges) ne semblent pas tout
à fait innocents. Les fameux collèges estampillés
" Ambition-réussite " auraient-ils aussi l' "
ambition " d'assurer la " réussite " des municipalités
ou des circonscriptions UMP ?
Après
examen de la liste des établissements retenus, la réponse
est oui. A l'exception notable des deux académies de Lille
et de Créteil (qui compte, entre autres, la Seine-Saint-Denis),
les sélectionnés sont pour une très large part
situés dans des fiefs de droite.
A
la tête du client
On
est à cent pour cent dans l'académie de Nancy-Metz.
La ville de Nice, dirigée par Peyrat, transfuge du Front
national, décroche le label pour 3 des 5 collèges
de l'Académie. La cité phocéenne fait presque
aussi bien et rafle 18 des 22 bahuts à Aix-Marseille. Les
collèges sortis du lot dans celle d'Amiens (le fief de Robien)
et de Strasbourg sont aux trois quarts en terre UMP. Pour l'académie
de Versailles, on descend aux deux-tiers : Mantes-la-Jolie, où
sévit l'équipe de l'ancien ministre Bédier,
confisque la moitié des (futurs) moyens.
Et
à des milliers de kilomètres de là, dans les
DOM-TOM, même topo : 60% des " Ambitions-réussite
" de Guyane sont situés sur des communes UMP. Idem à
la Réunion. Ces deux académies font un bond prodigieux,
totalisant désormais autant d'établissements prioritaires
que toute l'Ile-de-France.
En
revanche, dans l'académie de Versailles, des départements
entiers ont été oubliés, comme le Val-d'Oise
(Sarcelles) ou les Hauts-de-Seine (Nanterre). " Personne ne
comprend les choix qui sont faits ", se désespère
un jeune prof.
Illustration
avec les résultats de l'évaluation d'entrée
en sixième. " Le Canard " a pu mettre son bec dans
le classement confidentiel des services académiques. Exemples
: le collège Jean-Vilar à Grigny (mairie PS), dans
l'Essonne, 417ème sur 417, pas retenu ; les Pyramides à
Evry (fief de Manuel Vals), 413ème, non sélectionné
; Jean Lurcat à Sarcelles (chez DSK), 412ème, écarté,
etc. Mieux, ce dernier établissement, classé ZEP,
va perdre 80 heures de cours à la rentrée 2006. Et
le cas n'est pas isolé.
"
Le gouvernement choisit ses pauvres ", persifle un syndicaliste
enseignant. Reste encore une cinquantaine d'EP 1 (établissements
prioritaires 1) à désigner. Le choix se fera à
la discrétion des recteurs. " C'est la prime à
qui râlera le plus. On va nous obliger à nous battre
entre nous. Et le ministère aura l'air d'être à
l'écoute ", décrypte un élu.
Et
pas besoin d'avoir la bosse des maths pour cette soustraction :
il y avait 874 collèges en ZEP, il y aura au mieux 220 "
Ambition-réussite ".
Et les 654 qui restent ?
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François Fillon à propos de la politique de son
successeur à l'Education nationale :
"Robien applique ma loi, sans le dire"
par
Emmanuel DAVIDENKOFF
Libération, lundi 13 février 2006
Pour
la première fois depuis son éjection du gouvernement
en juin 2005, François Fillon, aujourd'hui sénateur
et conseiller politique de Nicolas Sarkozy à l'UMP, revient
sur son passage à l'Education nationale et sur le sort que
Gilles de Robien, son successeur, réserve à la loi
d'orientation sur l'éducation.
Gilles
de Robien n'évoque quasiment jamais votre loi, qu'il est
pourtant censé appliquer. Surpris ?
Gilles
de Robien a été nommé avec la mission de l'enterrer,
mais je constate qu'il la met en oeuvre parce qu'elle est utile
et parce qu'il sait qu'il faut agir.
Enterrer
un texte qui émanait de deux années de "grand
débat" ?
A
l'époque, la peur du mouvement lycéen était
plus forte que tout.
Mais
le mouvement s'éteignait...
Ce
n'était pas forcément l'analyse de tout le monde.
A l'Elysée, le mot "prudence" était sur
toutes les lèvres.
On
a donc demandé à Robien de jouer les pompiers ?
Oui.
Mais je constate qu'aujourd'hui il met en oeuvre la plupart des
dispositions de cette loi, parfois sans le dire ! Il reste qu'il
doit maintenant s'attaquer à des sujets centraux tels que
la formation des enseignants et l'intégration des instituts
universitaires de formation des maîtres dans les universités,
la création de conseils pédagogiques dans les collèges
et les lycées, l'attribution d'un "crédit de
formation continue" pour les enseignants... Il faut que tout
cela soit mis en route. Et puis, sur certains sujets, il prend le
contre-pied de la loi.
Par
exemple ?
La
liberté pédagogique des enseignants. Je comprends
que Gilles de Robien ait eu envie de conforter une partie de l'opinion
en rédigeant une circulaire sur les méthodes d'apprentissage
de la lecture. Outre que cette querelle est déjà tranchée
depuis longtemps, c'est, selon moi, contraire à la liberté
pédagogique. Cela symbolise jusqu'à la caricature
notre système éducatif centralisé, hiérarchisé,
où le ministre décide dans le détail de ce
qui doit se passer dans chaque salle de classe !
A
quoi Gilles de Robien répond que la liberté pédagogique,
ce n'est pas la liberté de faire n'importe quoi...
Bien
sûr. C'est la liberté et l'évaluation. Ce que
je voulais, en inscrivant la liberté pédagogique dans
la loi, c'est que les enseignants soient jugés sur leurs
résultats plus que sur leurs méthodes. Il n'est pas
anormal qu'un enseignant puisse adapter les méthodes en fonction
des élèves qu'il a en face de lui. Je note d'ailleurs
que c'est l'orientation qu'ont prise les pays européens qui
ont les meilleurs résultats.
L'apprentissage
à 14 ans heurte aussi la philosophie de votre texte...
Je
ne suis pas favorable au fait que des enfants sortent du système
éducatif avant l'âge de 16 ans, ce qui sera, je le
crains, le cas. Je fais beaucoup de déplacements en ce moment
et observe de près les systèmes étrangers.
Je puis vous garantir qu'aucun pays développé n'envisage
de réduire ainsi la durée de la scolarité obligatoire.
L'accès aux études supérieures, l'université
et la recherche sont partout considérés comme prioritaires
pour permettre de survivre dans la société de la connaissance.
Je reviens d'Israël où Intel va ouvrir une usine de
microprocesseurs. Pourquoi là-bas, alors que la main-d'oeuvre
y est plus chère qu'en Asie et que les risques liés
à la situation géopolitique sont importants ? Parce
que la densité d'ingénieurs au kilomètre carré
y est remarquable. Cela étant, je ne suis pas opposé
à l'alternance, même précoce, mais dès
lors que l'on continue à enseigner aux élèves
les composantes du futur "socle commun de connaissances",
qui ne doit pas être un socle au rabais. Souvenez-vous : j'ai
même dit que, s'il fallait que certains élèves
suivent des cours au-delà de la scolarité obligatoire
pour dominer ce socle, eh bien, il faudrait que ce soit possible.
A
moins que la définition de ce socle soit suffisamment floue
pour qu'on puisse dire qu'un collégien en échec de
15 ans le maîtrise tout de même...
C'est
ma crainte. L'idée maîtresse de ma loi consistait à
créer des leviers de réforme. Ensuite, vous pouvez
exercer une force plus ou moins grande sur ces leviers. Pour le
socle, j'attends de voir. Celui-ci doit être resserré
mais exigeant.
Vous
aviez également prévu de programmer les recrutements
d'enseignants sur cinq ans, à une hauteur nettement plus
élevée que ce qui a été décidé
par Robien.
De
fait, je pensais qu'il fallait sanctuariser la question des recrutements,
notamment pour renouer la confiance avec les enseignants. La droite
a un problème avec l'école : on la soupçonne,
souvent injustement, de n'être mue que par l'objectif de faire
des économies. Du coup, tout ce que nous disons est lu à
travers ce filtre. En garantissant les recrutements, nous évacuions
partiellement ce soupçon.
Mais
le Conseil constitutionnel a retoqué cette partie de la loi...
Oui.
Et je ne l'ai toujours pas digéré, d'autant que je
me demande encore s'il n'y avait pas un aspect conjoncturel à
cette décision.
La
partie du texte qui a été retoquée fixait aussi
l'objectif de 50 % d'une classe d'âge dans le supérieur.
Mais pourquoi n'avoir rien fait sur l'université ?
Parce
que nous avions fort à faire avec la loi sur l'école
et la loi sur la recherche. Je vous rappelle que je n'étais
pas maître de ce calendrier, enclenché avant ma nomination.
De fait, il y avait probablement plus d'urgence à réformer
le supérieur que le scolaire : la descente aux enfers de
l'université française est inquiétante. J'espère
que cette question sera au coeur de notre projet pour 2007.
Pas
avant ?
J'en
doute.
Parce
que Jacques Chirac ne prendra pas le risque d'un mouvement étudiant
?
Disons
qu'il a une sensibilité exacerbée sur ce sujet.
Neuf
mois après avoir quitté l'Education nationale, avez-vous
un sentiment d'échec ?
C'est
une maison qui ne laisse pas indemne, et qui génère
souvent un sentiment d'impuissance. Mitterrand ou de Gaulle eux-mêmes,
faisant le bilan de leurs présidences, ont dit et écrit
qu'ils avaient l'impression d'avoir échoué sur ce
sujet. Si ma loi est mise en oeuvre dans son intégralité,
j'aurai contribué à débloquer le système
!
La
convention éducation de l'UMP se tient le 22 février.
Quel sera l'enjeu majeur ?
De
mon point de vue, l'un des noeuds à trancher touche à
l'articulation entre autonomie du terrain et centralisation. On
oppose trop souvent ces deux modèles ; je pense qu'on peut
inventer une nouvelle articulation.
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Dépêches
de l'Education du Jeudi 23 février 2006
Nuit militante dans une dizaine de collèges et lycées
de Seine-Saint-Denis
Des
professeurs et parents d'élèves ainsi que le Snes
ont annoncé jeudi soir qu'ils occupaient pour la nuit une
dizaine de collèges et lycées de Seine-Saint-Denis
ou y organisaient des soirées de discussions.
"Il
y a très peu de personnes qui restent, ça reste symbolique",
a déclaré de son côté l'inspecteur d'académie,
Jean-Pierre Delaubier, sur la base des premiers retours.
Selon
le Snes-FSU, premier syndicat d'enseignants du second degré,
des occupations avaient lieu dans quatre collèges classés
Ambition réussite (ou EP1) dans le plan pour l'Education
prioritaire de la rentrée 2006: Jean Moulin (Aubervilliers),
Jean Vilar (La Courneuve), Debussy (Aulnay-sous-Bois) et République
(Bobigny).
"Avec
ces occupations, nous voulons montrer que la lutte continue contre
la politique éducative du gouvernement: la loi Fillon, la
réforme des Zep, l'apprentissage à 14 ans", a
rappelé Goulven Kerien, secrétaire général
du Snes-93.
Des
actions étaient également en cours, selon la même
source, au collège Jean Jaurès (Villepinte), Jacques
Jorrissen (Drancy), Robespierre (Epinay-sur-Seine), Jean Jaurès
(Montfermeil), Travail (Bagnolet) et dans deux lycées: Liberté
(Romainville) et Frédéric Bartholdi (Saint-Denis).
Au
collège Jorissen, une trentaine de professeurs étaient
"sympathiquement pris en otages" par des parents d'élèves,
a annoncé Bénédicte Driard, représentante
de la FCPE, la principale fédération de
parents d'élèves.
Cette mère explique "avoir très peur d'une éducation
à deux vitesses et de l'apprentissage à 14 ans. Nous
voulons un avenir pour nos enfants dans le 93".
"Collège
Travail occupé par les parents, bonsoir": à Bagnolet,
les parents également mobilisés se relayaient au standard
téléphonique. Depuis un mois, il revendiquent avec
les enseignants des effectifs supplémentaires et un classement
en zone d'éducation prioritaire (ZEP) pour ce collège
où une enseignante a été agressée mi-janvier.
Au collège République à Bobigny, une trentaine
de professeurs étaient réunis, le temps de la soirée,
pour s'accorder sur une position commune, selon Julien Chalvet,
professeur de SVT. "Nous sommes classés EP1 mais les
moyens supplémentaires proposés ne nous permettront
pas de faire des classes
dédoublées, estime ce professeur.
Avant les vacances scolaires de février, une quinzaine d'établissements
du département avaient tour à tour organisé
des occupations nocturnes.
Dépêches de l'Education du vendredi 24 février
2006
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La
FCPE fustige l'expérimentation du "policier référent"
voulue par Sarkozy
La
FCPE, principale fédération de parents d'élèves,
a fustigé vendredi l'expérimentation décidée
par Nicolas Sarkozy d'un "policier référent"
présent une demi-journée ou une journée par
semaine dans les établissements scolaires des Hauts-de-Seine.
"Les
Hauts de Seine connaissent-ils une hausse alarmante de la délinquance
au sein des collèges ?, S'est-on assuré d'abord que
les collèges y disposent de personnels éducatifs en
nombre suffisant pour pallier les difficultés ordinaires
avant de faire appel à des mesures extraordinaires ?",
a interrogé la fédération dans un communiqué.
Elle
a mis en doute l'efficacité du "message" ainsi
adressé aux jeunes: "Sont-ils des délinquants
en puissance que la police doit surveiller jusque dans l'Ecole parce
que ceux chargés de les y encadrer ne sont pas à la
hauteur ?".
"De
qui, du policier ou de l'infirmière, de l'assistante sociale,
de l'adulte tuteur, les adolescents recherchent-ils l'écoute
et la compréhension ? Le ministre a-t-il donné de
la police une image telle que le policier puisse être l'adulte
auquel le jeune ira naturellement se confier ?", a-t-elle poursuivi.
"La
quasi totalité des manifestations de violence auront disparu
quand chaque élève aura le sentiment d'y être
accueilli pour réussir", a affirmé la FCPE, en
estimant que "le reste n'est qu'agitation et démagogie".
Le
ministre de l'Intérieur et président du Conseil général
des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy, a signé vendredi à
Nanterre "un protocole départemental expérimental
visant à renforcer la sécurité" dans les
collèges.
Il
prévoit la désignation d'un policier référent,
c'est-à-dire connu des familles, des élèves
et des enseignants", qui "pourra passer une demi-journée
ou une journée par semaine dans un collège pour que
ce ne soit pas aux familles ou enseignants d'aller au commissariat",
a déclaré le président de l'UMP.
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Des
critiques après la suggestion du ministre de mentionner l'origine
ethnique.
Sarkozy s'intéresse à la couleur des délinquants
par
Jacky DURAND
Libération, mardi 14 février 2006
Simple opportunité tactique ou stratégie préélectorale
? En faisant, hier, de la "transparence" le maître
mot de la publication du premier rapport mensuel de l'Observatoire
national de la délinquance (OND, lire ci-contre), le ministre
de l'Intérieur s'est risqué sur un terrain beaucoup
plus miné que la simple comptabilité des crimes et
des délits : celui des origines ethniques des personnes mises
en cause. Interrogé sur RMC-Info quelques minutes avant le
début de conférence de l'OND, Sarkozy s'est déclaré
favorable à la mention de l'origine des délinquants
dans les statistiques de la police : "Il faut faire de la transparence.
Il n'y a aucune raison de dissimuler un certain nombre d'éléments
qui peuvent être utiles à la compréhension de
certains phénomènes."
Le
24 janvier, déjà, le ministre de l'Intérieur
avait évoqué le "phénomène très
préoccupant" de "bandes constituées sur
des critères ethniques avec une violence endémique",
dans un discours prononcé à l'occasion des voeux du
syndicat de gardiens de la paix Alliance. Ce phénomène
était, selon lui, démontré par "les dernières
arrestations dans les transports en commun notamment". Le ministre
de l'Intérieur faisait notamment référence
aux violences dans le TER Nice-Lyon, aux premières heures
du 1er janvier 2006.
Précédents.
Sarkozy n'est pas le premier flic de France à aborder la
question des "critères ethniques". En 1990, une
polémique avait contraint le gouvernement Rocard à
retirer un décret autorisant les Renseignements généraux
à ficher "les opinions politiques, philosophiques, religieuses"
ainsi que "l'origine ethnique de certaines personnes".
Il y a dix ans, la police avait aussi envisagé un système
de fichage permettant de répertorier les "origines ethniques"
des gardés à vue.
La
"transparence" prônée aujourd'hui par Nicolas
Sarkozy sur les origines des mis en cause laisse sceptiques les
spécialistes de la délinquance, policiers ou chercheurs.
A
commencer par le président de l'OND, Alain Bauer, pilier
de la pensée sécuritaire, qui fut membre du cabinet
de Michel Rocard quand il était à Matignon, et Grand
Maître du Grand Orient de France. "Je suis dubitatif
sur l'utilité de créer un appareil statistique sur
les origines ethniques des mis en cause, indiquait-il hier à
Libération. Le risque de provoquer des effets pervers est
très important. On a déjà le fichier Canonge
qui donne des indications physiques sur les personnes recherchées.
Je ne crois pas qu'il existe de mécanisme ethnique ou cultuel
dans la construction de la criminalité. Il y a une réalité
démographique : les jeunes mâles sont davantage représentés
dans les populations issues de l'immigration et, par définition,
sont plus remuants que les vieilles dames."
Conditions
de vie. Dominique Achispon, secrétaire général
du Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire),
se demande "à quoi pourraient bien servir de telles
informations. On arrête un délinquant, pas parce qu'il
est noir ou arabe, mais parce qu'il a commis une infraction".
Un policier en poste en région parisienne constate : "C'est
vrai que dans la délinquance de voie publique que j'observe,
trois quarts des mis en cause sont issus de l'immigration, mais
ils sont aussi de nationalité française. Ce constat,
c'est celui de leurs conditions de vie."
Laurent
Mucchielli, directeur du Centre de recherches sociologiques sur
le droit et les institutions pénales, affirme (1) que "la
part prise par des jeunes issus de l'immigration dans certains types
de délinquance est d'abord la conséquence de leur
position sociale. Ces jeunes sont avant tout des enfants des quartiers
ouvriers, des fils de familles nombreuses, les moins armés
scolairement et les plus précaires économiquement".
(1)
Dans un ouvrage collectif, La République mise à nue
par son immigration (éd. La Fabrique), à paraître
début mars.
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Selon
un rapport gouvernemental, l'immigration s'est stabilisée
depuis 2004
Laetitia Van Eeckhout
Le Monde, 10-20-06
LE
COMITÉ interministériel de contrôle de l'immigration
devait examiner, jeudi 9 février, l'avant-projet de loi présenté
par le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, (Le Monde
du 8 février), mais aussi adopter le rapport sur "Les
orientations de la politique de l'immigration" que le gouvernement
doit remettre dans les prochains jours aux parlementaires.
Fournissant
une évaluation d'ensemble de l'immigration en France, ce
rapport révèle que 2004 a été "une
année de grande stabilité" des flux migratoires
réguliers. Les données provisoires pour 2005 s'inscrivent
dans la même tendance. La stabilité s'observe pour
le nombre de visas accordés, pour le nombre de titres de
séjour délivrés (164 234), et même pour
les demandes d'asile. Quelque 45 000 étrangers sont déboutés
chaque année du droit d'asile, rappelle le gouvernement,
qui met l'accent, dans son rapport, sur les progrès réalisés
dans la lutte contre l'immigration irrégulière, tout
en les jugeant "insuffisants".
Si
le nombre d'arrivées se stabilise en 2004 et 2005, l'immigration
pour motifs familiaux reste dominante. "Toutes les composantes
de l'immigration familiale progressent depuis 2000", insiste
le rapport. La progression la plus forte affecte le nombre des conjoints
de Français (49 888 en 2004 contre 29 946 en 2000) et les
étrangers admis au séjour en raison de leurs liens
personnels et familiaux en France (13 989 en 2004 contre 5 093 en
2000). Deux domaines sur lesquels Nicolas Sarkozy entend agir avec
son projet de loi. Ne représentant qu'un quart de l'immigration
familiale, le regroupement familial, dont le gouvernement veut aussi
durcir les conditions, se stabilise pour sa part (20 365 en 2005).
La
France n'est cependant pas, aujourd'hui, un pays d'immigration massive,
comme le met en évidence une synthèse réalisée
en 2005 par l'Institut national d'études démographiques
(INED), à partir des données d'Eurostat et de l'Observatoire
démographique européen. Il suffit de superposer les
deux composantes de la croissance démographique (l'excédent
naturel des naissances sur les décès et le solde migratoire)
pour se rendre compte que l'immigration n'apporte, en France, qu'une
contribution minoritaire à la croissance démographique
(entre 25 % et 40 %).
Les
flux migratoires actuels sont très loin d'atteindre les niveaux
des années 1950-1974. Aussi, avec un accroissement naturel
dynamique (807 000 naissances pour 537 000 décès,
selon l'Insee), la France fait-elle figure d'exception dans l'Europe
vieillissante. "Elle est même le seul grand pays d'Europe
où la contribution de l'immigration à la croissance
démographique reste minoritaire depuis dix ans", insiste
François Heran, directeur de l'INED. Chez la plupart de ses
voisins européens (Allemagne, Italie, Portugal, Grèce,
Royaume-Uni, Suisse), la croissance est due à l'immigration
à plus de 50 %, voire 100 %.
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Immigration-sans-papiers-IDF,2ELEAD
Projet Sarkozy: la Maison des métallos occupée par
des sans-papiers
PARIS,
24 fév 2006 (AFP) - Des sans-papiers et leurs soutiens ont
occupé vendredi après-midi la Maison des métallos
à Paris pour protester notamment contre le projet de loi
de Nicolas Sarkozy sur l'immigration, en cours d'élaboration,
a annoncé l'association Droits devant !
Les manifestants ont été évacués, à
la demande de la mairie de Paris, "en raison des dangers sérieux
que leur faisait courir le chantier actuellement en cours dans cet
équipement culturel", a précisé la municipalité
dans un communiqué.
L'occupation avait commencé à 15h30, selon Droits
devant !.
La police a évacué les manifestants en début
de soirée, a indiqué la préfecture de police,
sans faire état d'incidents.
Mouloud Aounit, secrétaire général du Mouvement
contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap),
a précisé à l'AFP que "plus de 250 sans
papiers" étaient sur place.
Selon la police, les occupants étaient au nombre de 80 environ.
"On veut y rester comme un point d'ancrage" contre "cette
politique qui consiste à gérer une immigration de
façon jetable et à créer les conditions du
vide avec des expulsions massives pour aller chercher une autre
immigration qui corresponde mieux aux souhaits du Medef", a
ajouté M. Aounit.
Pour Droits devant, l'occupation s'inscrit dans "une mobilisation
déterminée et de long terme" contre le texte
qui cherche à "amplifier une chasse aux sans-papiers
sans précédent, instituer un néo-esclavagisme
à
partir du thème de +l'immigration choisie (quotas)+...".
"Depuis Vichy et ses lois odieuses, jamais un gouvernement
n'était allé aussi loin dans la spoliation, jamais
les droits fondamentaux n'avaient eu à subir autant d'outrages,
jamais la stigmatisation et les discriminations n'avaient été
aussi clairement énoncées", a affirmé
l'association.
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Inquiétude
des associations de lutte contre les discriminations
Philippe Allienne
Le Monde, 12-02-06
Le
projet de loi sur l'égalité des chances prévoit
la création d'un nouvel établissement public national
: l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité
des chances (Ancsec).
Moins
médiatisée que le passage en force du contrat première
embauche (CPE), cette mesure suscite l'inquiétude du monde
associatif, qui craint d'être l'orphelin du Fonds d'action
et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations
(Fasild).
La
nouvelle agence sera en effet le résultat de la fusion du
Fasild, de la délégation interministérielle
à la ville (DIV) et de l'Agence nationale de lutte contre
l'illettrisme. Depuis 2001, le Fasild avait entrepris un important
travail d'accompagnement des associations en donnant une priorité
à la lutte contre les discriminations.
"GUICHET
UNIQUE"
"Dans le Nord - Pas-de-Calais, dit un de ses dirigeants, la
mayonnaise avait particulièrement bien pris." Les 400
associations jusqu'ici financées par le Fasild craignent
de ne plus être écoutées.
En
écho, les chargés de missions du Fasild s'interrogent
sur l'avenir des comités régionaux pour l'intégration
et la lutte contre les discriminations (Crild). Ces instances favorisent
la concertation avec les représentants de l'Etat, les partenaires
sociaux et des personnes qualifiées.
"La
nouvelle agence ferait office de guichet unique pour la politique
de la ville", explique Mohamed Boughezda, du Crild Nord - Pas-de-Calais.
"On a l'impression, renchérit Moussa Naït, membre
du Crild, que le guichet unique sera à la disposition des
collectivités locales et territoriales. Ces dernières
disposeront d'une manne (500 millions d'euros) qu'elles distribueront
aux associations. Avec le risque de clientélisme que cela
peut supposer."
"Le
Fasild est un organisme neutre qui traite les dossiers de manière
autonome, complète Ourdia Mezine, directrice d'une association
dunkerquoise d'insertion. Sa politique d'accompagnement aux projets
a cassé les vieux discours d'assistanat aux associations
d'immigrés. S'il perd ses missions, que deviendra notre travail
de terrain ?"
"L'Agence
nationale sera départementalisée, dénonce Moussa
Allem, syndicaliste et chargé de mission au Fasild Nord -
Pas-de-Calais. Cela va casser les thématiques régionales
sur lesquelles nous travaillons."
Au
niveau national, le Fasild affirme, contre l'avis de plusieurs directions
régionales, que rien ne changera fondamentalement. De son
côté, le ministre de l'emploi, de la cohésion
sociale et du logement, Jean-Louis Borloo, promet une rallonge budgétaire.
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Un
magistrat sanctionné pour avoir critiqué Nicolas Sarkozy
Nathalie
Guibert
LE MONDE, 07.02.06
Il semble difficile, pour les magistrats du parquet, de participer
au débat public : Didier Peyrat, vice-procureur chargé
des mineurs à Pontoise, a reçu, jeudi 2 février,
un avertissement pour avoir publié deux tribunes dans "
Libération " et " Le Monde ", à l'occasion
des violences urbaines de novembre 2005.
La sanction lui sera notifiée prochainement par le procureur
général près la cour d'appel de Versailles,
Jean-Amédée Lathoud, haut magistrat qui a supervisé
l'affaire d'Outreau lors de son précédent poste, à
Douai (Nord), et qui sera bientôt entendu par la commission
d'enquête parlementaire sur les responsabilités de
la hiérarchie judiciaire dans cette affaire.
Les termes de ces articles de presse "me paraissent contraires
aux obligations de réserve et de prudence", a écrit
le procureur général.
Les syndicats de magistrats ont été saisis de l'affaire.
Le premier article en cause, intitulé "Banlieues : Mai
68 ou Weimar", est paru dans " Libération ",
le 8 novembre 2005. "Les événements qui se déroulent
dans les banlieues françaises prouvent l'échec radical
de la droite dans ses politiques de sécurité depuis
avril 2002 ", y écrivait le magistrat. " Mais on
aurait tort de ne voir que le bilan piteux de la majorité
UMP. " (...) Nous savons maintenant que la criminalité
est toujours là, tenace. Elle a résisté à
vingt années de politique de la ville ; (...) aux démonstrations
de virilité télégénique de Nicolas Sarkozy
; comme à l'augmentation des effectifs de police."
Dans " Le Monde " du 17 novembre 2005, sous le titre "Incendiaires
et cogneurs", M. Peyrat appelait à faire le tri parmi
"les jeunes des banlieues", contestant l'existence d'un
mouvement de masse contre
l'injustice sociale. Il ajoutait : "Luttons contre les causes.
Bannissons les mots vulgaires, les insultes, la démagogie
de M. Sarkozy.. Faisons de la prévention. (...) Mais d'abord
il faut vaincre le mal, à
l'aide de ce bien commun : le droit."
Le procureur général relève des "critiques
visant la politique pénale impulsée par le gouvernement
pour lutter contre les violences urbaines". Mais aussi le fait
que "M. Peyrat évoque la "virilité télégénique"
et la "démagogie" du ministre de l'intérieur".
Le magistrat se réfère, lui, à la liberté
d'expression, reconnue à tout citoyen par la Constitution
et aux magistrats par leur statut. La réserve, souligne M.
Peyrat, se comprend comme l'interdiction de mêler des considérations
politiques à l'activité dans la sphère professionnelle.
Les discours de M. Sarkozy ont, selon lui, "provoqué
l'ouverture d'un débat public" et "pouvaient avoir
un effet sur le
climat dans lequel la justice pouvait faire son travail". Quant
à la politique menée lors des violences urbaines,
il affirme qu'elle n'est pas directement en cause. Au contraire,
explique-t-il, "j'ai contribué
à (sa) mise en oeuvre" : "Les consignes concernant
les détentions de mineurs, instructions avec lesquelles j'étais
en désaccord, ont été suivies."
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"On
peut assister en 2007 à une forme de révolte conservatrice"
Erwan Lecur, directeur scientifique de l'Observatoire du débat
public
Propos
recueillis par Raphaëlle Bacqué
Le Monde, 19-02-06
Vous
analysez, au sein de l'Observatoire du débat public, les
représentations sociales des Français. Quelle est
celle qui domine ces cinq dernières années ?
Ce qui domine, dans toutes les enquêtes qualitatives et les
entretiens individuels qui servent de support à nos travaux,
c'est l'idée que notre pays, mais aussi le monde, se présente
de plus en plus comme un champ de ruines. Le 11-Septembre en a offert
l'illustration concrète avec l'effondrement du World Trade
Center. Mais, en l'espace de deux ans, le sentiment de menace global
pesant sur les Français a encore grandi. L'été
2003 avait été marqué par la canicule. L'année
2005 s'est ouverte sur le tsunami, puis la crise pétrolière,
les attentats de Londres ou le virus de la grippe aviaire. Ce n'est
donc pas seulement la crise française qui s'exprime, mais
une véritable "catastrophisation" du monde qui
fait irruption dans notre quotidien. Le réchauffement de
la planète peut ainsi provoquer la canicule et des milliers
de morts dont nos propres parents. La présence d'images venues
du monde entier sur nos télévisions pousse pourtant
chacun à évaluer continuellement le niveau de danger
et cette connexion aux médias alimente ce sentiment d'insécurité.
Mieux, les images nous poussent à créer des analogies
: on a parlé lors des émeutes de banlieues "d'Intifada"
parce qu'un bus qui brûle à Jénine ressemble
à un bus qui brûle à Clichy. Vu de France, le
"champ de ruines" est désormais global, ou plus
exactement glo-cal, à la fois planétaire et hyper-local.
Et la globalisation des problèmes produit un affaissement
de la double référence à la nation et à
l'Europe.
Notamment
parce qu'il se conjugue à une impuissance des dirigeants
politiques ?
Oui. Et je ne parle pas seulement de nos dirigeants, mais des figures
de recours en général, car n'oubliez pas que chacun
est désormais informé immédiatement de la marche
du monde entier. Or chaque nouvelle crise, chaque nouvelle catastrophe
montre à quel point les pouvoirs institués sont incapables
tant de prévenir que de réagir. Ni les Etats ni les
organisations internationales. L'impuissance de George W. Bush face
au cyclone Katrina a été perçue comme un élément
très révélateur de l'impuissance publique.
Enfin, certains événements ont marqué pour
nous la fin de l'immunité française.
Vous
voulez dire la fin de notre préservation ?
La contradiction, en tout cas, entre nos choix et la réalité.
Ainsi, la France refuse de faire la guerre en Irak, mais Florence
Aubenas est tout de même enlevée. Nous croyons avoir
un modèle social, et soudain nos usines sont délocalisées.
Le tsunami se passe à l'autre bout du monde, mais nos touristes
sont touchés. C'est la théorie du chaos appliquée
: un battement d'aile de papillon au bout du monde a des effets
jusque chez nous. Du coup, le sentiment d'insécurité
individuelle que l'on a vu notamment s'exprimer en 2002 s'est élargi
à un sentiment d'insécurité globale.
Sentiment d'insécurité qui s'est exprimé dans
le refus de la Constitution européenne, le 29 mai 2005 ?
Oui, et qui a fait que ce président, Jacques Chirac, qui
tentait de rassurer, "N'ayez pas peur", a paru si décalé.
En moins d'une année, des élections européennes
du printemps 2004 au référendum du printemps suivant,
l'Union élargie à vingt-cinq pays est passée,
dans les esprits, du statut de projet mal défini à
celui d'enjeu, puis de refus.
Ce non au référendum n'était-il pas aussi un
élément supplémentaire de la contestation désormais
systématique du pouvoir en place...
On note en effet une forme de mutinerie permanente, désormais.
Entre le 21 avril, les régionales, le référendum,
on assiste non pas tant à une protestation qu'à un
usage stratégique de son bulletin de vote pour ébranler
le système. J'appellerais cela un "vote d'armement",
plutôt qu'un vote protestataire.
Plus
qu'une alerte aux dirigeants, il y aurait donc la volonté
de les renverser ?
Tout se passe en tout cas comme si un nombre de plus en plus important
de nos concitoyens, ne se retrouvant pas dans le clivage droite-gauche,
avaient décidé de se transférer brutalement
de bâbord à tribord du navire devenu tanguant de la
politique, pour jeter à la mer, scrutin après scrutin,
leurs capitaines, quels qu'ils soient. Parallèlement, on
constate depuis le 21 avril ce que j'appelle une "tentation
romantique de la ruine" : puisque tout se vaut, puisque rien
n'empêche la catastrophe, cela veut donc dire que rien n'est
possible par la voie institutionnelle classique. La certitude, qui
peu à peu s'installe, que la ruine est inéluctable
et, parallèlement, ce désir de mutinerie permanente
peuvent aboutir à ce que certains qualifient de situation
préinsurrectionnelle.
Y
a-t-il des valeurs ou des lieux qui paraissent des refuges ?
Lors du tsunami, des millions de gens ont fait des dons, mais on
a vu aussi des Français partir sur place pour se muer en
infirmiers. De la même façon, lors des émeutes
de banlieues, de simples citoyens se sont organisés pour
faire des rondes avec extincteurs contre les incendies de leurs
voitures ou de leurs écoles. Mais c'est surtout la famille
qui est désormais perçue comme le seul espace qui
compte vraiment. Car c'est bien là que les Français
ont le sentiment qu'il faut commencer à réapprendre
les règles et les valeurs de la vie en société.
La canicule a souligné que l'on avait délaissé
nos parents et la révolte des banlieues que l'on ne savait
plus s'occuper de nos enfants. Dans ce cadre-là, la famille
n'est-elle pas symboliquement très ébranlée
?
La vision de médias débordés, de politiques
à la remorque, l'improvisation des institutions face à
un événement qu'elles ne comprenaient pas ont eu pour
résultat de renvoyer la réponse de la sphère
publique vers celle du privé. Derrière la "peur
du jeune" est ainsi posée la question du rapport entre
les parents et les enfants, appréhendée comme la cause
de fond d'une déliquescence générale qui nourrit
le désarroi des uns et des autres. La crise des banlieues
a montré que des enfants livrés à eux-mêmes
peuvent mettre la société en danger.
Ainsi,
la jeunesse représente aussi une menace ?
Ces "enfants terribles" des banlieues, renvoient aux désordres
de "nos" enfants censés être "bien élevés",
mais dont certaines réactions nous échappent. Et la
crise des banlieues est interprétée comme une crise
de l'autorité et des valeurs pénétrant aussi
bien la sphère privée que publique. Désormais,
on a à la fois peur pour nos enfants et peur de nos enfants.
Et, à droite comme à gauche, nous avons pu constater
clairement la même attente de reprise en main qui a conduit
la plupart, par-delà les clivages partisans, à accepter
l'état d'urgence et le couvre-feu pour les mineurs et à
dire vouloir revenir soi-même à plus de sanctions et
d'autorité.
La
crise des banlieues est-elle pour autant perçue comme une
des formes efficaces de la mutinerie politique que vous décriviez
plus tôt ?
Ce fut une forme d'événement inédite, non seulement
parce qu'elle a été ultra-médiatique, mais
parce qu'elle n'a eu aucune revendication officielle et personne
pour porter la parole d'un mouvement tout entier réduit à
des actes violents. Or le mouvement des banlieues s'est révélé
très efficace, malgré son absence de parole, alors
que l'on voit des dirigeants politiques qui ne cessent de parler,
mais ne mobilisent personne. Le mouvement a en tout cas posé
toutes les questions que l'opposition ne parvenait pas à
formuler : sur les choix économiques du gouvernement comme
sur le rôle de Nicolas Sarkozy.
Si
la peur du chaos global, la volonté d'ébranler le
système, le désir d'un retour à l'autorité
sont des lignes de fond de la société, quelle traduction
politique peut-on en attendre en 2007 ?
Deux logiques sont à l'uvre, que l'on pourrait appeler
la logique des gardiens et la logique des mutants. L'entrechoquement
de ces deux logiques, parfois chez une même personne, fait
que l'on peut assister en 2007 à une forme de révolte
conservatrice, à une demande de retour à l'ordre sur
le fond et à un renouvellement sur la forme. En tout cas,
cela explique le succès actuel de Nicolas Sarkozy. Sa posture
correspond à une demande sociale. Je dis bien sa posture.
Ce ne sont pas ses idées qui sont forcément majoritaires
: il était pour l'intervention en Irak, contrairement à
la majorité des Français, et son libéralisme
économique est loin de correspondre à ce que veut
réellement le pays. Mais il présente l'avantage de
se positionner sur la sanction et sur les valeurs. Ségolène
Royal peut peut-être, elle aussi, correspondre à un
besoin de réassurance, notamment familial, allié au
sentiment de nouveauté. Mais un candidat qui aurait pour
programme une certaine forme de dépassement pourrait lui
aussi rencontrer le succès.
Le
vote de mutinerie peut-il s'exercer par "anticipation"
contre ceux qui sont plébiscités par les sondages
?
C'est pire que cela : ceux qui paraissent être portés
par les médias et le système - plus encore que par
les sondages - ont de grands risques d'être battus, tant est
fort le désir de s'autonomiser et de sortir de cette massification
étouffante de la société. C'est cela que les
médias et les élites ne s'avouent jamais tout à
fait : à chaque fois qu'ils supportent un candidat, celui-ci
est balayé. Nous ne devons pas sous-estimer non plus la force
des électeurs, qui, à chaque élection, choisissent
d'abord le candidat "refusant", celui qui dit "non"
: des Jean-Marie Le Pen, des José Bové ou des Olivier
Besancenot. Et, plus généralement, le nombre très
important de Français qui attendent désormais une
divine surprise. Il reste cependant une dernière question
d'importance : vu les mouvements sociaux et les crises que connaît
très régulièrement notre société,
le système réussira-t-il à faire patienter
les Français jusqu'en 2007 ?
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