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Etat d'urgence
Réagir à la " farce tragique " ...
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ETAT D'URGENCE

Tome 10

Essayer d'aborder la question des banlieues dans sa complexité.

Dénouer les fils de l'action (ou de l'inaction) gouvernementale, la pièce de théâtre que l'on nous joue étant mise en scène essentiellement en fonction de 2007.

Regretter que le PS ait été également en dessous de tout dans cette crise : accepter l'Etat d'urgence était scandaleux, l'attentisme minable, l'abandon à la fatalité et les objectifs politiciens tout autant.

Mais surtout tenter de comprendre le malaise des banlieues et de ses jeunes, que nous accompagnons dans nos classes en éduquant au vivre ensemble, tout en essayant de donner du sens aux apprentissages. Pour cela, l'avis de sociologues, de journalistes et de quelques politiques éclairés est fort utile.

Agir ? Réagir d'abord à la " farce tragique " au côté des associations, syndicats et partis. Nous exprimer nombreux avec l'éclairage de notre spécificité d'enseignants.

Communiquer pour aider les citoyens (dont nous faisons partie) à analyser la situation et à se situer politiquement sans sombrer dans les dangereuses simplifications sécuritaires ni dans les réductions faciles de certains courants d'extrême gauche.

Et continuer notre tâche sur le long terme en sachant que l'école ne pourra pas changer les choses à elle toute seule, mais que sans elle il n'y aura pas non plus de lendemains qui chantent.

Voir les tomes 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 sur http://udas.org



Sommaire
  • L'UMP étouffe un rapport d'un ami de Chirac contrecarrant le bien-fondé du CPE.
  • Quand un patron de droite vante le CDI
  • Qui veut du CPE ? C'est pas les patrons
  • Les premiers dossiers de salariés embauchés en CNE arrivent aux prud'hommes
  • Objet: Coordination étudiante Toulouse
  • Des bons collèges estampillés UMP
  • François Fillon à propos de la politique de son successeur à l'Education nationale :
    "Robien applique ma loi, sans le dire"
  • Nuit militante dans une dizaine de collèges et lycées de Seine-Saint-Denis
  • La FCPE fustige l'expérimentation du "policier référent" voulue par Sarkozy
  • Des critiques après la suggestion du ministre de mentionner l'origine ethnique.
  • Sarkozy s'intéresse à la couleur des délinquants
  • Selon un rapport gouvernemental, l'immigration s'est stabilisée depuis 2004
  • Projet Sarkozy: la Maison des métallos occupée par des sans-papiers
  • Inquiétude des associations de lutte contre les discriminations
  • Un magistrat sanctionné pour avoir critiqué Nicolas Sarkozy
  • "On peut assister en 2007 à une forme de révolte conservatrice"

L'UMP étouffe un rapport d'un ami de Chirac contrecarrant le bien-fondé du CPE.
Quand un patron de droite vante le CDI

par Muriel GREMILLET
Libération, mardi 21 février 2006

C'est le rapport de droite qui plombe la droite. En confiant à l'automne à Henri Proglio, président du groupe Veolia Environnement, un rapport sur l'insertion professionnelle des jeunes, le gouvernement ne s'attendait sans doute pas à se voir proposer un "anti-CPE". Baptisé ainsi par la gauche, ce rapport, rendu public en catimini la semaine passée, préconise une chose simple : il appelle les entreprises à faire du CDI la "forme normale d'embauche" des jeunes. Proglio (un proche de Jacques Chirac) et son groupe de travail notent que, pour améliorer l'emploi des jeunes diplômés, "les solutions ne sont ni du côté de la fuite en avant vers la professionnalisation des études, ni dans la multiplication des mesures incitatives pour favoriser l'embauche des jeunes". En effet, "près de trente ans de mesures jeunes ont fini par ancrer dans les esprits la conviction que l'on ne peut débuter sa vie professionnelle sans bénéficier d'une mesure incitative".

Discrétion. En plein débat sur le CPE (contrat première embauche) de telles conclusions font désordre. Au point d'enterrer sans fleurs ni couronnes le travail du PDG de Veolia. Ce rapport a été remis sans publicité, un soir à Gérard Larcher, le ministre du Travail. Mais une fois le 49-3 dégainé par Villepin pour faire adopter sans vote le projet sur l'égalité des chances. Le document était pourtant prêt depuis au moins deux mois. "Certains auteurs sont venus nous voir à l'Assemblée, raconte Jean Glavany, député (PS) des Hautes-Pyrénées. Ils se demandaient pourquoi leur travail n'était pas rendu public." Le rapport invisible s'est ainsi invité dans les débats à l'Assemblée. Le 8 février, Glavany demande ainsi à Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Emploi, la communication du rapport de Proglio, qualifié "d'ami personnel du président de la République, ce qui n'est pas une honte mais prouve simplement qu'il n'est pas un dangereux gauchiste". Le 9, Alain Vidalies, député (PS) des Landes, revient à la charge et interpelle Gérard Larcher: "Si vous ne souhaitez pas parler de ces travaux, c'est que leurs conclusions doivent être contraires à vos espérances."

Proche du PS. Le rapport Proglio propose en effet des bonus, sous forme d'exonérations de cotisations sociales, aux entreprises qui embauchent des jeunes en CDI. Si les grands patrons de droite louent le CDI ! Une proposition proche des ébauches du PS sur le sujet (lire ci-contre). Incidemment, le patron de Veolia pourrit aussi le Medef et sa présidente, Laurence Parisot, accusée par une partie de ses troupes de ne pas être assez enthousiaste sur le CPE qui apporte de la flexibilité dans le code du travail.


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Qui veut du CPE ? C'est pas les patrons

Nombre d'entre eux reprochent au gouvernement de stigmatiser les jeunes, et espèrent un contrat de travail unique plus souple.

par Muriel GREMILLET et Stéphanie PLATAT
Libération, mercredi 22 février 2006


Surtout, pas d'enthousiasme délirant. Le contrat première embauche (CPE), qui sera demain en débat au Sénat et a motivé la motion de censure déposée par la gauche et rejetée hier à l'Assemblée nationale, a l'air de passer un peu au-dessus de la tête des patrons. Le ton a été donné par le Medef, et sa présidente, Laurence Parisot, qui s'est pour le moins montrée circonspecte sur ce nouveau contrat de travail réservé aux moins de 26 ans : "Parce qu'on a toujours dit qu'il n'est jamais bon de traiter de manière spécifique une catégorie de population." Des réserves, a-t-elle précisé, mais "pas un feu rouge". Correctif maladroit, qui en dit long sur l'accueil fait au CPE par les chefs d'entreprise. "Pour une fois qu'on a un gouvernement qui se bouge, on ne va pas lui tirer dessus à boulets rouges", modère Françoise Cocuelle, la présidente du Centre des jeunes dirigeants (CJD). Avant d'asséner : "Mais on ne prend pas le problème du chômage à la racine, on continue à traiter ça au coup par coup. Sans recul."
Contraintes. Beaucoup de DRH et de chefs d'entreprise reprochent au gouvernement de ne pas avoir "eu le cran d'étendre le CNE", le contrat nouvelles embauches, réservé aux entreprises de moins de 20 salariés, à toutes les entreprises. "Si l'idée est de nous permettre de faire des contrats plus courts, de licencier plus facilement, de nous adapter à nos marchés, alors il fallait y aller franchement", note ce DRH d'une grosse PME de la métallurgie. Presque le même reproche à l'Association nationale des directeurs et cadres de la fonction personnel (ANDCP). "Nous souhaitions être libérés des contraintes du CDD qui est trop court ou comporte trop d'impératifs pour voir se créer un CDD de mission qui aurait été une alternative à la naissance du CNE", résume Daniel Croquette, le délégué général de l'association.

Résultat, avant même d'être mis en place, le CPE est contesté par le patronat à qui il était censé faire plaisir : "Mes diplômés d'école de commerce, si je leur propose un CPE, je suis sûr qu'ils iront chez les concurrents, note une des responsables RH d'une entreprise de conseil. Je parie que ceux qui ont quelque chose à vendre sur le marché du travail, qui savent que les entreprises ont besoin d'eux, n'accepteront pas la précarité pendant deux ans..." Et juré, les employeurs ne souhaitent pas non plus offrir ça aux jeunes entrant sur le marché du travail. C'est en substance ce qu'explique le rapport remis par Henri Proglio, le PDG de Veolia Environnement, à Gérard Larcher, le ministre du Travail. Selon ce patron chiraquien, la norme d'embauche doit continuer à être le CDI (lire Libération d'hier). Autre risque, pointé par les juristes des entreprises et qui pourrait les dissuader d'user du CPE comme du CNE, l'insécurité liée à la rupture du contrat. Dans ces deux contrats, l'employeur peut licencier le salarié sans avoir à motiver sa décision dans les deux premières années. Ce qui peut camoufler des motifs illégaux, mais suppose aussi que, dans bien des cas, pour savoir pourquoi son contrat n'est pas prolongé au-delà des deux ans, le salarié fera appel aux juges des prud'hommes. "A terme, ça peut être un vrai problème", note Françoise Cocuelle du CJD.

Premier pas. En fait, le patronat n'espère qu'une chose. Que le CPE ne soit qu'une première marche vers le fameux "contrat de travail unique", remplaçant du CDD, du CDI, voire de l'intérim. Avec une protection des salariés proportionnelle à leur ancienneté et une flexibilité indexée sur les impératifs économiques de l'entreprise, comme le préconisait une note de l'OCDE début février. Le Medef, le CJD, Croissance plus, tous militent pour un tel dispositif, qui simplifierait le code du travail. Le Medef a mis en place une commission sur le sujet, le gouvernement a la sienne et les syndicats comptent répliquer rapidement. Mais, pour l'instant, les contrats Borloo, plus le CNE, auxquels va s'ajouter le CPE, égalent complication et doutes. Or, en matière de social, les patrons ont horreur des choses compliquées. Au point de redorer le blason du bon vieux CDI : "Franchement, licencier dans les deux premières années un jeune en CDI, c'est pas une affaire, raconte le patron d'une entreprise de travaux publics. Sur ce point là, je ne vois pas l'intérêt du CPE..."

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Les premiers dossiers de salariés embauchés en CNE arrivent aux prud'hommes

Le Monde, 15-02-06
Avec AFP

Renvoyé pour avoir réclamé le paiement de ses "heures sup", être tombé malade ou s'être promené en jogging : six mois après la création du contrat nouvelle embauche (CNE), les syndicats annoncent que les premiers dossiers de salariés embauchés en CNE et contestant le motif de leur licenciement arrivent aux prud'hommes.


Le responsable du service juridique de la CFDT, Didier Cochuat, explique que le syndicat suit déjà "une dizaine de dossiers : les premiers jugements interviendront dans trois ou quatre mois". "Pour le moment, ce sont des licenciements 'pour l'exemple', destinés à bien faire comprendre aux salariés de l'entreprise qu'ils doivent être malléables et corvéables à merci", estime-t-il.

Les autres syndicats commencent eux aussi à voir affluer les dossiers, à Créteil, Aix-en-Provence, Bordeaux ou Lyon. Ici, c'est un employé remercié pour dix minutes de retard, là une jeune femme licenciée quelques jours après avoir annoncé sa grossesse. Très souvent, les salariés sont renvoyés après avoir réclamé le paiement d'heures supplémentaires.

La CGT évoque le cas d'un salarié licencié après avoir prévenu son patron qu'il devait se faire opérer. La CFTC a reçu l'appel d'un boucher du nord de la France renvoyé pour avoir fait ses courses "en jogging", un jour de repos, dans le supermarché où il travaille habituellement.

Entré en vigueur en août, le CNE est réservé aux entreprises employant jusqu'à 20 personnes. Au cours des deux premières années, l'employeur peut licencier son salarié sans justifier sa décision. Au-delà, il devient un contrat à durée indéterminée (CDI) classique.


"MULTIPLICATION DU CONTENTIEUX" DANS LES MOIS À VENIR

"Le gros des ruptures devrait intervenir entre le quinzième et le vingtième mois", lorsque certains patrons vont vouloir se séparer de leurs employés juste avant que le CNE ne bascule en CDI, prévient M. Cochuat, qui s'attend à une "multiplication du contentieux".

Pour Philippe Masson, responsable juridique de la CGT, il est "difficile" de faire émerger les plaintes car le CNE concerne des salariés "peu syndiqués, à qui on a martelé qu'ils n'avaient aucun droit". Autre difficulté : contrairement à un CDI ou un CDD, c'est au salarié de prouver que son licenciement est abusif.

"On va utiliser à fond l'argument des motifs de licenciements illégaux (discrimination, femmes enceintes, etc.)", explique M. Masson. "A partir du moment où on leur fournit quelques indices troublants, les prud'hommes ont un pouvoir d'investigation assez large", souligne-t-il.

Les syndicats remarquent également un effet pervers du CNE, qui conduit à une multiplication des plaintes. "L'ignorance du motif du licenciement va contraindre le salarié désirant le connaître à assigner presque systématiquement en justice son employeur", ont mis en garde des juristes en droit du travail, samedi, dans une tribune du Monde.

"Les nouveaux contrats, CNE et CPE, accroissent l'insécurité sociale sans mettre les entreprises à l'abri des procédures judiciaires", ont-ils prévenu. Le risque de contentieux est d'autant plus important que les tribunaux auront, dans un premier temps, à statuer sur la légalité même du CNE et de sa période de "consolidation des droits" de deux ans.

"Il y a des ambiguïtés et ce sont les tribunaux qui vont être amenés à prendre position dessus. Même le Conseil d'Etat l'a reconnu : ces dossiers iront jusqu'à la Cour de cassation", prévient déjà le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.

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Objet: Coordination étudiante Toulouse

Voici le dernier communiqué de presse de la Fédération Syndicale Etudiante. En pièce jointe l'appel issu de la coordination qui s'est tenue ce week end à Toulouse.

Communiqué de la FSE suite à la coordination de Toulouse.

Samedi 25 février s'est tenue une nouvelle coordination nationale à Toulouse, à l'Université Paul Sabatier, regroupant 32 délégations d'universités en mobilisation, dans le but de maintenir et de développer la dynamique lancée par la précédente coordination.
Il est clair que, malgré les vacances, la mobilisation a continué de s'étendre :
28 universités mobilisées, dont 13 en grève, 12 avec des piquets de grève (chiffres de la coordination toulousaine). Aujourd'hui encore, d'autres universités, notamment sur Paris, sont entrées en grève avec
piquets.

La Fédération Syndicale Etudiante soutient pleinement la coordination des universités mobilisées, qui a manifesté sa volonté de rallier un maximum de secteurs dans la lutte contre la casse des droits des travailleurs, en élargissant la plate-forme de revendications :

Un emploi stable pour tous, retrait de tous les contrats précaires
- Retrait de la Loi sur l'Egalité des Chances, dont le CPE fait partie (apprentissage à 14 ans, travail de nuit dès15 ans...)
- Le retrait du CNE
Le réengagement financier de l'Etat dans le Service Public pour une Université Publique :
- Un plan pluriannuel de créations de postes à la hauteur des besoins dans l'éducation nationale
- Le retrait de la loi Fillon
- La reconnaissance de nos diplômes
L'arrêt du traitement répressif des mouvements sociaux, amnistie :
- Des lycéens qui ont participé au mouvement contre la loi Fillon,
- Des personnes poursuivies suite à la révolte des quartiers populaires en novembre 2005
- Des étudiants et des lycéens qui ont participé au mouvement contre le CPE

La Fédération Syndicale Etudiante s'associe également aux journées d'action appelées par une coordination commune des lycéen-e-s et des étudiant-e-s qui ont pour objectif de maintenir et d'accentuer une dynamique de lutte, et ce dans le but de réussir la journée du 7 mars, et d'engager à partir de cette date un réel rapport de force contre le gouvernement et le patronat, par la reconduction de la grève :
- 28 février, mobilisation lycéenne et étudiante avec appel à la grève et au blocage
- 2 mars, journée d'action nationale
- 7 mars, grève et manifestation interprofessionnelle

Nous réaffirmons à nouveau la nécessité pour les lycéen-e-s et les étudiant-e-s de se réunir en Assemblées Générales, ceci afin de pouvoir constituer de nouvelles coordinations capables d'unifier la lutte contre précarité et la casse de tous nos acquis. La FSE appelle donc toutes les universités à se mettre en grève, et à se joindre à la coordination nationale qui se tiendra à l'université de Jussieu (Paris 8) le 4 mars.
Lycéens, étudiants, travailleurs, ce n'est que par la grève générale que nous pourrons faire reculer le gouvernement et le patronat, qui mettent à mal nos acquis et nos conditions de vie !

Pour la Fédération Syndicale Etudiante, le président porte-parole
Basile Mouton
Pour tout contact : Basile Mouton06 84 92 88 89
fse.relations@luttes-etudiantes.com
Pour plus d'infos : www.luttes-etudiantes.com


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Des bons collèges estampillés UMP

La vraie priorité de Robien, c'est les copains d'abord …
Brigitte Rossigneux
Le Canard Enchaîné, 08-02-06

Le 31 janvier dernier, l'Inspection Académique de Seine-Saint-Denis convoquait 50 directeurs de collège du département pour une importante réunion. En fait, ces fonctionnaires ont eu droit à la visite surprise de Robien. But de l'opération : tenter de désamorcer la fronde qui n'a cessé d'enfler partout en Fra nce. Et en particulier dans le " neuf-trois ", où les profs, très remontés contre la mise à la diète des ZEP, ont multiplié manifs et occupations des bahuts.

Car les critères retenus pour le nouveau plan ministériel d'éducation prioritaire (1 000 enseignants et
3 000 assistants pédagogiques réservés à un nombre limité de collèges) ne semblent pas tout à fait innocents. Les fameux collèges estampillés " Ambition-réussite " auraient-ils aussi l' " ambition " d'assurer la " réussite " des municipalités ou des circonscriptions UMP ?

Après examen de la liste des établissements retenus, la réponse est oui. A l'exception notable des deux académies de Lille et de Créteil (qui compte, entre autres, la Seine-Saint-Denis), les sélectionnés sont pour une très large part situés dans des fiefs de droite.

A la tête du client

On est à cent pour cent dans l'académie de Nancy-Metz. La ville de Nice, dirigée par Peyrat, transfuge du Front national, décroche le label pour 3 des 5 collèges de l'Académie. La cité phocéenne fait presque aussi bien et rafle 18 des 22 bahuts à Aix-Marseille. Les collèges sortis du lot dans celle d'Amiens (le fief de Robien) et de Strasbourg sont aux trois quarts en terre UMP. Pour l'académie de Versailles, on descend aux deux-tiers : Mantes-la-Jolie, où sévit l'équipe de l'ancien ministre Bédier, confisque la moitié des (futurs) moyens.

Et à des milliers de kilomètres de là, dans les DOM-TOM, même topo : 60% des " Ambitions-réussite " de Guyane sont situés sur des communes UMP. Idem à la Réunion. Ces deux académies font un bond prodigieux, totalisant désormais autant d'établissements prioritaires que toute l'Ile-de-France.

En revanche, dans l'académie de Versailles, des départements entiers ont été oubliés, comme le Val-d'Oise (Sarcelles) ou les Hauts-de-Seine (Nanterre). " Personne ne comprend les choix qui sont faits ", se désespère un jeune prof.

Illustration avec les résultats de l'évaluation d'entrée en sixième. " Le Canard " a pu mettre son bec dans le classement confidentiel des services académiques. Exemples : le collège Jean-Vilar à Grigny (mairie PS), dans l'Essonne, 417ème sur 417, pas retenu ; les Pyramides à Evry (fief de Manuel Vals), 413ème, non sélectionné ; Jean Lurcat à Sarcelles (chez DSK), 412ème, écarté, etc. Mieux, ce dernier établissement, classé ZEP, va perdre 80 heures de cours à la rentrée 2006. Et le cas n'est pas isolé.

" Le gouvernement choisit ses pauvres ", persifle un syndicaliste enseignant. Reste encore une cinquantaine d'EP 1 (établissements prioritaires 1) à désigner. Le choix se fera à la discrétion des recteurs. " C'est la prime à qui râlera le plus. On va nous obliger à nous battre entre nous. Et le ministère aura l'air d'être à l'écoute ", décrypte un élu.

Et pas besoin d'avoir la bosse des maths pour cette soustraction : il y avait 874 collèges en ZEP, il y aura au mieux 220 " Ambition-réussite ".
Et les 654 qui restent ?


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François Fillon à propos de la politique de son successeur à l'Education nationale :
"Robien applique ma loi, sans le dire"

par Emmanuel DAVIDENKOFF
Libération, lundi 13 février 2006

Pour la première fois depuis son éjection du gouvernement en juin 2005, François Fillon, aujourd'hui sénateur et conseiller politique de Nicolas Sarkozy à l'UMP, revient sur son passage à l'Education nationale et sur le sort que Gilles de Robien, son successeur, réserve à la loi d'orientation sur l'éducation.

Gilles de Robien n'évoque quasiment jamais votre loi, qu'il est pourtant censé appliquer. Surpris ?

Gilles de Robien a été nommé avec la mission de l'enterrer, mais je constate qu'il la met en oeuvre parce qu'elle est utile et parce qu'il sait qu'il faut agir.

Enterrer un texte qui émanait de deux années de "grand débat" ?

A l'époque, la peur du mouvement lycéen était plus forte que tout.

Mais le mouvement s'éteignait...

Ce n'était pas forcément l'analyse de tout le monde. A l'Elysée, le mot "prudence" était sur toutes les lèvres.

On a donc demandé à Robien de jouer les pompiers ?

Oui. Mais je constate qu'aujourd'hui il met en oeuvre la plupart des dispositions de cette loi, parfois sans le dire ! Il reste qu'il doit maintenant s'attaquer à des sujets centraux tels que la formation des enseignants et l'intégration des instituts universitaires de formation des maîtres dans les universités, la création de conseils pédagogiques dans les collèges et les lycées, l'attribution d'un "crédit de formation continue" pour les enseignants... Il faut que tout cela soit mis en route. Et puis, sur certains sujets, il prend le contre-pied de la loi.

Par exemple ?

La liberté pédagogique des enseignants. Je comprends que Gilles de Robien ait eu envie de conforter une partie de l'opinion en rédigeant une circulaire sur les méthodes d'apprentissage de la lecture. Outre que cette querelle est déjà tranchée depuis longtemps, c'est, selon moi, contraire à la liberté pédagogique. Cela symbolise jusqu'à la caricature notre système éducatif centralisé, hiérarchisé, où le ministre décide dans le détail de ce qui doit se passer dans chaque salle de classe !

A quoi Gilles de Robien répond que la liberté pédagogique, ce n'est pas la liberté de faire n'importe quoi...

Bien sûr. C'est la liberté et l'évaluation. Ce que je voulais, en inscrivant la liberté pédagogique dans la loi, c'est que les enseignants soient jugés sur leurs résultats plus que sur leurs méthodes. Il n'est pas anormal qu'un enseignant puisse adapter les méthodes en fonction des élèves qu'il a en face de lui. Je note d'ailleurs que c'est l'orientation qu'ont prise les pays européens qui ont les meilleurs résultats.

L'apprentissage à 14 ans heurte aussi la philosophie de votre texte...

Je ne suis pas favorable au fait que des enfants sortent du système éducatif avant l'âge de 16 ans, ce qui sera, je le crains, le cas. Je fais beaucoup de déplacements en ce moment et observe de près les systèmes étrangers. Je puis vous garantir qu'aucun pays développé n'envisage de réduire ainsi la durée de la scolarité obligatoire. L'accès aux études supérieures, l'université et la recherche sont partout considérés comme prioritaires pour permettre de survivre dans la société de la connaissance. Je reviens d'Israël où Intel va ouvrir une usine de microprocesseurs. Pourquoi là-bas, alors que la main-d'oeuvre y est plus chère qu'en Asie et que les risques liés à la situation géopolitique sont importants ? Parce que la densité d'ingénieurs au kilomètre carré y est remarquable. Cela étant, je ne suis pas opposé à l'alternance, même précoce, mais dès lors que l'on continue à enseigner aux élèves les composantes du futur "socle commun de connaissances", qui ne doit pas être un socle au rabais. Souvenez-vous : j'ai même dit que, s'il fallait que certains élèves suivent des cours au-delà de la scolarité obligatoire pour dominer ce socle, eh bien, il faudrait que ce soit possible.

A moins que la définition de ce socle soit suffisamment floue pour qu'on puisse dire qu'un collégien en échec de 15 ans le maîtrise tout de même...

C'est ma crainte. L'idée maîtresse de ma loi consistait à créer des leviers de réforme. Ensuite, vous pouvez exercer une force plus ou moins grande sur ces leviers. Pour le socle, j'attends de voir. Celui-ci doit être resserré mais exigeant.

Vous aviez également prévu de programmer les recrutements d'enseignants sur cinq ans, à une hauteur nettement plus élevée que ce qui a été décidé par Robien.

De fait, je pensais qu'il fallait sanctuariser la question des recrutements, notamment pour renouer la confiance avec les enseignants. La droite a un problème avec l'école : on la soupçonne, souvent injustement, de n'être mue que par l'objectif de faire des économies. Du coup, tout ce que nous disons est lu à travers ce filtre. En garantissant les recrutements, nous évacuions partiellement ce soupçon.

Mais le Conseil constitutionnel a retoqué cette partie de la loi...

Oui. Et je ne l'ai toujours pas digéré, d'autant que je me demande encore s'il n'y avait pas un aspect conjoncturel à cette décision.

La partie du texte qui a été retoquée fixait aussi l'objectif de 50 % d'une classe d'âge dans le supérieur. Mais pourquoi n'avoir rien fait sur l'université ?

Parce que nous avions fort à faire avec la loi sur l'école et la loi sur la recherche. Je vous rappelle que je n'étais pas maître de ce calendrier, enclenché avant ma nomination. De fait, il y avait probablement plus d'urgence à réformer le supérieur que le scolaire : la descente aux enfers de l'université française est inquiétante. J'espère que cette question sera au coeur de notre projet pour 2007.

Pas avant ?

J'en doute.

Parce que Jacques Chirac ne prendra pas le risque d'un mouvement étudiant ?

Disons qu'il a une sensibilité exacerbée sur ce sujet.

Neuf mois après avoir quitté l'Education nationale, avez-vous un sentiment d'échec ?

C'est une maison qui ne laisse pas indemne, et qui génère souvent un sentiment d'impuissance. Mitterrand ou de Gaulle eux-mêmes, faisant le bilan de leurs présidences, ont dit et écrit qu'ils avaient l'impression d'avoir échoué sur ce sujet. Si ma loi est mise en oeuvre dans son intégralité, j'aurai contribué à débloquer le système !

La convention éducation de l'UMP se tient le 22 février. Quel sera l'enjeu majeur ?

De mon point de vue, l'un des noeuds à trancher touche à l'articulation entre autonomie du terrain et centralisation. On oppose trop souvent ces deux modèles ; je pense qu'on peut inventer une nouvelle articulation.

 

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Dépêches de l'Education du Jeudi 23 février 2006
Nuit militante dans une dizaine de collèges et lycées de Seine-Saint-Denis

Des professeurs et parents d'élèves ainsi que le Snes ont annoncé jeudi soir qu'ils occupaient pour la nuit une dizaine de collèges et lycées de Seine-Saint-Denis ou y organisaient des soirées de discussions.

"Il y a très peu de personnes qui restent, ça reste symbolique", a déclaré de son côté l'inspecteur d'académie, Jean-Pierre Delaubier, sur la base des premiers retours.

Selon le Snes-FSU, premier syndicat d'enseignants du second degré, des occupations avaient lieu dans quatre collèges classés Ambition réussite (ou EP1) dans le plan pour l'Education prioritaire de la rentrée 2006: Jean Moulin (Aubervilliers), Jean Vilar (La Courneuve), Debussy (Aulnay-sous-Bois) et République (Bobigny).

"Avec ces occupations, nous voulons montrer que la lutte continue contre la politique éducative du gouvernement: la loi Fillon, la réforme des Zep, l'apprentissage à 14 ans", a rappelé Goulven Kerien, secrétaire général du Snes-93.

Des actions étaient également en cours, selon la même source, au collège Jean Jaurès (Villepinte), Jacques Jorrissen (Drancy), Robespierre (Epinay-sur-Seine), Jean Jaurès (Montfermeil), Travail (Bagnolet) et dans deux lycées: Liberté (Romainville) et Frédéric Bartholdi (Saint-Denis).

Au collège Jorissen, une trentaine de professeurs étaient "sympathiquement pris en otages" par des parents d'élèves, a annoncé Bénédicte Driard, représentante de la FCPE, la principale fédération de
parents d'élèves.
Cette mère explique "avoir très peur d'une éducation à deux vitesses et de l'apprentissage à 14 ans. Nous voulons un avenir pour nos enfants dans le 93".

"Collège Travail occupé par les parents, bonsoir": à Bagnolet, les parents également mobilisés se relayaient au standard téléphonique. Depuis un mois, il revendiquent avec les enseignants des effectifs supplémentaires et un classement en zone d'éducation prioritaire (ZEP) pour ce collège où une enseignante a été agressée mi-janvier.

Au collège République à Bobigny, une trentaine de professeurs étaient réunis, le temps de la soirée, pour s'accorder sur une position commune, selon Julien Chalvet, professeur de SVT. "Nous sommes classés EP1 mais les moyens supplémentaires proposés ne nous permettront pas de faire des classes
dédoublées, estime ce professeur.
Avant les vacances scolaires de février, une quinzaine d'établissements du département avaient tour à tour organisé des occupations nocturnes.


Dépêches de l'Education du vendredi 24 février 2006

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La FCPE fustige l'expérimentation du "policier référent" voulue par Sarkozy

La FCPE, principale fédération de parents d'élèves, a fustigé vendredi l'expérimentation décidée par Nicolas Sarkozy d'un "policier référent" présent une demi-journée ou une journée par semaine dans les établissements scolaires des Hauts-de-Seine.

"Les Hauts de Seine connaissent-ils une hausse alarmante de la délinquance au sein des collèges ?, S'est-on assuré d'abord que les collèges y disposent de personnels éducatifs en nombre suffisant pour pallier les difficultés ordinaires avant de faire appel à des mesures extraordinaires ?", a interrogé la fédération dans un communiqué.

Elle a mis en doute l'efficacité du "message" ainsi adressé aux jeunes: "Sont-ils des délinquants en puissance que la police doit surveiller jusque dans l'Ecole parce que ceux chargés de les y encadrer ne sont pas à la hauteur ?".

"De qui, du policier ou de l'infirmière, de l'assistante sociale, de l'adulte tuteur, les adolescents recherchent-ils l'écoute et la compréhension ? Le ministre a-t-il donné de la police une image telle que le policier puisse être l'adulte auquel le jeune ira naturellement se confier ?", a-t-elle poursuivi.

"La quasi totalité des manifestations de violence auront disparu quand chaque élève aura le sentiment d'y être accueilli pour réussir", a affirmé la FCPE, en estimant que "le reste n'est qu'agitation et démagogie".

Le ministre de l'Intérieur et président du Conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy, a signé vendredi à Nanterre "un protocole départemental expérimental visant à renforcer la sécurité" dans les collèges.

Il prévoit la désignation d'un policier référent, c'est-à-dire connu des familles, des élèves et des enseignants", qui "pourra passer une demi-journée ou une journée par semaine dans un collège pour que ce ne soit pas aux familles ou enseignants d'aller au commissariat", a déclaré le président de l'UMP.

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Des critiques après la suggestion du ministre de mentionner l'origine ethnique.
Sarkozy s'intéresse à la couleur des délinquants

par Jacky DURAND
Libération, mardi 14 février 2006


Simple opportunité tactique ou stratégie préélectorale ? En faisant, hier, de la "transparence" le maître mot de la publication du premier rapport mensuel de l'Observatoire national de la délinquance (OND, lire ci-contre), le ministre de l'Intérieur s'est risqué sur un terrain beaucoup plus miné que la simple comptabilité des crimes et des délits : celui des origines ethniques des personnes mises en cause. Interrogé sur RMC-Info quelques minutes avant le début de conférence de l'OND, Sarkozy s'est déclaré favorable à la mention de l'origine des délinquants dans les statistiques de la police : "Il faut faire de la transparence. Il n'y a aucune raison de dissimuler un certain nombre d'éléments qui peuvent être utiles à la compréhension de certains phénomènes."

Le 24 janvier, déjà, le ministre de l'Intérieur avait évoqué le "phénomène très préoccupant" de "bandes constituées sur des critères ethniques avec une violence endémique", dans un discours prononcé à l'occasion des voeux du syndicat de gardiens de la paix Alliance. Ce phénomène était, selon lui, démontré par "les dernières arrestations dans les transports en commun notamment". Le ministre de l'Intérieur faisait notamment référence aux violences dans le TER Nice-Lyon, aux premières heures du 1er janvier 2006.

Précédents. Sarkozy n'est pas le premier flic de France à aborder la question des "critères ethniques". En 1990, une polémique avait contraint le gouvernement Rocard à retirer un décret autorisant les Renseignements généraux à ficher "les opinions politiques, philosophiques, religieuses" ainsi que "l'origine ethnique de certaines personnes". Il y a dix ans, la police avait aussi envisagé un système de fichage permettant de répertorier les "origines ethniques" des gardés à vue.

La "transparence" prônée aujourd'hui par Nicolas Sarkozy sur les origines des mis en cause laisse sceptiques les spécialistes de la délinquance, policiers ou chercheurs.

A commencer par le président de l'OND, Alain Bauer, pilier de la pensée sécuritaire, qui fut membre du cabinet de Michel Rocard quand il était à Matignon, et Grand Maître du Grand Orient de France. "Je suis dubitatif sur l'utilité de créer un appareil statistique sur les origines ethniques des mis en cause, indiquait-il hier à Libération. Le risque de provoquer des effets pervers est très important. On a déjà le fichier Canonge qui donne des indications physiques sur les personnes recherchées. Je ne crois pas qu'il existe de mécanisme ethnique ou cultuel dans la construction de la criminalité. Il y a une réalité démographique : les jeunes mâles sont davantage représentés dans les populations issues de l'immigration et, par définition, sont plus remuants que les vieilles dames."

Conditions de vie. Dominique Achispon, secrétaire général du Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), se demande "à quoi pourraient bien servir de telles informations. On arrête un délinquant, pas parce qu'il est noir ou arabe, mais parce qu'il a commis une infraction". Un policier en poste en région parisienne constate : "C'est vrai que dans la délinquance de voie publique que j'observe, trois quarts des mis en cause sont issus de l'immigration, mais ils sont aussi de nationalité française. Ce constat, c'est celui de leurs conditions de vie."

Laurent Mucchielli, directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, affirme (1) que "la part prise par des jeunes issus de l'immigration dans certains types de délinquance est d'abord la conséquence de leur position sociale. Ces jeunes sont avant tout des enfants des quartiers ouvriers, des fils de familles nombreuses, les moins armés scolairement et les plus précaires économiquement".

(1) Dans un ouvrage collectif, La République mise à nue par son immigration (éd. La Fabrique), à paraître début mars.

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Selon un rapport gouvernemental, l'immigration s'est stabilisée depuis 2004

Laetitia Van Eeckhout
Le Monde, 10-20-06

LE COMITÉ interministériel de contrôle de l'immigration devait examiner, jeudi 9 février, l'avant-projet de loi présenté par le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, (Le Monde du 8 février), mais aussi adopter le rapport sur "Les orientations de la politique de l'immigration" que le gouvernement doit remettre dans les prochains jours aux parlementaires.

Fournissant une évaluation d'ensemble de l'immigration en France, ce rapport révèle que 2004 a été "une année de grande stabilité" des flux migratoires réguliers. Les données provisoires pour 2005 s'inscrivent dans la même tendance. La stabilité s'observe pour le nombre de visas accordés, pour le nombre de titres de séjour délivrés (164 234), et même pour les demandes d'asile. Quelque 45 000 étrangers sont déboutés chaque année du droit d'asile, rappelle le gouvernement, qui met l'accent, dans son rapport, sur les progrès réalisés dans la lutte contre l'immigration irrégulière, tout en les jugeant "insuffisants".

Si le nombre d'arrivées se stabilise en 2004 et 2005, l'immigration pour motifs familiaux reste dominante. "Toutes les composantes de l'immigration familiale progressent depuis 2000", insiste le rapport. La progression la plus forte affecte le nombre des conjoints de Français (49 888 en 2004 contre 29 946 en 2000) et les étrangers admis au séjour en raison de leurs liens personnels et familiaux en France (13 989 en 2004 contre 5 093 en 2000). Deux domaines sur lesquels Nicolas Sarkozy entend agir avec son projet de loi. Ne représentant qu'un quart de l'immigration familiale, le regroupement familial, dont le gouvernement veut aussi durcir les conditions, se stabilise pour sa part (20 365 en 2005).

La France n'est cependant pas, aujourd'hui, un pays d'immigration massive, comme le met en évidence une synthèse réalisée en 2005 par l'Institut national d'études démographiques (INED), à partir des données d'Eurostat et de l'Observatoire démographique européen. Il suffit de superposer les deux composantes de la croissance démographique (l'excédent naturel des naissances sur les décès et le solde migratoire) pour se rendre compte que l'immigration n'apporte, en France, qu'une contribution minoritaire à la croissance démographique (entre 25 % et 40 %).

Les flux migratoires actuels sont très loin d'atteindre les niveaux des années 1950-1974. Aussi, avec un accroissement naturel dynamique (807 000 naissances pour 537 000 décès, selon l'Insee), la France fait-elle figure d'exception dans l'Europe vieillissante. "Elle est même le seul grand pays d'Europe où la contribution de l'immigration à la croissance démographique reste minoritaire depuis dix ans", insiste François Heran, directeur de l'INED. Chez la plupart de ses voisins européens (Allemagne, Italie, Portugal, Grèce, Royaume-Uni, Suisse), la croissance est due à l'immigration à plus de 50 %, voire 100 %.

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Projet Sarkozy: la Maison des métallos occupée par des sans-papiers

PARIS, 24 fév 2006 (AFP) - Des sans-papiers et leurs soutiens ont occupé vendredi après-midi la Maison des métallos à Paris pour protester notamment contre le projet de loi de Nicolas Sarkozy sur l'immigration, en cours d'élaboration, a annoncé l'association Droits devant !
Les manifestants ont été évacués, à la demande de la mairie de Paris, "en raison des dangers sérieux que leur faisait courir le chantier actuellement en cours dans cet équipement culturel", a précisé la municipalité dans un communiqué.
L'occupation avait commencé à 15h30, selon Droits devant !.
La police a évacué les manifestants en début de soirée, a indiqué la préfecture de police, sans faire état d'incidents.
Mouloud Aounit, secrétaire général du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), a précisé à l'AFP que "plus de 250 sans papiers" étaient sur place.
Selon la police, les occupants étaient au nombre de 80 environ.
"On veut y rester comme un point d'ancrage" contre "cette politique qui consiste à gérer une immigration de façon jetable et à créer les conditions du vide avec des expulsions massives pour aller chercher une autre immigration qui corresponde mieux aux souhaits du Medef", a ajouté M. Aounit.
Pour Droits devant, l'occupation s'inscrit dans "une mobilisation déterminée et de long terme" contre le texte qui cherche à "amplifier une chasse aux sans-papiers sans précédent, instituer un néo-esclavagisme à
partir du thème de +l'immigration choisie (quotas)+...".
"Depuis Vichy et ses lois odieuses, jamais un gouvernement n'était allé aussi loin dans la spoliation, jamais les droits fondamentaux n'avaient eu à subir autant d'outrages, jamais la stigmatisation et les discriminations n'avaient été aussi clairement énoncées", a affirmé l'association.

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Inquiétude des associations de lutte contre les discriminations
Philippe Allienne
Le Monde, 12-02-06

Le projet de loi sur l'égalité des chances prévoit la création d'un nouvel établissement public national : l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (Ancsec).

Moins médiatisée que le passage en force du contrat première embauche (CPE), cette mesure suscite l'inquiétude du monde associatif, qui craint d'être l'orphelin du Fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild).

La nouvelle agence sera en effet le résultat de la fusion du Fasild, de la délégation interministérielle à la ville (DIV) et de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme. Depuis 2001, le Fasild avait entrepris un important travail d'accompagnement des associations en donnant une priorité à la lutte contre les discriminations.

"GUICHET UNIQUE"
"Dans le Nord - Pas-de-Calais, dit un de ses dirigeants, la mayonnaise avait particulièrement bien pris." Les 400 associations jusqu'ici financées par le Fasild craignent de ne plus être écoutées.

En écho, les chargés de missions du Fasild s'interrogent sur l'avenir des comités régionaux pour l'intégration et la lutte contre les discriminations (Crild). Ces instances favorisent la concertation avec les représentants de l'Etat, les partenaires sociaux et des personnes qualifiées.

"La nouvelle agence ferait office de guichet unique pour la politique de la ville", explique Mohamed Boughezda, du Crild Nord - Pas-de-Calais. "On a l'impression, renchérit Moussa Naït, membre du Crild, que le guichet unique sera à la disposition des collectivités locales et territoriales. Ces dernières disposeront d'une manne (500 millions d'euros) qu'elles distribueront aux associations. Avec le risque de clientélisme que cela peut supposer."

"Le Fasild est un organisme neutre qui traite les dossiers de manière autonome, complète Ourdia Mezine, directrice d'une association dunkerquoise d'insertion. Sa politique d'accompagnement aux projets a cassé les vieux discours d'assistanat aux associations d'immigrés. S'il perd ses missions, que deviendra notre travail de terrain ?"

"L'Agence nationale sera départementalisée, dénonce Moussa Allem, syndicaliste et chargé de mission au Fasild Nord - Pas-de-Calais. Cela va casser les thématiques régionales sur lesquelles nous travaillons."

Au niveau national, le Fasild affirme, contre l'avis de plusieurs directions régionales, que rien ne changera fondamentalement. De son côté, le ministre de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement, Jean-Louis Borloo, promet une rallonge budgétaire.

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Un magistrat sanctionné pour avoir critiqué Nicolas Sarkozy

Nathalie Guibert
LE MONDE, 07.02.06


Il semble difficile, pour les magistrats du parquet, de participer au débat public : Didier Peyrat, vice-procureur chargé des mineurs à Pontoise, a reçu, jeudi 2 février, un avertissement pour avoir publié deux tribunes dans " Libération " et " Le Monde ", à l'occasion des violences urbaines de novembre 2005.
La sanction lui sera notifiée prochainement par le procureur général près la cour d'appel de Versailles, Jean-Amédée Lathoud, haut magistrat qui a supervisé l'affaire d'Outreau lors de son précédent poste, à Douai (Nord), et qui sera bientôt entendu par la commission d'enquête parlementaire sur les responsabilités de la hiérarchie judiciaire dans cette affaire.
Les termes de ces articles de presse "me paraissent contraires aux obligations de réserve et de prudence", a écrit le procureur général.
Les syndicats de magistrats ont été saisis de l'affaire.
Le premier article en cause, intitulé "Banlieues : Mai 68 ou Weimar", est paru dans " Libération ", le 8 novembre 2005. "Les événements qui se déroulent dans les banlieues françaises prouvent l'échec radical de la droite dans ses politiques de sécurité depuis avril 2002 ", y écrivait le magistrat. " Mais on aurait tort de ne voir que le bilan piteux de la majorité UMP. " (...) Nous savons maintenant que la criminalité est toujours là, tenace. Elle a résisté à vingt années de politique de la ville ; (...) aux démonstrations de virilité télégénique de Nicolas Sarkozy ; comme à l'augmentation des effectifs de police."
Dans " Le Monde " du 17 novembre 2005, sous le titre "Incendiaires et cogneurs", M. Peyrat appelait à faire le tri parmi "les jeunes des banlieues", contestant l'existence d'un mouvement de masse contre
l'injustice sociale. Il ajoutait : "Luttons contre les causes. Bannissons les mots vulgaires, les insultes, la démagogie de M. Sarkozy.. Faisons de la prévention. (...) Mais d'abord il faut vaincre le mal, à
l'aide de ce bien commun : le droit."
Le procureur général relève des "critiques visant la politique pénale impulsée par le gouvernement pour lutter contre les violences urbaines". Mais aussi le fait que "M. Peyrat évoque la "virilité télégénique" et la "démagogie" du ministre de l'intérieur".
Le magistrat se réfère, lui, à la liberté d'expression, reconnue à tout citoyen par la Constitution et aux magistrats par leur statut. La réserve, souligne M. Peyrat, se comprend comme l'interdiction de mêler des considérations politiques à l'activité dans la sphère professionnelle. Les discours de M. Sarkozy ont, selon lui, "provoqué l'ouverture d'un débat public" et "pouvaient avoir un effet sur le
climat dans lequel la justice pouvait faire son travail". Quant à la politique menée lors des violences urbaines, il affirme qu'elle n'est pas directement en cause. Au contraire, explique-t-il, "j'ai contribué
à (sa) mise en oeuvre" : "Les consignes concernant les détentions de mineurs, instructions avec lesquelles j'étais en désaccord, ont été suivies."

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"On peut assister en 2007 à une forme de révolte conservatrice"
Erwan Lecœur, directeur scientifique de l'Observatoire du débat public

Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué
Le Monde, 19-02-06

Vous analysez, au sein de l'Observatoire du débat public, les représentations sociales des Français. Quelle est celle qui domine ces cinq dernières années ?
Ce qui domine, dans toutes les enquêtes qualitatives et les entretiens individuels qui servent de support à nos travaux, c'est l'idée que notre pays, mais aussi le monde, se présente de plus en plus comme un champ de ruines. Le 11-Septembre en a offert l'illustration concrète avec l'effondrement du World Trade Center. Mais, en l'espace de deux ans, le sentiment de menace global pesant sur les Français a encore grandi. L'été 2003 avait été marqué par la canicule. L'année 2005 s'est ouverte sur le tsunami, puis la crise pétrolière, les attentats de Londres ou le virus de la grippe aviaire. Ce n'est donc pas seulement la crise française qui s'exprime, mais une véritable "catastrophisation" du monde qui fait irruption dans notre quotidien. Le réchauffement de la planète peut ainsi provoquer la canicule et des milliers de morts dont nos propres parents. La présence d'images venues du monde entier sur nos télévisions pousse pourtant chacun à évaluer continuellement le niveau de danger et cette connexion aux médias alimente ce sentiment d'insécurité. Mieux, les images nous poussent à créer des analogies : on a parlé lors des émeutes de banlieues "d'Intifada" parce qu'un bus qui brûle à Jénine ressemble à un bus qui brûle à Clichy. Vu de France, le "champ de ruines" est désormais global, ou plus exactement glo-cal, à la fois planétaire et hyper-local. Et la globalisation des problèmes produit un affaissement de la double référence à la nation et à l'Europe.

Notamment parce qu'il se conjugue à une impuissance des dirigeants politiques ?
Oui. Et je ne parle pas seulement de nos dirigeants, mais des figures de recours en général, car n'oubliez pas que chacun est désormais informé immédiatement de la marche du monde entier. Or chaque nouvelle crise, chaque nouvelle catastrophe montre à quel point les pouvoirs institués sont incapables tant de prévenir que de réagir. Ni les Etats ni les organisations internationales. L'impuissance de George W. Bush face au cyclone Katrina a été perçue comme un élément très révélateur de l'impuissance publique. Enfin, certains événements ont marqué pour nous la fin de l'immunité française.

Vous voulez dire la fin de notre préservation ?
La contradiction, en tout cas, entre nos choix et la réalité. Ainsi, la France refuse de faire la guerre en Irak, mais Florence Aubenas est tout de même enlevée. Nous croyons avoir un modèle social, et soudain nos usines sont délocalisées. Le tsunami se passe à l'autre bout du monde, mais nos touristes sont touchés. C'est la théorie du chaos appliquée : un battement d'aile de papillon au bout du monde a des effets jusque chez nous. Du coup, le sentiment d'insécurité individuelle que l'on a vu notamment s'exprimer en 2002 s'est élargi à un sentiment d'insécurité globale.


Sentiment d'insécurité qui s'est exprimé dans le refus de la Constitution européenne, le 29 mai 2005 ?
Oui, et qui a fait que ce président, Jacques Chirac, qui tentait de rassurer, "N'ayez pas peur", a paru si décalé. En moins d'une année, des élections européennes du printemps 2004 au référendum du printemps suivant, l'Union élargie à vingt-cinq pays est passée, dans les esprits, du statut de projet mal défini à celui d'enjeu, puis de refus.
Ce non au référendum n'était-il pas aussi un élément supplémentaire de la contestation désormais systématique du pouvoir en place...
On note en effet une forme de mutinerie permanente, désormais. Entre le 21 avril, les régionales, le référendum, on assiste non pas tant à une protestation qu'à un usage stratégique de son bulletin de vote pour ébranler le système. J'appellerais cela un "vote d'armement", plutôt qu'un vote protestataire.

Plus qu'une alerte aux dirigeants, il y aurait donc la volonté de les renverser ?
Tout se passe en tout cas comme si un nombre de plus en plus important de nos concitoyens, ne se retrouvant pas dans le clivage droite-gauche, avaient décidé de se transférer brutalement de bâbord à tribord du navire devenu tanguant de la politique, pour jeter à la mer, scrutin après scrutin, leurs capitaines, quels qu'ils soient. Parallèlement, on constate depuis le 21 avril ce que j'appelle une "tentation romantique de la ruine" : puisque tout se vaut, puisque rien n'empêche la catastrophe, cela veut donc dire que rien n'est possible par la voie institutionnelle classique. La certitude, qui peu à peu s'installe, que la ruine est inéluctable et, parallèlement, ce désir de mutinerie permanente peuvent aboutir à ce que certains qualifient de situation préinsurrectionnelle.

Y a-t-il des valeurs ou des lieux qui paraissent des refuges ?
Lors du tsunami, des millions de gens ont fait des dons, mais on a vu aussi des Français partir sur place pour se muer en infirmiers. De la même façon, lors des émeutes de banlieues, de simples citoyens se sont organisés pour faire des rondes avec extincteurs contre les incendies de leurs voitures ou de leurs écoles. Mais c'est surtout la famille qui est désormais perçue comme le seul espace qui compte vraiment. Car c'est bien là que les Français ont le sentiment qu'il faut commencer à réapprendre les règles et les valeurs de la vie en société.
La canicule a souligné que l'on avait délaissé nos parents et la révolte des banlieues que l'on ne savait plus s'occuper de nos enfants. Dans ce cadre-là, la famille n'est-elle pas symboliquement très ébranlée ?
La vision de médias débordés, de politiques à la remorque, l'improvisation des institutions face à un événement qu'elles ne comprenaient pas ont eu pour résultat de renvoyer la réponse de la sphère publique vers celle du privé. Derrière la "peur du jeune" est ainsi posée la question du rapport entre les parents et les enfants, appréhendée comme la cause de fond d'une déliquescence générale qui nourrit le désarroi des uns et des autres. La crise des banlieues a montré que des enfants livrés à eux-mêmes peuvent mettre la société en danger.

Ainsi, la jeunesse représente aussi une menace ?
Ces "enfants terribles" des banlieues, renvoient aux désordres de "nos" enfants censés être "bien élevés", mais dont certaines réactions nous échappent. Et la crise des banlieues est interprétée comme une crise de l'autorité et des valeurs pénétrant aussi bien la sphère privée que publique. Désormais, on a à la fois peur pour nos enfants et peur de nos enfants. Et, à droite comme à gauche, nous avons pu constater clairement la même attente de reprise en main qui a conduit la plupart, par-delà les clivages partisans, à accepter l'état d'urgence et le couvre-feu pour les mineurs et à dire vouloir revenir soi-même à plus de sanctions et d'autorité.

La crise des banlieues est-elle pour autant perçue comme une des formes efficaces de la mutinerie politique que vous décriviez plus tôt ?
Ce fut une forme d'événement inédite, non seulement parce qu'elle a été ultra-médiatique, mais parce qu'elle n'a eu aucune revendication officielle et personne pour porter la parole d'un mouvement tout entier réduit à des actes violents. Or le mouvement des banlieues s'est révélé très efficace, malgré son absence de parole, alors que l'on voit des dirigeants politiques qui ne cessent de parler, mais ne mobilisent personne. Le mouvement a en tout cas posé toutes les questions que l'opposition ne parvenait pas à formuler : sur les choix économiques du gouvernement comme sur le rôle de Nicolas Sarkozy.

Si la peur du chaos global, la volonté d'ébranler le système, le désir d'un retour à l'autorité sont des lignes de fond de la société, quelle traduction politique peut-on en attendre en 2007 ?
Deux logiques sont à l'œuvre, que l'on pourrait appeler la logique des gardiens et la logique des mutants. L'entrechoquement de ces deux logiques, parfois chez une même personne, fait que l'on peut assister en 2007 à une forme de révolte conservatrice, à une demande de retour à l'ordre sur le fond et à un renouvellement sur la forme. En tout cas, cela explique le succès actuel de Nicolas Sarkozy. Sa posture correspond à une demande sociale. Je dis bien sa posture. Ce ne sont pas ses idées qui sont forcément majoritaires : il était pour l'intervention en Irak, contrairement à la majorité des Français, et son libéralisme économique est loin de correspondre à ce que veut réellement le pays. Mais il présente l'avantage de se positionner sur la sanction et sur les valeurs. Ségolène Royal peut peut-être, elle aussi, correspondre à un besoin de réassurance, notamment familial, allié au sentiment de nouveauté. Mais un candidat qui aurait pour programme une certaine forme de dépassement pourrait lui aussi rencontrer le succès.

Le vote de mutinerie peut-il s'exercer par "anticipation" contre ceux qui sont plébiscités par les sondages ?
C'est pire que cela : ceux qui paraissent être portés par les médias et le système - plus encore que par les sondages - ont de grands risques d'être battus, tant est fort le désir de s'autonomiser et de sortir de cette massification étouffante de la société. C'est cela que les médias et les élites ne s'avouent jamais tout à fait : à chaque fois qu'ils supportent un candidat, celui-ci est balayé. Nous ne devons pas sous-estimer non plus la force des électeurs, qui, à chaque élection, choisissent d'abord le candidat "refusant", celui qui dit "non" : des Jean-Marie Le Pen, des José Bové ou des Olivier Besancenot. Et, plus généralement, le nombre très important de Français qui attendent désormais une divine surprise. Il reste cependant une dernière question d'importance : vu les mouvements sociaux et les crises que connaît très régulièrement notre société, le système réussira-t-il à faire patienter les Français jusqu'en 2007 ?

 


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