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Décentralisation : un choix de société qui ne dit pas son nom...

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Les premières lois de décentralisation datent de 1982, 1983 (Gaston Deferre) et portent notamment sur les bâtiments (les collèges deviennent de la compétence des départements, les lycées de celle des régions). Les projets de décentralisation actuels qui visent, entre autres, à des transferts de personnels de l'Etat vers les collectivités territoriales, sont d'une toute autre nature puisqu'ils ont nécessité une modification de la constitution. Celle-ci a été adoptée par le Congrès (Assemblée Nationale + Sénat) réuni à Versailles le 17 mars et dorénavant il est inscrit dans la constitution : "l'organisation de la France est décentralisée ".

Dès cette modification adoptée, et sans aucune concertation avec les personnels concernés, le Premier Ministre a annoncé le transfert de près de 150 000 personnes relevant du ministère de l'Education Nationale vers les Régions et les Départements. Il s'agit :

  • Des conseillers d'orientation psychologues (Co-Psy)
  • Des assistantes sociales
  • Des médecins scolaires (sans transférer les infirmières scolaires : oubli ? incohérence ?…)
  • Des Techniciens et ouvriers de service (TOS)

Il est à noter que M. Ferry déclarait lors d'un comité technique paritaire ministériel, le 2 décembre 2002 (Monde de l'Education d'avril 2003, page 25) :

" Je vous redis très clairement ma position : concernant les transferts de personnel dans le cadre de la décentralisation, pour les personnels de santé, la réponse est non ; pour les personnels Atoss, je redis que je ne le souhaite pas, le ministère n'est pas demandeur. Maintenant, si dans certaines régions et à titre expérimental, les personnels en question étaient partants - ce dont d'ailleurs je doute, enfin si jamais, pourquoi pas !-, bien que je ne sois pas demandeur et que je ne le souhaite pas, je ne peux pas vous dire mieux, cela ne se ferait, même dans un cadre expérimental, qu'avec l'accord des personnels en question. En résumé : 1) le ministère n'est pas demandeur ; 2) si jamais cela devait se faire, ce serait à titre expérimental ; 3) ce serait avec l'accord des personnels en question. Je peux difficilement être plus clair. "

On a vu par la suite comme cela pouvait être clair, mais il est vrai que chez ces gens-là, on n'est pas à un reniement près…

L'argumentaire développé par le gouvernement consiste à dire qu'il sera inscrit dans la loi (puisque les décrets d'application n'ont pas encore été votés), que la part du budget de l'Etat servant à rémunérer ces personnels sera entièrement reversé aux collectivités territoriales, et donc qu'il n'y aura pas d'augmentation de la fiscalité locale liée à ces transferts. De même les missions actuelles de ces personnels seront maintenues dans la loi et donc qu'ils continueront d'accomplir les mêmes fonctions qu'auparavant au sein des Régions ou des Départements. Dont acte, mais ce qu'une loi a établi, une autre loi pourra le défaire et dans quelques années, on nous dira qu'il incombe désormais aux collectivités territoriales de fixer les missions des personnels qui dépendent d'elles (ce qui paraît logique) et qu'il revient également à ces mêmes collectivités de rémunérer ces personnels sur ses fonds propres (ce qui ne paraîtra pas incohérent). Le tour de passe-passe ayant été accompli, qui se rendra alors compte qu'on vient d'assister au désengagement de l'Etat dans un domaine (l'Education Nationale) qui relevait de son champ d'action depuis la fin du 19ème siècle et qui constitue un des socles de la République.

(document 1) Les Inspecteurs d'Académie, d'ordinaire très réservés, ne s'y sont d'ailleurs pas trompés lorsqu'ils écrivent, le lundi 5 mai 2003 :

" LES I.A. SONT UNANIMES A LE PENSER, LE SERVICE PUBLIC D'EDUCATION DOIT RESTER DE LA RESPONSABILITE DE L'ETAT, POUR DES RAISONS DE COHERENCE, D'EGALITE ET DE JUSTICE SOCIALE."
Aujourd'hui il est de bon ton d'affirmer, au nom d'un soi-disant besoin de " proximité ", qu'il faut décentraliser pour " rapprocher " l'administration du citoyen et la rendre ainsi plus efficace.
Rappelons que la déconcentration, largement développée dans les services publics français, permet déjà que toutes les décisions ne se prennent plus à Paris. Mais toutes les autorités déconcentrées (qui sont des fonctionnaires de l'État) agissent dans le cadre d'une politique nationale, dont la cohérence de mise en œuvre est garantie par le lien hiérarchique qui unit les différents échelons.
À l'inverse, la décentralisation transfère à des collectivités infra nationales le pouvoir de définir une politique et les moyens de sa mise en œuvre. Il en résulte que, sur un domaine considéré, il n'y a plus une orientation unique mais autant de politiques que de collectivités En ce sens, la prétendue proximité génère des inégalités de droits et de traitement d'une collectivité à l'autre. Difficile de voir là un progrès démocratique dans notre pays où l'égalité de droit notamment en matière d'éducation est une valeur à laquelle tous les français sont très attachés.
Est-ce que la décentralisation favorise la démocratie de proximité et l'épanouissement du " citoyen d'en bas ? " Ou est-ce un moyen au service du désengagement de l'État ? … "

Mais tout de même, objectera-t-on, vous n'allez pas nous faire croire que le transfert de 150 000 personnes d'un ministère qui en compte près de dix fois plus signifie le démantèlement de l'Education Nationale. Et bien si ! Parce que l'on ne s'attaque pas de front au premier employeur du monde et qu'il s'agit en fait, petit à petit, morceau après morceau (en commençant à la marge) de mettre en place un autre type de société. Non, nous n'agitons pas des épouvantails devant l'opinion publique, car il est des éléments patents qui permettent de dire que nous sommes en face d'un choix de société qui ne dit pas son nom.

1.

Comme premier argument, on pourrait observer ce qui s'est passé dans nombre de grandes entreprises privées depuis une trentaine d'années. On a commencé dans la fin des années 70, à "externaliser " une partie des services, souvent à la "marge " (comme pour l'Education Nationale actuellement) telle que la restauration ou le nettoyage vers des entreprises extérieures. Dans un deuxième temps, une partie même de la production interne a été confiée à d'autres entreprises sous-traitantes.   Enfin dans un dernier temps, on a cassé les grands sites industriels (tel que, par exemple, Boulogne-Billancourt, "la forteresse ouvrière " pour Renault ) au profit de centres de production plus petits en recourant massivement au travail intérimaire. Résultat, au sein d'une même unité de production, des personnels relevant de plusieurs entreprises, aux statuts, salaires, conditions de travail complètement différents et donc corollaire, des ouvriers divisés, n'ayant plus suffisamment d'unité entre eux pour lutter contre la dégradation de leurs conditions de travail ou l'amélioration de leurs salaires.   Qui pense encore pouvoir faire grève dans " le privé " sans craindre pour son emploi ?
Ce processus de "démassification " après avoir été efficacement mené dans le secteur privé s'étend maintenant à la Fonction Publique, seul secteur où la résistance et la solidarité des personnels, malgré, là aussi, l'éclatement des statuts et le recours massif aux précaires, n'ont pas été encore totalement détruites.

2.

Le deuxième argument est la gangrène des cerveaux par la pensée libérale, qui tient lieu de pensée unique dans les milieux politiques ou patronaux et est abondamment relayée par des médias complaisants. Pour cette idéologie, qui place l'économique au centre et relègue l'être humain sur les côtés, il faut moins d'impôts sur le revenu (qui est pourtant l'impôt le moins injuste), moins d'Etat, donc moins de fonctionnaires ; le marché devant être la panacée à tous les maux de la société française. Il s'agit bien là d'un véritable choix de société qui risque de saper les fondements de la République car si l'Etat n'a plus la responsabilité de grands domaines telles que l'Education ou la Santé, quels moyens lui restera-t-il pour assurer une cohésion sociale déjà bien mise à mal.  

Gageons d'ailleurs que la réforme de l'assurance maladie, prévue pour l'automne ne manquera pas de nous guider encore un peu plus vers un désengagement de l'Etat et vers un type de société où le rapport marchand primera sur l'égalité d'accès à l'éducation et aux soins sur tout le territoire, quels que soient ses origines et ses revenus. La loi de la jungle sera alors durablement installée…

Un premier signe symbolique vient d'ailleurs montrer la voie à suivre (document 2) :

  Le 5 mars dernier, le Premier Ministre a modifié le décret du 23 février 1990 instituant un Conseil national des programmes : les mots "ministre de l'Éducation nationale " ont été remplacés par les mots "ministre chargé de l'Éducation ". Cette petite opération lexicale qui consiste à amputer le "nationale " de "l'éducation " donne une idée de la manière dont le gouvernement compte mener la décentralisation de l'enseignement public : radicalement mais par petits bouts. L'exemple qui précède n'est peut être pas aussi anodin qu'il pourrait y paraître au premier regard quand on sait que quelques temps avant sa privatisation, les dirigeants de France Télécom avaient fait appel à une entreprise extérieure pour reformuler le vocabulaire interne de l'entreprise…

3.

Troisième argument, cette conférence donnée par Nico Hirtt (l'un des initiateurs du mouvement belge " Appel pour une école démocratique " (Aped), est l'auteur de "L'école sacrifiée" (EPO 1996) et de " Tableau Noir ". (avec G. de Selys, EPO 1998). Il vient de publier "Les nouveaux maîtres de l'Ecole ". (EPO & VO-Editions). au cours de laquelle l'auteur a pu dire (document 3) :
" Depuis un peu plus d'une dizaine d'années, nous sommes les témoins d'une mutation cruciale dans les systèmes Educatifs des pays industrialisés. Ce bouleversement marque le passage de l'ère de la massification de l'enseignement, à l'ère de sa "marchandisation".

Pour être plus précis, c'est d'une "double marchandisation" qu'il convient de parler : premièrement au sens d'une adaptation des contenus, des structures et des pratiques d'enseignement aux attentes des marchés ; deuxièmement au sens d'une transformation des savoirs et de l'Ecole eux-mêmes en nouveau secteur marchand, générateur de profits…

…comme le soulignait le groupe de travail Reiffers, mis en place par la Commission européenne à l'initiative de Mme Cresson, "la libération du processus éducatif rendue ainsi possible aboutira à un contrôle par des offreurs d'éducation plus innovants que les structures traditionnelles." [p.62] Quant au rapport 1998 de l'OCDE sur les politiques éducatives, il conclut avec une rare clarté : "la mondialisation - économique, politique et culturelle - rend obsolète l'institution implantée localement et ancrée dans une culture déterminée que l'on appelle "l'Ecole" et en même temps qu'elle, "l'Enseignant'." [p.16]…   …En ces temps de surcapacité de production, les investisseurs sont en quête de nouveaux secteurs où ils puissent rentabiliser leurs capitaux. Après les services postaux, les transports en commun, les soins de santé, il ne reste plus guère de grands secteurs à conquérir. A une exception près : l'enseignement. Et quelle exception ! un marché potentiel de plus de 1.000 milliards de dollars (montant annuel des dépenses publiques d'éducation dans le monde), soit davantage que le marché mondial de l'automobile. On comprend qu'il y a là de quoi faire saliver plus d'un investisseur…   …Tout cela signifie-t-il, à terme, la mort de l'école publique ? Pas tout à fait puisque, comme le fait remarquer l'OCDE avec une rare lucidité ou le comble du cynisme, les pouvoirs publics n'auront plus qu'à "assurer l'accès à l'apprentissage de ceux qui ne constitueront jamais un marché rentable et dont l'exclusion de la société en général s'accentuera à mesure que d'autres vont continuer de progresser."
         

De dérive en dérive, de décentralisation en privatisation, c'est l'exception française qui devra être détruite. On en arrivera à une école à l'anglo-saxonne telle que cette enseignante d'origine écossaise nous la décrit (document 4) :

" Enseignante à la Réunion, d'origine écossaise, je souhaiterais m'adresser aux parents et rendre compte de l'état de l'enseignement en Grande Bretagne, modèle que le gouvernement français semble vouloir adopter.
Dans mon pays, l'éducation dépend des régions et dans nos établissements, il n'y a pas d'assistantes sociales, d'infirmières, de conseillers d'orientation, de surveillants, de CPE, d'intendants.
Tout le travail de ce personnel essentiel et donc qualifié est donc effectué par les professeurs (qui ont beaucoup plus d'heures de cours) et par les chefs d'établissements - des personnels qui n'ont pas la formation pour accomplir ce travail.
Qu'est ce que cela veut dire concrètement pour les élèves et les parents ?

La qualité de l'enseignement est nettement inférieure parce qu'on ne peut pas exercer plusieurs métiers en même temps et qu'il est alors difficile de consacrer suffisamment de temps à nos élèves, à la préparation des cours et aux corrections. Résultat : le travail est superficiel et les devoirs simplifiés sont souvent corrigés en classe par le voisin.

Des enseignants surmenés quittent la profession et il y a des problèmes de recrutement. Dans certaines régions, on bouche les trous en primaire avec des étudiants d'autres pays européens. Dans le secondaire les enseignants remplacent leurs collègues malades : un professeur de maths peut remplacer un collègue en allemand par exemple/ résultat : aucune garantie de qualité.
Un taux d'absentéisme alarmant chez nos élèves, faute d'in encadrement efficace (pas de surveillant, ni de CPE) Résultat : davantage de délinquance.
Depuis 10 ans énormément d'écoles en Angleterre ont décidé de quitter le public pour devenir " Independants Schools " et sont ainsi devenues payantes. Résultat : des écoles de qualité pour ceux qui en ont les moyens et l'école publique démunie pour les autres.
Personnellement je ne mettrais pas mes enfants dans une école publique chez moi et je n'arrive pas à croire que les français vont accepter qu'on leur impose un tel modèle.

L'éducation de nos enfants n'a pas de prix. En reléguant progressivement le système éducatif aux régions celles qui sont les plus démunies n'auront d'autre choix que de se tourner vers le privé, amenant un modèle d'école à deux vitesses. Dans mon pays nous n'avions pas compris les dangers et nous en payons maintenant lourdement les conséquences. Je souhaite de tout mon cœur, pour nos enfants, que les français vont réagir. Il faut protéger l'égalité des chances pour chaque enfant.
En France le système d 'éducation est d'une très haute qualité. Si vous ne me croyez pas allez voir comment cela se passe ailleurs. "

On peut déjà imaginer vers quoi pourrait tendre le transfert des COpsy vers les régions par cet exemple de privatisation du service d'aide à l'orientation : " L'Etudiant " propose depuis cette année un service d'orientation sur Internet à 149 euros, pour passer un petit questionnaire de personnalité, recevoir des brochures de "l'Etudiant ", et environ 3 appels téléphoniques de 15 minutes à un coseiller, à utiliser dans les 6 mois.

4.

Quatrième argument (document 5), ce rapport du Conseil d'Etat, rendu public le 20 mars 2003, dans lequel le C.E. estime qu'il est temps pour la fonction publique de s'adapter à "la concurrence du marché mondial" (p.250), de se calquer sur les modèles des pays européens (Italie, Espagne, Royaume-Uni, Allemagne), de recourir à une plus grande souplesse qu'offre la "flexibilité externe" (la délégation au secteur associatif des missions de service public, dans les milieux de l'éducation, de la réinsertion...), de concilier l'ensemble des régimes et donc de réconcilier (sic) l'ensemble des personnes qui exercent une activité rémunérée et en appliquant à tous la même réglementation : le contrat de travail et les conventions collectives régis par le droit du travail. Il s'agit de "substituer la convention au statut", c'est-à-dire " qu'il n'y a plus de raison fondamentale de maintenir sous le régime sacralisé de la fonction publique " (p.315) la plupart des fonctionnaires, c'est à dire tous ceux qui n'exercent pas les fonctions régaliennes de l'Etat, c'est-à-dire tous sauf, les militaires, les magistrats, les forces de police, les agents de l'administration pénitentiaire (p.320).

5.

Cinquième argument (document 6) : Les négociations actuelles dans le cadre de l'OMC sur l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS).
Le droit de l'accès libre et égal pour tous à l'éducation (dont l'éducation publique nationale est garante) est menacé par les négociations en cours à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce), et à la Commission Européenne. L'OMC, organisation mondiale, regroupe 145 pays, dont tous les plus grands. L'objectif de l'OMC est de soumettre les activités humaines aux marchés mondiaux du commerce, de l'investissement, ces marchés étant dominés par les entreprises multinationales.
  L'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) est un des accords fondateurs de l'OMC. Il comporte un programme : par étapes successives, chaque pays membre doit soumettre à l'OMC, et donc au marché mondial, un nombre de services toujours plus grand. Pour la fin 2004, date butoir des négociations en cours, chaque état devra désigner les services publics qu'ils comptent privatiser. Avec l'OMC et les pouvoirs qu'elle est la seule à détenir, le droit de la concurrence commerciale l'emporte sur tous les autres droits et en particulier les droits humains fondamentaux, les droits économiques, sociaux et environnementaux reconnus aux citoyens par les dispositions constitutionnelles ou légales adoptées dans le cadre national ou dans le cadre de pactes internationaux.   Dans les documents de travail préparés à l'OMC, l'éducation est traitée comme un marché.
" L'éducation et la santé sont mûres pour la libéralisation " Michel Servoz, 1999 (représentant de l'Union européenne auprès de l'OMC)

6.

Le dernier argument - provisoirement - (document 7) nous est fourni par L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et nous montre tout le cynisme qui peut être mis en œuvre par nos gouvernants pour arriver à leurs fins. En effet et afin d'aider les gouvernements à faire passer la pilule de la mondialisation sans provoquer de troubles sociaux, le centre de développement de l'OCDE a publié un cahier, bourré de conseils et d'astuces, dont voici un exemple.   Au chapitre intitulé "comment éviter les risques politiques ? " du cahier n° 13, il est écrit : " Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la "quantité" de service, quitte à ce que la "qualité" baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d'é1èves ou d'étudiants.   Les familles réagiront violemment à un refus d'inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l'enseignement et l'école peut progressivement et ponctuellement [. . . ] supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l'établissement voisin, de telle sorte que l'on évite un mécontentement général de la population. " Sans commentaires…

En fait, le mouvement social actuel met sur la place publique un débat qui aurait dû se tenir lors de la dernière campagne présidentielle mais qui a été complètement escamoté, à savoir : quel projet politique pour l'avenir de la société française ou, pour le dire autrement, vers quel type de société veut-on que la France se dirige. Mais présenter clairement devant les citoyens un projet de société où l'incantation tient lieu de programme, la communication de méthode de gouvernement, et l'idéologie ultra-libérale de système de pensée, présentait encore quelques risques de résistance et d'opposition…

Il faudra sans doute encore quelques années de gavage de crânes médiatiques pour que ces idées puissent cesser d'avancer masquées et s'étaler au grand jour…


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