| Loi
Montchamp et analyse par le PAS38
(Du nom de
Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d'Etat aux personnes handicapées)
Loi n° 2005-102
du 11 février 2005 pour l'égalité des droits
et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes
handicapées parue au J.O. le 12 février 2005, adoptée
au Sénat le 27 janvier 2005, à l'Assemblée
le 3 février 2005, promulguée le 11 février
2005 par le Président de la République Jacques Chirac.
Les travaux préparatoires avaient débuté en
2003 après l'annonce faite par Chirac déclarant les
droits des personnes handicapées comme l'un des trois chantiers
principaux de son quinquennat. (Il y avait aussi la lutte contre
le cancer. Les autres ? Le chômage ?)
Cette nouvelle loi remplace la loi d'orientation en faveur des personnes
handicapées du 30 juin 1975. Elle entre en application le
1er janvier 2006. Durant la période de préparation
de la loi Montchamp, il y a eu de nombreux mouvements dans les associations
de personnes handicapées. Peu médiatisés.
Le texte complet
de la loi sur :
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SANX0300217L
Tous les détails de sa genèse sur : http://assembleenationale.fr/12/dossiers/handicapes.asp
Titre IV : Accessibilité
(art. 19 à 54) dont :
Chapitre 1 : scolarité, enseignement supérieur et
enseignement professionnel (art. 19 à 22).
Chapitre 2 : Emploi, travail adapté et travail protégé
(art. 23 à 40) ; c'est le plus long.
Titre V : Accueil et information des personnes handicapées,
évaluation de leurs besoins et reconnaissance de leurs droits.
Chapitre 1 : La CNSA (Commission Nationale de Solidarité
pour l'Autonomie) créée par la loi du 30 juin 2004
et dont les crédits sont alimentés par la suppression
d'un jour férié.
Chapitre 2 : Les maisons départementales du handicap
Chapitre 3 : Les commissions des droits à l'autonomie des
personnes handicapées.
Titre VI : Citoyenneté et participation sociale.
Titre VII : Dispositions diverses.
Titre VIII : Dispositions transitoires.
Le plus " gros morceau " en taille (mais pas que) correspond
aux adultes. L'application de la loi précédente avait-elle
pris là-dessus du retard ? Insuffisance de création
des lieux de vie, de travail, d'obligations aux entreprises, etc.
... etc.
Quelques
morceaux choisis.
Art. l. 112-1.
" Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent en application
des articles L. 111-1 et L. 111-2, le service public de l'éducation
assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure
aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un
handicap ou un trouble de santé invalidant. Dans ses domaines
de compétence, l'Etat met en place les moyens financiers
et humains nécessaires à la scolarisation en milieu
ordinaire des enfants, des adolescents ou adultes handicapés.
" Tout enfant, tout adolescent présentant un handicap
ou un trouble invalidant de la santé est inscrit dans l'école
ou dans un des établissements mentionnés à
l'article L. 351-1, le plus proche de son domicile, qui constitue
son établissement de référence.
" Dans le cadre de son projet personnalisé, si ses besoins
nécessitent qu'il reçoive sa formation au sein de
dispositifs adaptés, il peut être inscrit dans une
autre école ou un autre établissement mentionné
à l'article
L 351-1 par l'autorité administrative compétente,
sur proposition de son établissement de référence
et avec l'accord de ses parents ou de son représentant légal.
Cette inscription n'exclut pas son retour à l'établissement
de référence.
Art. L. 11262.
"Afin que lui soit assuré un parcours de formation adapté,
chaque enfant, chaque adolescent ou adulte handicapé a droit
à une évaluation de ses compétences, de ses
besoins et des mesures mises en uvre dans le cadre de ce parcours,
selon une périodicité adaptée à sa situation.
Cette évaluation est réalisée par l'équipe
pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8
du code de l'action sociale et des familles. Les parents ou le représentant
légal de l'enfant sont obligatoirement invités à
s'exprimer à cette occasion.
" En fonction des résultats de l'évaluation,
il est proposé à chaque enfant, adolescent ou adulte
handicapé, ainsi qu'à sa famille, un parcours de formation
qui fait l'objet d'un projet personnalisé de scolarisation
assorti des ajustements nécessaires en favorisant chaque
fois que possible, la formation en milieu scolaire ordinaire. Le
projet personnalisé de scolarisation constitue un élément
du plan de compensation visé à l'article L. 146-8
du code de l'action sociale et des familles. Il propose des modalités
de déroulement de la scolarité coordonnées
avec les mesures permettant l'accompagnement de celle-ci figurant
dans le plan de compensation. "
Art. L. 112-2-1.
" Des équipes de suivi de la scolarisation sont créées
dans chaque département. Elles assurent le suivi des décisions
de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées,
prises au titre du 2° du I de l'article L. 241-6 du code de
l'action sociale et des familles.
" Ces équipes comprennent l'ensemble des personnes qui
concourent à la mise en uvre du projet personnalisé
de scolarisation et en particulier le ou les enseignants qui ont
en charge l'enfant et l'adolescent.
" Elles peuvent avec l'accord de ses parents ou de son représentant
légal, proposer à la commission mentionnée
à l'article L. 241-5 du code de l'action sociale et des familles
toute révision de l'orientation d'un enfant ou d'un adolescent
qu'elles jugeraient utile. "
Art. L. 112-5.
" Les enseignants et les personnels d'encadrement, d'accueil,
techniques et de service reçoivent, au cours de leur formation
initiale et continue, une formation spécifique concernant
l'accueil et l'éducation des élèves et étudiants
handicapés et qui comporte notamment une information sur
le handicap tel que défini à l'article L. 114 du code
de l'action sociale et des familles et les différentes modalités
d'accompagnement scolaire. "
Pour ce qui concerne les écoles deux changements importants.
- On ne parle plus d'intégration mais de scolarisation.
- La charpente institutionnelle est totalement différente.
On oublie les CCPE, CCSD, CDES et COTOREP. En gros c'était
des " assemblages" de la loi de 75 mis en place de façon
partenariale entre des ministères différents (Education
et Santé) donc liés à l'Etat. On passe à
un montage dans le cadre des Conseils Généraux.
Sont ainsi créées
:
- Des Maisons départementales du handicap dont le directeur
est nommé par le président du Conseil Général.
Ce sont des Groupements d'Intérêt Public (GIP) dont
le département assure la tutelle administrative et financière.
Chaque maison gère ses fonds alimentés par la Caisse
Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (CNSA) créée
par la loi du 30 juin 2004. Cette CNSA est alimentée par
la suppression d'un jour férié. Entre autres ? Elle
est administrée par une commission exécutive présidée
par le Président du Conseil Général et dont
les membres sont pour moitié des représentants du
département, pour un quart des associations de personnes
handicapées et pour le quart restant des représentants
de l'Etat (trois en tout), des organismes locaux d'assurance maladie
et allocations familiales et d'autres non précisés.
- Une commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées.
23 membres : 4 représentants du département désignés
par le président du Conseil Général, 4 de l'Etat
(DDASS, IA, DD du Travail et un médecin de DDASS), 2 de l'assurance
maladie et des caisses d'allocations familiales, 1 association de
parents, 7 associations des personnes handicapées, 1 représentant
le conseil consultatif et deux des organismes gestionnaires d'établissements
(1 pour DDASS et 1 pour CG). Ils siègent à titre gratuit.
- Une équipe pluridisciplinaire qui " réunit
des professionnels ayant des compétences médicales
ou paramédicales, des compétences dans les domaines
de la psychologie, du travail social, de la formation scolaire et
universitaire, de l'emploi et de la formation professionnelle. Sa
composition doit permettre l'évaluation des besoins de compensation
du handicap quelle que soit la nature de la demande et le type de
handicap ; cette composition peut varier en fonction des particularités
de la situation de la personne handicapée. " Les membres
sont nommés par le directeur de la Maison du handicap.
Commentaires/
Analyse du PAS38
Bon alors voilà, avec tout ça vous êtes bien
avancés ! Qu'est-ce qu'on fait avec cette usine à
gaz ? On lit ensemble la loi. On réfléchit. On prend
son temps. On entend les uns, les autres. On travaille les décrets
d'application. (Celui sur l'application " relatif au parcours
de formation des élèves présentant un handicap
" a été signé le 30 décembre 2005,
est paru au J.O. le 31. Ouf ! Juste à temps !) On met en
place l'aspect pratique. On pense la transition.
Que Nenni !!! On Fonce !!! Alphonse ! (Celle-là je la garde)
Où ? Oh ! Ben ça ! On verra ! Flou sur les pistes
! C'est dit : janvier 2006 ! Ce sera janvier 2006 !
Et quand ça a été dit que ce serait janvier
2006 ? Eh ben dans l'Isère début décembre !
Dans certains départements, dès septembre. Dans d'autres,
ce sera à la prochaine année scolaire. Les décrets
d'application arrivant au compte goutte. Il faut aller chercher
sur Internet. Se renseigner auprès de collègues.
La loi date
de février 2005 !
Vous en avez entendu parler par l'administration ? Dans l'AIS
(qui n'existera peut-être plus puisque I = Intégration)
on avait cru comprendre que ça ne se mettrait pas en place
dans l'année. Il y avait bien une note de l'IA disant que
dès septembre, si une famille demandait l'inscription d'un
enfant handicapé dans son école de secteur, il fallait
prendre cette inscription. Il y a sûrement eu d'autres éléments
d'information. Ca n'a pas fait l'objet de conférences pédagogiques
? Il y a eu deux journées en novembre à l'IUFM. Y
a-t-il eu une information dans les écoles sur ces deux journées
? Par contre, qu'est-ce qu'il y a eu comme pub pour la journée
sur les dys (-lexie, -orthographie, -calculie, -graphie,) organisée
par des associations et les " cogniscientologues " qui
ont le vent en poupe ! Et puis le vent semble se calmer. Au conseil
de formation du 25.01.06, on parle " d'un nouveau dispositif
qui va se mettre en place tout doucement " et la réflexion
sur la formation démarre à peine. Aïe ! De battre
mon cur
Dans cette
ambiance on peut craindre un accueil difficile à l'arrivée
de cette nouvelle loi. On change totalement de culture. Pas tant
sur le fond d'ailleurs me semble-t-il que sur la forme. Et c'est
bien la forme qui va nous faire avancer d'une façon ou d'une
autre ! Que fait-on à partir de janvier ? Des demandes ont
été adressées aux CCPE : qu'en faire puisqu'il
n'y a plus de CCPE. (Je rappelle que ces demandes, ça concerne
des enfants.)
Ah ! J'apprends d'une de nos fidèles auditrices que "
si ! " jusqu'au mois de juin les commissions continuent de
se réunir. Mais une autre nous dit que ce ne sont plus des
CCPE mais des réunions de concertations. C'est pas clair
? Vous avez appris à lire avec quelle méthode vous
? Plus de secrétaires de CCPE : des référents
de scolarité qui suivront les situations de la maternelle
au lycée. Ce n'est pas une mauvaise idée mais qui
ça va être ? On est à la fois dans le primaire
et le secondaire. De quels postes s'agit-il ? Changer la carte scolaire.
Changer le mouvement ? Personnels Education Nationale exécutant
les missions du Conseil Général ? Comment seront constitués
les dossiers ? Où iront-ils ? A qui les adresser ?
Quelles garanties de qualité, de confidentialité,
pour l'enfant et sa famille ? Pour les professionnels ? Il semble
que pour organiser un PPS, c'est la famille qui s'adresse à
la CDA avec un certificat médical qui indique le handicap.
Soit ! Pas de problème en ce qui concerne les handicaps moteur
ou sensoriels. Plus compliqué quand il s'agit de troubles
du comportement et de la personnalité. Parce que des médecins
qui affirment dans ce type de domaine, ça ne court pas les
rues. Et le grand paradoxe de cette loi est qu'on ne parle plus
d'intégration mais de scolarisation et que dans le même
temps il n'est plus question de commissions de l'éducation
spécialisée mais de Maison du handicap. Allez y comprendre
quelque chose !
Quand une situation était difficilement tenable sur le terrain,
on pouvait demander à la CCPE d'étudier la situation
" en tiers ". Aller jusque tout là haut à
la Maison du handicap ? Laisser s'enflammer les conflits ? L'IA
a quatre mois pour informer la Maison départementale qui
prendra toutes mesures utiles. Qui ? Comment ? IA = Education Nationale
; Maison départementale = Conseil Général ???
Y a-t-il des réunions prévues dans les circonscriptions
pour au moins une information si ce n'est un débat ? Et qui
est au courant ? L'enfant est inscrit dans son école de référence.
S'il n'y est pas scolarisé, il est prévu qu'il puisse
y retourner. Comptera-t-il dans les effectifs ?
Que des questions pour l'instant !
Et LA question : les " pépettes " ? (Les moyens
quoi ! Toujours constants).
C'est effectivement
un grand chantier. Ca ne nous fait pas peur mais " avant de
poser la cuisine intégrée il faudrait réfléchir
aux fondations " proverbe des maçons creusois de la
région de Felletin.
Si vous avez encore d'autres questions à ajouter, n'hésitez
pas à nous contacter. Et ceux qui auraient des réponses
seront aussi les bienvenus.
La commission
ex-AIS du PAS. Le 28.01.06
|