La
population le sait, en particulier depuis le printemps 2003, la
décentralisation est une arme contre le service public et
de plus comme les moyens ne suivent pas elle met en difficulté
les finances des régions et des départements.
Cest
vrai pour lEducation Nationale cest aussi vrai pour
la Solidarité Nationale dont le RMI fait partie. Devant
cette situation qua fait le Conseil Général
des Bouches du Rhône (à majorité socialiste
et communiste) ?
Au lieu de
sappuyer sur le mouvement social tant des personnels que
des chômeurs pour combattre la politique gouvernementale,
il a décidé, évidemment sans concertation,
de sen prendre non aux responsables de cette politique,
mais aux victimes de celle-ci. Comme le dit si justement le Collectif
contre lexclusion « il a préféré
sen prendre aux pauvres quà la pauvreté
».Devant la montée du nombre de chômeurs et
donc de Rmistes, il a mis en place, pour la première fois
en France, un dispositif départemental, directement inspiré
de la loi Borloo, destiné à radier et à éliminer
le maximum dentre eux.
Le mardi 15
mars une réunion statutaire passant outre lavis de
toutes les organisations syndicales du personnel, a voté
lembauche de « 30 contrôleurs dinsertion
» chargés de faire la chasse « aux profiteurs
du RMI » (sic) en particulier « les gens du voyage,
les professionnels de la culture et les jeunes des quartiers sud
» (resic propos tenus à la presse par le président
socialiste du CG). Devant les grilles du CG, bien cadenassées
pour la circonstance, un rassemblement, jamais vu dans ces proportions,
de Rmistes et de travailleurs sociaux de toutes associations,
a bien protesté en vain
pour cette fois ci.
Le fait quaucun
élu de gauche nait voté contre cette décision
qui pourrait aboutir à la radiation de 21 000 Rmistes de
notre département en dit long sur le fossé qui existe
entre les politiques et la population. Que cela se passe dans
un département de « gauche » créant
ainsi un précédent politique grave, montre assez
quil y en a qui refusent encore et toujours de tirer les
leçons dun certain 21 avril.
Comme pour
la Constitution, quand on est de gauche il faut savoir dire NON
aux mesures dinspiration libérale, à la politique
du bouc émissaire, au populisme, à lexclusion.
Comme la
dit le syndicat CGT du CG dans une déclaration que tout
élu ferait bien de méditer pour sa propre action
politique : « De cette majorité départementale,
nous aurions souhaité des actes constructifs en matière
de sauvegarde de lemploi, daccès à la
formation, de prise en compte des problématiques de santé
et de logement. »
En ce qui
concerne Rouges Vifs nous considérons que ce qui doit guider
toute action politique cest lintérêt
des gens et le progrès social. Nous refusons de brader
nos idéaux sur lautel des réalismes politiciens.
Communistes
nous restons du côté des salariés, des exclus
et de ceux qui ont choisi de travailler à leur service.
Le bureau
de Rouges Vifs 13
Le 17 mars
2005
source : social Mars