Chers collègues,
dans la foulée
du gouvernement et des média, certains pratiquent la
politique de la désinformation à propos du projet
de loi Fillon.
N'hésitez pas à vous procurer l'original sur le
site officiel.
Pour vous mettre en appétit, je vous envoie ces quelques
extraits choisis,
forcément subjectifs, nullement exhaustifs, mais néanmoins
significatifs.
Article
16
En vue
de la délivrance des diplômes, il peut être
tenu compte,
éventuellement en les combinant, des résultats d'examens
terminaux, des
résultats des contrôles en cours de formation, des
résultats du contrôle
continu de connaissance, et de la validation des acquis de l'expérience.
Le ministre
ne cesse de le répéter; il n'a nullement renoncé
à réformer le
bac.
Mais l'article du texte de loi ci-dessus va beaucoup plus loin.
C'est
l'ensemble des examens qui est menacé. Et aussi grave que
le contrôle
continu, la validation des acquis de l'expérience, remet
en cause la valeur
de tout le système des diplômes.
Article
21
Dans chaque
établissement public local d'enseignement est institué
un
conseil pédagogique.
Ce conseil, présidé par le chef d'établissement,
réunit au moins un
professeur principal de chaque niveau d'enseignement...Il prépare
la partie
pédagogique du projet d'établissement.
Article
25
La liberté
pédagogique de l'enseignant s'exerce dans le respect des
programmes et des instructions du ministre (...) et dans le cadre
du projet
d'école ou d'établissement...
On ne peut
dire plus clairement que le caractère propre, auparavant
réservé
aux établissements privés, s'étend désormais
à chaque établissement public, sous le prétexte
du projet d'établissement et de sa partie pédagogique
élaborée et contrôlée par le conseil
pédagogique sous la houlette du chef d'établissement.
Mais si vous
voulez avoir un apercu des objectifs de la loi, c'est dans le
rapport annexé qu'il faut plonger.
C'est ainsi que dans le paragraphe sur l'orientation, on peut
lire:
A l'issue
de la classe de troisième, la décision d'orientation
tient compte
du projet de l'élève, de ses aptitudes, des différentes
offres de formation
existantes et des perspectives d'emploi.
On n'a jamais
aussi clairement écrit que nous devons orienter les élèves
en
fonction des besoins supposés des entreprises. Et ce leitmotiv
revient en
plusieurs points du projet de loi.
Dans le paragraphe
consacré au recrutement des enseignants, on découvre
une disposition qui n'a pas bénéficié de
la publicité qu'elle mérite. Je vous la
livre in extenso:
Les troisièmes
concours deviendront une vrai voie de diversification du
recrutement pour des personnes ayant acquis une expérience
professionnelle dans le secteur privé. Pour ce faire, la
condition de diplôme est supprimée, la durée
de l'expérience professionnelle est portée à
cinq ans, sans période de référence, et elle
est élargie à tous les domaines professionnels.
Le statut de professeur associé dans le second degré
sera développé. Les
établissements, dans le cadre de leur dotation en heures
d'enseignement,
pourront faire appel à des professeurs associés
issus des milieux
professionnels, pour diversifier et compléter leur potentiel
d'enseignement.
Enfin, il
est particuliérement instructif pour nous de lire le paragraphe
qui s'intitule:
Les missions
des enseignants
On y découvre
trois perles:
Pour assurer
la qualité du service public de l'éducation, les
professeurs
des lycées et collèges participent à la continuité
pédagogique nécessaire
aux élèves en concourant dans leur établissement
au remplacement de courte durée de leur collègues
absents.
En raison
de l'évolution des conditions d'enseignement, le fondement
de
décharges spécifiques - i.e. l'heure de première
chaire - désormais non
justifiées devra être réexaminé de
sorte que les établissements disposent de
moyens propres pour mettre en oeuvre leurs priorités pédagogiques
au service de la réussite de tous les élèves.
Pour faciliter
l'adaptation des élèves à l'enseignement
du collège,
l'autorité académique pourra nommer, notamment en
classe de sixième, des
professeurs de lycée professionnel qui enseigneront deux
disciplines.
Les lycéens
manifestent contre le ministre? Ils ont bien raison.
Je me demande ce que nous attendons.
Jean-Louis
Marchetti
source: coord educMARS