D'un premier
abord très démagogique, cette nouvelle loi d'orientation
Fillon, qui tente de séduire parents et personnels, signe
la fin du service public d'Education.
PRENEZ
LE TEMPS DE LIRE CECI
- La LOLF
(Loi organique sur les Finances publiques) quant à elle
organise le passage d'une culture de moyens à une culture
de résultats : il faut améliorer les rendements
des fonds publics en recourant à moins de moyens. Cela
se traduit par la mise au point d'indicateurs de performance :
La LOLF
et l'Education nationale
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- un
indice synthétique d'activité (ISA : à
chaque type et niveau de formation, serait préalablement
affecté un nombre de points (par élève)
proportionnel à l'importance des moyens matériels
et humains qu'il nécessite ; puis, on diviserait,
pour chaque établissement, le coût des moyens
dont il dispose par le nombre de points correspondant aux
formations qu'il dispense. On obtiendrait ainsi la valeur
du point, qui renseignerait directement sur l'efficacité
de chaque établissement.
- un
indice synthétique de qualité (ISQ), qui mesurerait,
pour chaque établissement, l'écart entre les
résultats attendus et les résultats constatés.
Reposant sur le dispositif déjà existant permettant
de comparer ces résultats, il pourrait être
affiné, au sein des établissements, par filière
de formation et par classe. Les esprits et les outils (TICE)
sont déjà prêts dans le primaire avec
la mise en place des évaluations en CE2.
- un
indice de performance, résultant du croisement de
ces deux indices (ISA et ISQ), mesurant l'efficience de
l'établissement ou de la classe. Cet indice pourrait
être utilisé pour mettre en place un régime
indemnitaire rénové, conduisant à l'attribution
d'une " prime de performance " aux chefs d'établissement
d'abord, puis dans un second temps, à l'ensemble
du personnel. Cette prime serait financée à
partir de tout ou partie des primes existantes, auxquelles
on ajouterait une partie des sommes des moyens rendus disponibles
par l'amélioration de la performance du système.
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La LOLF revient
donc à mettre tout de suite en place, la concurrence entre
établissements publics d'une part, établissements
publics et privés d'autre part. Cette gestion est dores
et déjà corroborée par les lois de décentralisation
subies par les personnels ATOS de l'Education, par la loi Fillon
annonçant la fin du collège unique et de l'école
maternelle. Une école à deux vitesses est mise
en place par l'introduction du bac en contrôle continu.
On se doute alors comment, pour améliorer ses indicateurs
de réussite, un proviseur de lycée ZEP par exemple
devra orienter les élèves de son établissement
vers des filières où ils ont des "compétences
naturelles" - ce sera la seule façon d'afficher des
"bons résultats" et d'obtenir des financements.
On voit également comment est ainsi mise en place pour
la rentrée 2005 une "grille des salaires" au
mérite pour les enseignants. Et son corollaire, la répression
pédagogique (dictée dans le primaire, rédaction
dans le secondaire), avec comme soutien dans le primaire, les
réseaux d'écoles et leurs super-directeurs.
La stratégie
ministérielle de réforme (SMR) prévoit une
"réorganisation de la carte des options, en
particulier les langues, dans les lycées". En clair,
et selon les indicateurs de performance retenus dans le même
document, il n'y a aucune raison de maintenir un enseignant devant
un groupe de moins de 15 élèves. "Ainsi, plus
de la moitié des heures d'enseignement du russe, de l'arabe,
du breton, du grec ancien ou du portugais, le sont devant un groupe
de moins de 15 élèves, ce taux culminant à
plus de 70 % pour le russe (75,5 %) et l'arabe (74,1 %). On imagine
la marge des gestionnaires au niveau des rectorats
Pratiquement,
un gestionnaire peut employer moins de personnel et les
payer plus; ou employer moins de personnels titulaires et plus
de précaires pour améliorer sa performance
(efficience). Si l'on se reporte à l'indice de performance
défini ci-dessus, une simple conclusion s'impose : pour
permettre des primes, il faut pouvoir diminuer les traitements
(ou les salaires) des autres personnels. Dans tous les cas, on
en vient à la casse des statuts dans la fonction publique,
le développement de la contractualisation et de statuts
de droit privé dans l'E.N.
Cette loi
prévoit aussi une privatisation en " adaptant
les nouvelles normes selon une logique simple " : C'est le
cas de la norme relative aux immobilisations corporelles, notamment
l'immobilier banalisé (bureaux), pour lequel une solution
originale d'évaluation à la valeur de marché
a été retenue pour permettre une gestion dynamique
par les services. La preuve sera ainsi faite du manque de rentabilité
et d'efficience des services publics, et de la nécessité,
pour le bien du contribuable, de déléguer ces missions,
ou, mieux, de les privatiser.
L'objectif
de cette politique de "modernisation" ne fait plus de
doute. Afficher la baisse des dépenses publiques comme
un objectif en soi, ne plus réfléchir aux objectifs
que l'on assigne à des services publics, ne plus définir
même les besoins de la population, conduit à éliminer
la dépense publique, et, à terme, le service public.
La
réforme du budget implique des transformations complètes
du statut des fonctionnaires.
Nous devons nous mobiliser contre la loi Fillon,
mais également contre la politique budgétaire et
fiscale de ce gouvernement qui touche toute la société.
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Mercredi
12 janvier
(la loi Fillon passe devant le conseil des ministres) RDV
à 14 h au Vieux Port
Mardi
18 et mercredi 19 janvier soutenons nos camarades de
la poste et du rail
Jeudi
20 janvier manifestation de la fonction publique à
Marseille (10h
aux Mobiles)
.et l'après midi allons
massivement dans les AG de secteurs pour réfléchir
ensemble aux suites à donner à ce mouvement
Samedi
22 janvier participons à la marche pour l'emploi
initié par Nestlé
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MOBILISONS
- NOUS !!
Collectif
de l'Education en lutte