Communiqué
de l'Union syndicale Solidaires
Le Premier
ministre a dévoilé le "contrat 2005" qu'il
souhaite passer avec
les français. En fait, il s'agit pour l'essentiel d'un
contrat avec le patronat. Symboliquement présentée
au même moment où l'Assemblée nationale adoptait
une modification des règles régissant les licenciements
économiques, la réforme, où plutôt
la contre-réforme, des 35 heures confirme que ce gouvernement
est totalement acquis aux thèses du Medef.
La modification
des règles de licenciement affaiblit les droits des salariés.
Ainsi une entreprise qui procédera à une restructuration
ne sera plus obligée d'engager un plan social, sauf en
cas de licenciements secs. En excluant ainsi les reclassements
internes du décompte du nombre de salariés nécessaires
au déclenchement d'un plan social, c'est les garanties
collectives des salariés qui sont remises fondamentalement
en cause. De plus, la diminution générale des délais
de recours accroît les marges de manoeuvre des employeurs
et les quelques avancées sociales de la loi de modernisation
sociale ont été supprimées. Enfin, des "accords
de méthode" dérogatoires au code du travail
pourront encore assouplir ces nouvelles règles pour le
plus grand profit du patronat.
C'est la même
logique qui prévaut avec la remise en cause des 35 heures.
Le contingent légal d'heures supplémentaires est
porté de 180 à 220 heures et pourra encore être
augmenté par des accords de branche ou d'entreprise. L'accord
dérogatoire pour la rémunération des heures
supplémentaires pour les entreprises de moins de 20 salariés
est prorogé jusqu'à fin 2008, alors même que
ce sont elles qui les utilisent le plus. Ainsi, les salariés
des PME travailleront plus sans "gagner plus". Enfin,
en assouplissant considérablement les modalités
de fonctionnement du compte épargne-temps et en encourageant
le paiement des jours de RTT, le gouvernement rend, de fait, les
35 heures facultatives. Toutes ces mesures vident de toute portée
la référence à la durée légale
du travail, comblant ainsi une vieille revendication patronale.
Toutes les
organisations syndicales ont dénoncé ces mesures.
Il s'agit maintenant de construire un front unitaire large pour
organiser la mobilisation nécessaire face à un gouvernement
qui continue à faire la politique du Medef.
Le 10 décembre
2004