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Châtenay-Malabry, le 1er juin 2004
Jean-Jaurès
a obtenu de haute lutte la régularisation de Sandrina et de Gladys
puis de Fanie, trois élèves de ce lycée de Châtenay-Malabry
(92), que des lois iniques menaçaient de radier de l¹existence
légale.
Trois filles, l¹une Angolaise, l¹autre Haïtienne, la troisième
Congolaise de 18 et 19 ans que rien n¹aurait distingué de
leurs camarades si leurs vies n¹avaient été gâchées
depuis leur majorité par le refus des autorités de leur
accorder le titre de séjour leur permettant de vivre normalement
avec leurs familles. La mobilisation des personnels du lycée, des
élèves et des parents, les relais qu¹ils ont su trouver
auprès de personnalités locales et nationales, de centaines
d¹anonymes aussi, l¹écho que la radio, la télévision
et la presse ont donné à leur action ont permis d¹arracher
Sandrina, Gladys et Fanie à la clandestinité. Tout est bien
qui finit bien pour elles.
Pourtant, pour quelques cas résolus, des milliers sans doute d¹autres
jeunes subissent, eux aussi, le drame de la privation du droit à
une existence normale, l¹obsession de l¹interpellation, la peur
d¹une expulsion pratiquée dans des conditions souvent honteuses
vers des pays de misère parfois déchirés par les
guerres, l¹angoisse d¹un avenir bouché par la privation
du droit de poursuivre des études supérieures, de travailler,
d¹avoir un logement, un compte-chèque, de passer son permis
de conduire, de bénéficier de la Sécurité
sociale, etc. Bref, d¹être condamnés à la vie
de sous-hommes à laquelle sont réduits les sans-papiers.
Sur le seul lycée Jean-Jaurès (1200 élèves),
nous avons contribué à la régularisation de quatre
élèves et d¹une mère d¹élève
depuis juillet 2003. Nous avons connaissance de trois autres cas. Depuis
1997, nous avons obtenu la régularisation d¹une vingtaine
d¹élèves, les uns en les aidant dans leurs démarches
(constitution des dossiers, accompagnement aux Préfectures), les
autres en faisant savoir aux autorités (pétitions, délégations
d¹adultes et de jeunes aux préfectures, aux audiences de tribunaux)
qu¹il était inconcevable d¹imaginer nos élèves,
nos camarades, les copains de nos enfants, menottés, entravés,
bâillonnés et scotchés à leurs sièges
d¹avion pendant que leurs camarades étudieraient paisiblement
Eluard (" France, j¹écris ton nom, Liberté ")
ou Du Bellay (" France, mère des arts, des armes et des lois
"). Et que, sans trembler, les profs effaceraient des listes les
noms et prénoms des bannis. Il est impossible que de tels cas n¹existent
pas ailleurs. Il est du devoir des enseignants, des personnels des établissements,
des élèves eux-mêmes et de leurs parents mais aussi
des associations de parents d¹élèves et des organisations
syndicales d¹agir pour tirer ces jeunes de l¹horreur qui pourrit
leur vie. Pour les élèves concernés eux-mêmes,
évidemment. Qui, déjà souvent malmenés par
des existences chaotiques (exilés, ayant parfois perdu un de leurs
parents et traversé nombre d¹épreuves) ne peuvent pas
ajouter aux tragédies que sont les biographies de certains d¹entre
eux, l¹angoisse d¹être expulsés d¹un pays
où ils avaient cru trouver un refuge.
Mais aussi pour faire la démonstration aux yeux de nos élèves
et de nos enfants, que les discours sur les " valeurs " dont
on les abreuve ne sont pas des mots creux. Le comportement de certains
hommes publics, politiques et du monde des affaires (vous voulez des noms
?), ont dévasté la tête d¹une partie de la jeunesse.
Il est du devoir de tous ceux qui ont une mission éducative, à
commencer par les enseignants et les parents, de montrer à la jeune
génération qu¹on dit sans repères, que nos discours
sur la justice, l¹altruisme, la solidarité, le dévouement
à une cause commune ne sont pas des mots vides de sens, tout juste
bons à leur faire la morale. Mais que les adultes, certains d¹entre
eux tout au moins, savent mettre en accord leurs paroles et leurs actes.
Et faire ce qu¹il faut quand des jeunes sont victimes d¹injustice
ou plongés dans des situations intolérables. Pour les jeunes
eux-mêmes enfin. Qui, s¹ils sont associés à des
combats justes, menés avec des moyens autrement efficaces que l¹incendie
de bagnoles et le caillassage de policiers, renoueront avec des traditions
de solidarité, de combat collectif qui leur permettront peut-être,
leur vie durant, de faire en sorte que le monde dans lequel ils sont appelés
à vivre soit un peu moins hideux qu¹il ne l¹est. Adultes
et jeunes des établissements scolaires constituent une force. Elle
doit peser pour que cesse la persécution des élèves
sans papiers. Jean-Jaurès ressuscité appelle à la
constitution d¹un réseau de solidarité avec les jeunes
sans papiers scolarisés, à l¹échelle nationale
(et pourquoi
pas, ensuite à l¹échelle européenne).
Nous appelons toutes et celles et ceux, jeunes sans papiers scolarisés,
enseignants, personnels d¹éducation, parents d¹élèves,
élèves, juristes et avocats, mais aussi les organisations
syndicales, les associations, les partis attachés à combattre
l¹injustice et enfin tous ceux que révolte l¹oppression
à s¹associer à cet appel, à le reproduire, à
le faire circuler et à entrer en contact avec nous.
Nous les invitons à la réunion constitutive du réseau
de soutien aux jeunes sans papiers provisoirement appelé LYCEES
SANS FRONTIERES.
REUNION
CONSTITUTIVE
SAMEDI 26 JUIN 2004-05-02 13h45 HEURES
BOURSE DU TRAVAIL PARIS (rue Charlot ; Métro République)
(Horaires et salle à confirmer)
ORDRE DU JOUR ENVISAGE
(à discuter et adapter) :
1) : Le problème des élèves sans papiers et les solutions
apportées.
Expériences conduites dans quelques établissements (Châtenay-Malabry,
Choisy-le-Roi ? Charenton ? St-Denis ?).
2) : Le cadre juridique
Les formes d¹appui des enseignants, des parents, des élèves,
des autres
structures (syndicats, associations, personnalités)
3) : Comment continuer.
Constitution d¹un réseau, structures
Relations avec les syndicats, associations.
Pôle juridique
------------------------------- _ BULLETIN REPONSE :
NOM : Prénom (si individuel) :
Coordonnées
(adresse postale, téléphone, e-mail, en capitales, on remettra
en minuscules) :
Nous sommes signataires de l¹appel à la régularisation
des élèves sans papiers.
Nous participerons à la réunion constitutive du réseau
de soutien aux jeunessans papiers le 26 juin.
Contact : Lycée
Jean-Jaurès (Richard Moyon) 280 avenue Jean-Jaurès 92290
Châtenay-Malabry, 06 12 17 63 81, lyceessansfrontieres@free.fr
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