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Actualité syndicale
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| Mouvements Sociaux | Des luttes importantes... | |
Sauve qui peut... La spectaculaire évolution de "Sauvons la Recherche" |
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Il y a un an, l'appel
de Cochin issu d'une assemblée générale dénonçait
l'OMC et l'AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services).
Sa cible était notamment la stratégie de privatisation des
services publics (ANNEXE 1). Un an plus tard, une association "Sauvons
la Recherche" est formée dont les statuts s'inscrivent dans
une logique de "participation constructive" à cette même
politique jadis dénoncée (ANNEXE 2). Quelques semaines plus
tard, Fillon fait ouvertement état (ANNEXE 3) du marchandage consistant
à rétablir les 550 postes statutaires en échange
de l'adhésion de "Sauvons la Recherche" et des principales
centrales syndicales à la stratégie d'élaboration
d'une nouvelle loi d'orientation (c'est de l'actuelle que les personnels
de la recherche tiennent leur statut de Malentendu? Pas le moins du monde. A présent, le ton a changé et les ex-contestataires s'en prennent aux "lourdeurs" de l'actuel système de recherche. Le trésorier de "Sauvons la recherche" reçoit les deux ministres de tutelle pour en parler (ANNEXE 4). Des "lourdeurs techniques"? Pas vraiment, ou pas seulement. Car le "manque de flexibilité" concerne au premier chef les personnels, principal chapitre du budget des établissements publics de recherche, et on peut lire (ANNEXE 4): << Les chercheurs ont également dénoncé le manque de flexibilité du système français. "Quand j'étais en post-doc (jeune chercheur, ndlr) à Harvard, j'ai pu embaucher des techniciens de qualité. En France, c'est impossible de leur proposer plus que le Smic", témoigne un jeune chercheur, Frédéric Saudou, spécialiste de la mort cellulaire programmée.>> Autrement dit, ce chercheur ne veut plus de techniciens fonctionnaires et défend ouvertement le système US. Et, dans la même logique, de nombreux directeurs de laboratoire (ils le disent ouvertement) ne veulent plus ou guère de chercheurs fonctionnaires, etc... etc... Les 550 postes statutaires sont bien des "mesures transitoires" (Axel Kahn avec Barre et Delors) et rien d'autre, y compris pour "Sauvons la Recherche" et pour les principales centrales syndicales.
ANNEXE 1 http://recherche-en-danger.apinc.org/article.php3?id_article=46 L'APPEL DE COCHIN Il faut sauver la recherche scientifique française ! Texte adopté en assemblée générale, le 4 avril 2003, par le personnel des laboratoires de recherche de l'Institut Cochin Une série de choix politiques a amené la recherche scientifique française dans une situation si catastrophique que sa survie même en est compromise. Les choix des gouvernements
qui se sont succédé depuis plusieurs années ont amené
le budget de la recherche à un niveau dérisoire, incompatible
avec les exigences de la compétition internationale. Un exemple
: en 2002, le budget du NIH (National Institute of Health, équivalent
de l'Inserm), était 50 à 60 fois supérieur à
celui de l'INSERM (1), pour un rapport de populations de 5. Le gouvernement
actuel vient de frapper ce budget 3 fois de suite. Fin 2002, une première
baisse des budgets 2003 du CNRS et de l'INSERM a été décidée,
au moment même où, pris dans les mêmes difficultés
économiques, les Etats-Unis choisissaient, d'augmenter le budget
du NIH de 15% ! En mars 2003, une baisse de Dans quel état
sont les équipes de recherche, au même moment ? Elles sont
mal en point, pour des raisons qui ne sont pas récentes, mais qui
vont en s'aggravant. Lorsque, dans ces conditions, le gouvernement continue d'affirmer que la recherche reste une priorité, les équipes de recherche ont le sentiment qu'on se moque d'elles. Certains pensent que le Plan Cancer démontre la bonne volonté du gouvernement en faveur de la recherche. De la recherche clinique et appliquée dans ce domaine, oui, tant mieux. Mais dans l'Institut National du Cancer qui sera le fer de lance de ce plan, il n'y aura pas de recherche fondamentale. Et la plaquette officielle souligne bien que le fonctionnement de cet Institut sans recherche fondamentale préfigure la réorganisation de la recherche en France. Comment peut-on oublier que les scanners et l'IRM utilisés par les cancérologues aujourd'hui sont construits sur des principes mis au point dans des laboratoires de physique fondamentale, qui ne se préoccupaient pas du cancer ? Et au-delà, comment faire semblant d'ignorer que la plupart des avancées majeures de la recherche biomédicale viennent de découvertes fondamentales ? La France a besoin d'une recherche fondamentale de qualité ?et pas seulement en biologie ou en physique-, mais le gouvernement semble penser différemment En effet, on entend dire : "la recherche publique française n'offre pas assez de retour sur investissement". Mais peut-on accepter que tout s'évalue en terme de valeur ajoutée ou de retour sur investissement ? Dire cela aujourd'hui, n'est-ce pas s'apprêter à dire demain que l'éducation (ou les malades, les retraités, les personnes handicapées) n'offre pas assez de retour sur investissement ? Il semble bien que ce qui est en train de se jouer pour la recherche s'inscrive dans un cadre beaucoup plus large, celui de la privatisation des services publics au sein de l'OMC (2). Les citoyens français sont-ils favorables à une privatisation générale des services publics, et en particulier de la recherche fondamentale ? Ce qui se prépare, ce ne sont pas de petites difficultés temporaires, mais c'est la mort annoncée de la recherche publique de notre pays. Cela concerne l'avenir de la France, cela concerne tous les citoyens de ce pays. (1) Le budget du NIH
était de 23,6 milliards de $ en 2002 et il est de 27,3 milliards
de $ en 2003 ; celui de l'INSERM pour 2002 était de 0,445 milliards
d'euros, et si rien n'est fait, il passera à 0,311 milliards d'euros
en 2003 ! ANNEXE 2 Création de
l'association "Sauvons la recherche" Le collectif a fondé l'association "Sauvons la recherche". Cette association régie par la loi de 1901 a pour objets : 1. De promouvoir
la recherche fondamentale quelle que soit la discipline ; Si vous désirez adhérer pour soutenir le mouvement pour la recherche dans la durée, lui permettre de mener des actions dans le cadre des objets ci-dessus, merci d'envoyer votre cotisation et votre bulletin d'adhésion ci-dessous à : "Sauvons la Recherche" Bulletin à
découper ou à recopier et à renvoyer avec votre règlement
par chèque exclusivement : J'adhère à "Sauvons
la Recherche" Ma cotisation est
de (cocher la case correspondante et joindre un chèque à
mercredi 14 avril
2004, 16h43 PARIS (AP) - La loi d'orientation sur la recherche sera soumise au Parlement "à la rentrée", a annoncé mercredi le ministre de l'Education François Fillon. Pour mettre fin au conflit avec les chercheurs, "nous avons décidé de rétablir les postes statutaires" et "de suspendre les recrutements sur les postes contractuels jusqu'à l'aboutissement d'une négociation sur l'emploi scientifique", a-t-il rappelé lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Par ailleurs, "nous avons décidé de créer, d'ici 2005, 1.000 postes supplémentaires dans l'enseignement supérieur". Mais "la contrepartie de cet effort exceptionnel dans un contexte budgétaire extrêmement dégradé, c'est l'engagement d'un processus de réflexion et de réforme", a ajouté M. Fillon. A donc été "engagée d'ici le mois de septembre une réflexion globale sur l'organisation de notre système de recherche" et "nous vous proposerons à la rentrée une loi d'orientation". AP ANNEXE 4 mardi 20 avril 2004,
21h49 PARIS (AFP) - Les deux ministres chargés de l'épineux dossier de la recherche ont commencé mardi par l'Institut Curie à Paris une série de rencontres dans les laboratoires avec les chercheurs, au lendemain du mouvement qui a secoué l'ensemble du monde de la recherche. Le ministre de l'Education nationale François Fillon et le ministre délégué à la Recherche François d'Aubert ont visité longement cet institut prestigieux, à la fois hôpital et centre de recherches, le plus important en France dédié à la cancérologie, également l'un des bastions du mouvement des chercheurs en colère, a constaté l'AFP. Il s'agit de la première étape d'une "tournée des labos" dans le cadre de la préparation d'une loi de programmation et d'orientation sur la recherche, promise par le gouvernement avant la fin de l'année, indique-t-on dans l'entourage des deux ministres. Quelques-uns des responsables de laboratoires - Curie en compte 53 - ont fait le point de leurs recherches et exposé les problèmes qu'ils rencontrent: financements et visibilité insuffisants, mais surtout lourdeurs administratives et fractionnement des financements obligeant à des démarches multiples au détriment du travail de chercheur. "Il m'a fallu deux mois à temps plein pour boucler le financement de ce projet", témoigne Jean Salamero, responsable d'une plafe-forme d'imagerie cellulaire, un équipement de pointe qui permet de plonger au coeur des cellules et sert à sept équipes de recherche. "Cette dispersion des financements a empiré à mesure que le budget du CNRS se rétrécissait comme peau de chagrin", ajoute le chercheur. "La loi de programmation
devra revoir cette fragmentation", a reconnu M. d'Aubert. Selon M. Fillon, la loi d'orientation et de programmation, qui était l'une des revendications des chercheurs en colère, "constitue un engagement et une brèche dans notre rigidité financière". "Il faut faire assez vite, dans un an ce sera beaucoup plus difficile de faire bouger les choses", a-t-il ajouté. De son côté,
M. d'Aubert a estimé que le mouvement des chercheurs avait "levé
beaucoup de tabous". "Il y a une demande très forte de
réforme et d'adaptation", a-t-il dit, reconnaissant beaucoup
de lourdeurs dans le fonctionnement de la recherche en France. |