Parents,
Vous savez tous
que l'Etat organise un " Débat National sur l'Avenir de
l'Ecole ". Dans ce cadre, il demande aux enseignants de se réunir
une demi-journée le Samedi 13 décembre 2003 en donnant
congé aux élèves.
Nous sommes extrêmement réservés sur les conditions,
l'organisation et surtout sur les finalités de ce grand débat..
L'organisation de celui-ci vient après le mouvement de protestation
très important dans l'Education Nationale au printemps dernier.
Ce mouvement vous a tous concernés à des degrés
divers. Il a été coûteux en argent, en énergie.
Les enseignants qui ont participé ont dénoncé,
souvent avec vous, la volonté du gouvernement de démanteler
le service public d'éducation. Ils ont alors largement débattu
des manques de l'école et des améliorations à y
apporter.
Ils n'ont pas été entendus. Ils n'ont rencontré
qu'indifférence et mépris.
Dans
ces conditions, ce débat ne nous semble organisé que pour
masquer la réalité d'un projet de société
libérale et faire passer, sous couvert de concertation, des réformes
déjà écrites. (voir textes de référence
ci-après.)
Par ailleurs, faire
appel aux souvenirs d'enfance de l'opinion publique pour débattre
du contenu du travail des enseignants
Est-ce sérieux ?
De plus, aucune garantie n'a été donnée sur la
façon de faire " remonter " les avis.
Les questions posées sont orientées, dans un sens qui
nous inquiète, et les réponses sont la plupart du temps
grossièrement induites ; par exemple :
- Disparition de la carte scolaire au détriment de la mixité
sociale
- Ajustement des contenus de l'école aux besoins économiques
des entreprises, au détriment de leur aspect culturel et
éducatif.
- Recherche de l' " efficacité " à tout
prix et à court terme, au détriment du projet humain
et du lien social.
- Mise en avant de la décentralisation au détriment
d'une répartition égalitaire des moyens.
Cette propagande
vise à promouvoir la rentabilité de l'école à
court terme, alors que pour nous, les performances d'un système
d'éducation se mesurent au degré de culture d'un pays
et à son bon fonctionnement démocratique.
Enfin, dans un contexte de régression sociale généralisée
(retraites, salaires, sécurité sociale, santé,
indemnités chômage, précarité, culture
.),
ce débat isole l'école du fonctionnement global de la
société.
Cela révèle une démarche malhonnête, manipulatrice.
Ce débat est une mascarade,
Nous ne le cautionnons pas.
A Nyons, les samedi 13 décembre on nous impose, pour ce débat,
un seul thème : " Quel socle de connaissances, de compétences
et de règles de comportement, les élèves doivent-ils
prioritairement maîtriser au terme de chaque étape de la
scolarité obligatoire ? " Celui-ci est extrêmement
réducteur alors que les enseignants souhaitent débattre
de l'avenir de l'Ecole avec tous, autour des véritables questions
et enjeux, en construisant des propositions. Par exemple :
Quels sont les enjeux de la décentralisation et de l'autonomie
programmée des établissements?
- Mixité sociale et mixité scolaire.
- Comment assurer l'égalité des chances partout, pour
tous.
- Prise en charge des élèves en difficulté
- Prise en charge du handicap et de la maladie
- Peut-on faire l'impasse sur la question des moyens?
- L'Ecole fait-elle partie du Bien Commun d'une nation ou doit-elle
être soumise à la rentabilité économique?
- Place et rôle de l'Ecole Maternelle dans le système
éducatif
Parce
que l'Ecole de demain, c'est l'affaire de tous aujourd'hui
Parce
qu'il faut être ambitieux pour TOUS les enfants de ce pays,
Soyez persuadés, que nous continuerons à
défendre une école publique de qualité .
Les
enseignants de l'école.
TEXTES DE REFERENCE :
- Compte-rendu n°17 de la commission des finances de l'Assemblée
Nationale du 28/10/2003.
M. Xavier Darcos, ministre de l'enseignement scolaire, a apporté
les précisions suivantes :
" il est vrai que 30 heures de cours ou plus par semaine constituent
le maximum pour les élèves ; la généralisation
des équipements informatiques devrait favoriser un travail
plus autonome nécessitant un accompagnement différent
des cours classiques ; comme l'autonomie progresse avec l'âge,
le temps scolaire pourrait diminuer ;" [
]
- "Les technologies du XXIe siècle" publié
par l'OCDE en novembre 1998 (extrait)
" Tous les services d'intérêt collectif, notamment
l'enseignement, la santé, les diverses formes de protection
sociale, ainsi que les transports et les communications, entre autres
exemples, sont transférés à la sphère
marchande du secteur privé. (
) Les secteurs en plein
essor de la santé, de l'enseignement et de l'assurance étant
aux mains d'entreprises privées, les contraintes budgétaires
du secteur public devraient diminuer, d'où une baisse des
taux d'intérêt, et de ce fait, des charges financières
moindres pour les investisseurs privés ".
OCDE : organisation de coopération et de développement
économique
Ce ne sont que quelques exemples
Note de l'Udas: concernant les textes de référence, voir
aussi ARG
11 et ARG 12