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Décembre 2003

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Ecole : Consultation nationale

Parole...

Jeudi11/12/2003,
18h20 devant la salle de Villefontaine où doit avoir lieu un de ces fameux "grand débat" (on dirait une un nom de grande surface), je retrouve Christian et Emmanuelle pour distribuer des tracts du PAS et de l'AGU aux quelques présents que je crois à peu près tous connaître (en gros, tous enseignants).

18h40, je me glisse dans la salle, curieux de ce qui va s'y passer. J'arrive au moment où "l'organisatrice" précise qu'aucun débordement ne serait "toléré" et qu'elle serait chargée de recadrer les débats si cela est nécessaire. Après une ou deux interventions se pose la question de qui est ici. Va-t-on entendre la parole de gens qui ne sont pas enseignants? On voit vite que seulement 2 personnes sur une petite cinquantaine répondent à cette description et certains précisent qu'ils pensaient venir à un débat citoyen sans étiquette. Après quelques interventions je me tire et je rentre chez moi pour écrire ce qui suit :

19h15, me voilà déjà rentré de ce "débat" (beurk!)
j'ai essayé d'y rentré mais je n'ai pas résisté longtemps et j'en suis reparti en colère. En colère parce que je n'ai pas l'impression d'y avoir fait passer un message. La distribution de tracts, c'est bien mais qu'est-ce qui nous garantit qu'il sera lu. Et puis on a aucun retour, aucune discussion en directe, aucune construction inter-individuelle ne serait-ce que par l'effort de s'expliquer et l'écoute d'un point de vue différent.
Je regrette de ne pas avoir invité à la soirée de demain, celle de l'Agora d'café, une soirée dans un lieu citoyen, sans convocation, sans questions prédéfinies. En tous cas, j'ai de plus en plus envie d'y aller comme j'ai envie de retourner au débat pour la fin, pour avoir un retour sur des impressions à chaud pour y faire cette invitation.
Bref, distribuer simplement des tracts ne me satisfait pas. Cela me frustre de ne pouvoir discuter vraiment pour essayer de faire passer le message du tract qui est certainement dur à assimiler quand on n'a pas réfléchi à tout ça auparavant. Je me rends compte que son écriture m'a satisfait mais que ce n'est pas ça l'aboutissement. Ca ne peut être qu'une amorce pour lancer un autre débat avec des gens qu'on va voir plus longtemps, avec lesquels on va discuter sans rester dans des questions pré-définies ou qu'on va revoir un peu plus tard. Je crois que c'est pour ça qu'il faut que j'y retourne dans 30 minutes.
Mais en aurai-je le courage?
Enfin voilà, je pense que je n'étais pas prêt à l'étape qui suivait la construction de ce tract et que c'est de là que naît mon "amertume".

20h10, je retourne à la salle. Première impression : la 1ère file de voitures des présents du début a bien diminué mais une deuxième file s'est construite entre temps. Dans la salle toujours pas plus de monde. Les propos qui y sont tenus peuvent être intéressants et il y a un peu plus d'intervenants. Je vois des gens qui s'emmerdent. Je vois aussi que les gens qui m'ont vu partir au bout d'un quart d'heure et qui me voient revenir vingt minutes avant la fin se posent des questions. (si, certains). Je me tais ne pouvant me lancer dans une discussion qui de toutes façons me semble vaine vue les conditions et que je ne veux pas faire ce plaisir au gouvernement en cautionnant cette consultation "démocratique" au rabais. Je souhaite aussi rester poli. Finalement, quand les premiers signes de départ se font sentir, je prends la parole pour leur dire pourquoi je n'ai pas parlé et je les invite à venir à l'Agora d'Café du lendemain, lieu citoyen, neutre sans questions pré-établies qui a pour thème, vu l'actualité,......... l'Ecole. (Vous l'auriez deviner). S'en suit quelques relais pour annoncer le forum sur l'éducation prévu dans le Nord-Isère en janvier et pour demander si l'insertion des deux tracts distribués ce soir dans le compte-rendu était souhaitée. Ce à quoi l'inspecteur a répondu que techniquement, ne pourrait paraître dans ce document que ce qui aurait été débattu avec les présents du soir. Quel défenseur de la parole démocratique qui nous interdit d'abord tout débordement du cadre dans lequel il nous contraint, qui cautionne un "fast-débat" (vite préparé - vite consommé - mais au combien dur à digérer et mal-propre à la santé publique) et qui au final refuse une parole qui n'aurait pas été tenue en public et soumise à l'approbation de l'assemblée. C'est beau, il sera décoré pour ça !!!

20h40, devant la salle, j'intercepte la seule personne restante (sur les 2) identifiée comme non-enseignante (je me dis que les autres auront toutes ces informations par d'autres biais) à laquelle on avait distribué notre tract. Je lui en brosse le tableau en résumé et elle semble bien convaincue de l'aspect vain de cette soirée débat. Je lui parle du forum de janvier et là, inévitablement pour quelqu'un qui cherche une cohérence, la question tant redoutée par Christian arrive : mais sur quoi va déboucher ce week-end ? Je lui réponds en faisant référence au programme qui se termine par un débat de "clôture" qui invite à construire la suite. Mais quelle pourrait être cette suite, me demande-t-elle ? Je lui réponds qu'on va se voir justement pour la construire ; que cela prend du temps (beaucoup plus que les 2 heures de ce soir) et que si ce sont les mêmes qui sont là et qui était là en mai et juin c'est qu'ils sont bien conscients du nécessaire travail de fourmi ; qu'on ne sait pas encore ce qui en sortira mais que de toutes façons il ne sortira rien si on ne se met pas à réfléchir à plusieurs sur la chose ; et qu'une première idée qui a jailli timidement de peur de paraître décalée ou utopique ou je ne sais pas trop quoi mais que j'ai entendue, serait que de ce forum se construise un cahier de doléances pour l'éducation, démarche qui pourrait être reprises dans d'autres secteurs qui se battent et se débattent (dans tous les sens du terme) aussi depuis longtemps tels que, et j'en oubli, la culture, la santé, les chômeurs, et qu'enfin, par une mystérieuse alchimie et beaucoup de travail de coordination, tout ce petit monde se retrouve devant l'Assemblée Nationale le 14 juillet 2004. (Mais arrêtez-le, il délire !!!). Enfin bon, j'ai essayé de la motiver et de lui montrer que des idées, on pouvait en avoir. Elle a semblé très intéressée.

Voilà au moins à quoi aura servi pour moi le "grand débat" de ce soir.

Sur ce, il est 21h45 et il est temps que je casse une croûte avant de penser à la classe de demain.

A samedi, pour ceux qui iront distribuer des petits papiers au lycée de Villefontaine, à l'Isle d'Abeau et à Bourgoin.


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