|
Actualité syndicale
|
||
| Mouvements Sociaux | Des luttes importantes... | |
![]() |
Télécharger en .DOC / Télécharger en . RTF POURQUOI
NOUS NE PARTICIPERONS PAS |
|||||
|
Ce "Grand Débat " à l'odeur de démocratie, au goût de démocratie n'est qu'une opération de communication destinée à entériner des décisions déjà prises dans d'autres lieux. Nous ne voulons pas de faux débat Sur
la forme : De même, à partir du fascicule de présentation, on n'invite pas les citoyens à réfléchir : c'est leur "expérience personnelle " qui importe. Oui, mais que vaut cette expérience sans réflexion ? Et quelle place peut prendre l'analyse dans un débat public de deux heures où chacun va venir avec son souvenir plus ou moins positif de l'école, avec l'angoisse que ses enfants ne puissent pas se faire une place dans cette société qui exclut déjà près de trois millions de ses actifs ? La réflexion demande du temps et de la formation et nous ne disposons, dans l'organisation de ce "grand" débat ni de l'un, ni de l'autre.
L'organisation
même du débat pose problème :
Sur le fond : Durant le mouvement de grève de mai-juin, nous
avons parlé et nous avons écrit. Notre parole n'a pas
été entendue. Cette parole, le gouvernement veut à
présent s'en emparer pour mieux la contrôler et mieux la
manipuler. Nous ne pouvons lui faire confiance. Quel crédit,
en effet, accorder à ceux qui mettent en place, avec l'appui
du Medef, une régression sociale sans précédent.
Ces gens qui n'ont que "la réduction de la fracture sociale"
et le mot "solidarité" à la bouche alors qu'ils
détruisent toutes les institutions qui incarnent la solidarité
dans une société. Que penser d'un gouvernement qui programme la faillite
de ces services publics : abandon des chômeurs de longue durée,
déremboursement de médicaments, destruction du statut
des intermittents, loi rétrograde sur les retraites, non-remplacement
d'une grosse partie des départs en retraite, remplacement des
surveillants par des assistants d'éducation au contrat scandaleux,
transfert des personnels de santé de l'EN aux collectivités
territoriales au mépris de l'annonce du report par le 1er ministre
en juin 2003
Et ces changements qu'on nous propose, qui vont-ils servir
? Va-t-on ainsi construire une société plus solidaire
? Le débat qu'on nous impose n'est pas neutre. En mai, lors des premières A.G, on parlait d'abord retraite et décentralisation de l'Education Nationale. Puis très vite, les débats se sont élargis à l'O.M.C, à l'A.G.C.S, à la Sécurité Sociale parce qu'on s'est vite rendu compte que la loi de décentralisation faisait partie d'un projet bien plus vaste. Et aujourd'hui, tout d'un coup, on accepterait de parler de l'école sans parler de la société qui l'entoure ! Mais plus personne ne croit à l'image d'Epinal qui veut que l'enfant qui franchit la porte d'une école ou d'un collège laisse là tous ses soucis. Alors comment parler des missions de l'école sans parler du contexte social et économique dans lequel évoluent les enfants ? Nous
ne voulons pas d'un débat alibi. Nous ne cautionnerons pas par notre présence cette politique de "com " qui tient lieu de méthode de travail. Oui débattre est important, mais l'avenir des écoles de ce globe, les pratiques démocratiques, la vie politique sont des biens trop précieux pour que nous les galvaudions en participant à cette mascarade. Oui, il faut résister à cette entreprise de décérébration, s'interroger, réfléchir, discuter sur les missions de l'école et les valeurs qu'elle doit transmettre, mais pas dans ce cadre-là. Retrouvons les vrais lieux de réflexion, de formation et d'échange que devraient être les associations, les partis politiques, les syndicats. Participons aux rencontres, forums, colloques, conférences, cafés-débats, tous ces actes qui permettent d'entrer en résistance pour grandir ensemble.
|
||||||