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" DEBAT NATIONAL SUR L'AVENIR DE L'ECOLE " |
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Note Udas: Le Lycée Claude Monet se trouve au Havre Voici la lettre que les personnels du lycée Claude Monet avec les sections syndicales FSU, FO, SUD adressent aux parents et aux élèves , et qu'ils liront lors de la première réunion de "débat" en début de séance avant de quitter la salle. Pendant des semaines,
les personnels de l'Education Nationale ont fait grève l'an dernier,
manifesté, interpellé les ministres
et n'ont pu se
faire entendre. Aujourd'hui, les ministres prétendent libérer
la parole en organisant un "grand débat sur l'éducation".
Il s'agit selon leurs propres termes d'aboutir à "un diagnostic
partagé", autrement dit à un consensus sur une future
loi d'orientation sur l'Ecole et de nouvelles réformes. Les personnels ouvriers
et techniciens de service (TOS) sont exclus du débat
. Débat
ou non, le gouvernement a décidé de les exclure de l'Education
Nationale en maintenant sa politique de décentralisation et de
transfert des personnels aux collectivités territoriales. Il vient
d'accepter en outre un amendement au sénat autorisant le transfert
de la médecine scolaire, alors qu'il s'est engagé en juin
à y renoncer. Ce "grand débat"
porte sur 22 sujets, 2 par établissement. Chacun peut noter le
caractère très orienté des questions posées.
Exemple : "L'efficacité de l'école exige-t-elle plus
de décentralisation ?" Autre exemple : "Comment organiser
et améliorer l'orientation des élèves ?", question
à mettre en rapport avec la volonté du gouvernement de transférer
les conseillers d'orientation aux collectivités territoriales et
de confier une partie de leurs tâches aux professeurs. Ce débat est
truqué ; ses conclusions sont déjà données
d'avance. Nous exagérons ? Le rapport Chamard
commence par ce titre éloquent : "Chapitre premier : L'urgence
de la réforme I- Le système scolaire accapare une part croissante
de la richesse nationale". Commentaire de Ferry : "Le véritable
levier (de cette réforme), c'est l'autonomie des établissements,
qui peut leur permettre de disposer d'un budget global, d'une fongibilité
des lignes de crédits et aussi d'une marge d'autonomie sur les
programmes de 10 à 15%. Il n'est pas possible d'imaginer passer
une telle réforme en force". Autres citations :
"D'autres champs d'économie sont possibles dans l'éducation.
Certains passent par la redéfinition des services, par le développement
de la bivalence, l'annualisation des services et la rationalisation des
offres de formation, notamment pour les petits diplômes." (Ferry)
"Il faut résoudre
la question des classes à faibles effectifs, par exemple en STI,
littérature ou langue allemande. Quel montant d'économies
pourrait-on faire si l'on y remédiait !" (P.Auberger) "Concernant la
relation entre les effectifs des classes et le niveau des résultats,
il semble que cela ne donne des résultats probants que pour les
élèves en grande difficulté ; ceux qui se situent
dans la moyenne ne voient pas leurs résultats significativement
améliorés par la réduction du nombre d'élèves
par classe. Par ailleurs, on constate dans de nombreuses régions
une surcapacité des établissements."(P.Méhaignerie)
Comme les déclarations
de nos ministres le démontrent, ce " débat " est
destiné à donner un habillage et un consentement "démocratiques"
à une politique de destruction de l'Ecole publique. Ils ne s'occupent
pas de l'Ecole, mais d' "économies ". En accusant enseignants
et élèves d'"accaparer
la richesse nationale ",
ils les font passer pour des voleurs d'argent public. Ils ont déjà
décidé du contenu de leur future réforme et veulent
pouvoir se réclamer de l'opinion des Français. Les propos
qu'ils tiennent entre eux sont clairs : il s'agit de diminuer brutalement
dès l'an prochain le budget consacré à l'Education
Nationale ; il s'agit de la démanteler morceaux par morceaux en
la transférant aux régions et de mettre en pièces
les statuts nationaux, les programmes nationaux et les diplômes
nationaux qui seuls garantissent aux élèves le bénéfice
du même droit à l'éducation sur tout le territoire
de la République. Il s'agit d'une politique générale
de destruction des services publics. Cette politique, les
élèves et les enseignants du lycée Claude Monet en
ont déjà un avant-goût quand on voit par exemple la
considérable dégradation qu'a subie depuis 3 ans l'enseignement
des langues : des groupes de langues surchargés ne bénéficiant
plus que de 2 heures de cours par semaine (au lieu de 3 heures avant la
réforme Allègre), des options de langues rares fragilisées
voire menacées
.pendant que le lycée privé
St Joseph vient de bénéficier avec les fonds publics de
l'ouverture d'une section internationale d'une douzaine d'élèves.
L'assemblée Générale des personnels du lycée Claude Monet du Havre du 25 novembre 2003 avec leurs sections syndicales FSU, SN-FO-LC, SUD. Source: Texte transmis par J.P Le Du |