avril mai juin 2003
 
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Des luttes importantes...
 
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LA PLUS GRANDE GREVE DE L'HISTOIRE
DES ENSEIGNANTS

Ce qui a changé

Quelle que soit l'issue du conflit, un niveau de conscience jamais atteint depuis 1968 par les enseignants est d'ores et déjà perceptible.

La mollesse, le conformisme, la somnolence, le " social-démocratisme " qui caractérisaient le monde enseignant ont été balayés par le formidable mouvement social de mai-juin 2003.

Ce mouvement est la continuation des élections de 2002 qui, il faut le réaffirmer avec force, n'ont pas constitué une victoire du fascisme mais bien une défaite de la Gauche plurielle et la condamnation de sa politique.

Cette politique est poursuivie et amplifiée par le gouvernement Chirac-Raffarin et il aura fallu de précoces et nombreuses initiatives locales (grèves à la Réunion, dans l'académie de Bordeaux puis un peu partout en France, assemblées générales d'établissements et départementales) pour que les organisations syndicales jouent enfin leur rôle et qu'elles appellent à la grève.

Toutes les assemblées générales l'ont démontré : le principal obstacle à la grève générale, massive, interprofessionnelle a été et est encore le fait des directions syndicales majoritaires.

Le discours de la F.S.U. depuis des années, c'est-à-dire depuis que ses amis politiques étaient au gouvernement, a été de dire : " c'est à la base de se mobiliser ", " nous ne pouvons pas décider pour les enseignants ", " il n'y a pas 100% de grévistes lors des journées d'action, ça veut dire que les gens ne sont pas près ", etc.

Ce discours est une tromperie. Sous couvert de donner la parole à la base il s'agit, en fait, de refuser d'impulser, d'organiser, de coordonner un mouvement d'ampleur, en clair de jouer le rôle d'un syndicat.

Et quand ce mouvement se met en marche, envers et contre toutes les journées d'action, envers et contre toutes les préoccupations pédagogiques de la F.S.U. (est-ce bien le rôle d'un syndicat ? ? ?), alors elle et l'U.N.S.A. restent sourdes aux appels des assemblées générales qui appellent à la grève générale, à des actions significatives, à un mouvement de masse tout en jouant les leaders, tout en s'improvisant chef de la tribune, tout en proposant des actions gadgets (rollers et Cie...).

Encore une fois, c'est mai-juin 36, août 44, mai 68 qui se répètent : les directions attendent patiemment - non sans malaise - le moment propice pour faire rentrer tout le monde dans les classes et passer à des choses plus sérieuses : que faire dans les I.D.D. ? comment gérer la pénurie ? gloser sur les " sciences " de l'éducation et la pédagogie...

Pourquoi le gouvernement reste-t-il extrêmement ferme sur ses positions ?

Trois raisons à cela : la Droite, la Gauche, l'Europe.

Le mouvement de grève s'oppose au gouvernement de Droite mais il s'oppose aussi à la Gauche qui a initié la décentralisation (Luc Ferry l'appelle " la 1ère décentralisation "), qui a commencé à remettre en cause les retraites (Jospin a conservé l'inégalité du privé de la période Balladur et a signé l'allongement de la durée du travail à Barcelone avec son pote Chirac avant les présidentielles ; Delors, Rocard soutiennent le plan Fillon) et il s'oppose à l'Europe qui veut imposer la décentralisation, la réduction des budgets publics et casser les retraites par répartition.

J'ai voté " non " à Maastricht, je n'ai jamais participé à aucune élection européenne (pour l'élection d'un Parlement bidon et sans pouvoir : c'est la Commission qui décide), j'ai voté " blanc " au 2ème tour des présidentielles de 2002.

Tout ce qui se passe conforte au-delà de mes espérances mes positions antérieures et un grand nombre d'enseignants est en train de réaliser ce que c'est que la Gauche et ce que c'est que l'Europe.

Certains disaient : on ne peut pas être contre l'Europe, c'est la position de Le Pen. D'une part, on ne se détermine pas par rapport à Le Pen, d'autre part l'entendez-vous dénoncer l'Europe à propos de la décentralisation, du déficit budgétaire et des retraites ?

Des enseignants du collège de Langeais (37)

 

Ce point de vue n'est pas partagé par tous, il contribue au débat et ce débat n'est ni ouvert, ni fermé, il existe...


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