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avril mai 2003
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| Des luttes importantes... | |||||
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Alerte,
AGCS !...
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Vous connaissez donc l'AGCS, l'Accord Général sur le Commerce des Services
Dans le Charlie Hebdo du 28 mai on pouvait lire : "Hier, poussé par son aile gauche, Jospin refusait l'Accord multilatéral sir l'investissement (AMI). Aujourd'hui, avec sa " décentralisation " , Raffarin ouvre une voie impériale à son clone, l'AGCS. ... ... ... Le but : " libéraliser
par étapes successives tous les secteurs de tous les services "
et éliminer toutes les " barrières "gouvernementales
qui tempèrent les ardeurs des forces vives multinationales. Le 29 avril dernier, Pascal Lamy, commissaire européen en charge de la concurrence et négociateur auprès de l'OMC pour l'ensemble de l'union européenne, a remis la liste des secteurs que l'Europe offre en pâture à la concurrence mondiale__ pour le moment sont concernés les télécommunications, la banque, les assurances, les services environnementaux, la distribution, la construction, les agences de presse et le tourisme__, en affirmant bien haut que cette liste " a été préparée en vue d'assurer l'entière sauvegarde des services publics au sein de l'UE ". Ce qui est un très gros mensonge. D'abord parce que Pascal Lamy n'en pense pas un mot, ensuite parce que l'AGCS permet beaucoup de choses, sauf de sauvegarder les services publics. Certes, l'AGCS exclut
de son application " les services fournis dans l'exercice du pouvoir
gouvernemental ". De plus les Etats auront obligation d'appliquer la règle du " traitement national " et d'appliquer aux acteurs étrangers la même règle qu'ils appliquent aux acteurs nationaux dans le même secteur. Autrement dit, si Disney décide d'implanter une batterie d'écoles maternelles en France, le ministère de l'Education sera tenu de lui verser des subventions. Ou d'arrêter de subventionner l'école. Par ailleurs, les investisseurs privés auront un droit de regard sur les politiques publiques. S'ils s'estiment victimes d'une " discrimination " du fait d'une législation trop " contraignante ", ils pourront demander une compensation, voire le retrait pur et simple de la loi. A cette fin, l'AGCS donne mandat à l'OMC pour veiller à ce que les législations ne constituent pas des " obstacles non nécessaires au commerce des services ", et il appartiendra à l'Etat d'apporter la preuve de l'innocuité de ses réglementations sur la bonne marche du commerce. On imagine sans peine
ce que pense l'OMC du salaire minimum garanti, de la durée hebdomadaire
de travail maximum et de la couverture maladie universelle
Pour
exemple, dans le cadre de l'ALENA, l'Accord de libre-échange nord
américain, l'industrie pharmaceutique a obtenu de l'OMC la condamnation
du Canada, parce que le gouvernement faisait la promotion des médicaments
génériques. Ce n'est pas tout : le processus de l'AGCS est évolutif et irréversible. L'article 19 précise que " des séries de négociations successives auront lieu périodiquement en vue d'élever le niveau de libéralisation ". Si chaque pays est libre de proposer les secteurs qu'il souhaite voir " libéralisés ", l'OMC demandera à chaque nouveau cycle de négociations l'ouverture à la concurrence de secteurs jusqu'ici épargnés. Le premier cycle doit se clore le 31 décembre 2004.Mais il y en aura d'autres Ce qui veut dire que les élections ne serviront plus à rien. Comme il est interdit de faire marche arrière, tout Etat qui voudrait modifier ses engagements dans le sens contraire à plus de libéralisation devrait accorder des compensations financières aux entre prises ainsi qu'aux Etats qui s'estimeraient " lésés ". Donc, le citoyen pourra toujours changer de gouvernement mais pas de politique. Le pouvoir des
élus : arroser les fleurs
Du côté
du gouvernement de la France d'en bas, en revanche, ça ne bronche
pas beaucoup. Logique, la politique de raffarin, avec sa décentralisation
et son droit à l'expérimentation, n'a d'autre but que de
préparer le chemin à l'AGCS. Comme l'a rappelé tout
récemment Roger Mézin, conseiller technique UMP chargé
de la réforme de décentralisation au ministère de
l'Education : " L'éducation est un produit [
] qui devra
supporter de plus en plus les contraintes de la concurrence et de la mondialisation
". Gérard Biard Fin de citation
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