Il
faudrait aussi consulter plus souvent le petit Robert afin de ne pas
commettre des erreurs de langage bien malvenues ; il faut relire la
définition d' "otages", de "boucliers humains".
Et moi, suis-je un "terroriste" ou un "dommage collatéral"
?
En aucun cas, un
membre de l'équipe pédagogique de notre école n'a
été victime de pression quelconque pour adhérer
ou non à ce mouvement de grève.
Chacun exprime
en toute liberté ses propres convictions et chaque collègue
les respecte profondément.
Ce sont des diatribes
telles que les vôtres qui cherchent à diviser une équipe
sur la notion de droits et de devoirs.
Depuis le début
de ce mouvement, je n'ai pas, mais j'aurais dû, comptabilisé
les heures passées en concertation avec le RASED, l'administration
de certains collèges pour le transfert des dossiers de 6e et
justifier certaines demandes de dérogations, en entretiens avec
les parents d'élèves alors que j'étais gréviste
et, de ce fait non rémunéré pour ce travail (un
trentième de retenue de salaire brut par jour de grève,
faut-il le préciser).
Je veux simplement
dire par là qu'en ce qui concerne la déontologie de
mon métier d'enseignant, j'estime ne devoir recevoir de leçons
de personne ; depuis 33 ans que j'exerce ce métier, j'ai ma
conscience pour moi et comme mes collègues profs de première
et terminale grévistes qui ont préparé jusqu'à
la dernière minute leurs élèves aux examens et
depuis le 13 mai ont officiellement déclaré par un communiqué
de presse intersyndical qu'en aucun cas, ils ne s'opposeraient au
bon déroulement des épreuves du bac, je ne peux concevoir
que notre action ait été préjudiciable pour l'avenir
de nos élèves.
Ce qui caractérise
notre école, c'est la stabilité de l'équipe pédagogique
(qui sur 5 enseignants compte, il me semble, trois électrons
libres irresponsables d'après vous) qui s'est fédérée
autour de projets innovants qui se révèlent, hélas,
en contradiction flagrante avec la pensée unique et les allégements
de programmes revus et corrigés par cette fameuse commission
présidée depuis tant d'années par M.Ferry.
Remettre ainsi
en cause l'investissement pédagogique et professionnel d'une
équipe enseignante inconsciente de ses "devoirs"
est particulièrement consternant.
Posez-vous quand
même la question de ce qui a fait depuis de si nombreuses années
la spécificité de cette école et qui vous a conduit
à y inscrire à tout prix vos enfants si ce n'est le fruit
des élucubrations de ces irresponsables que vous encensiez hier
et que vous décriez aujourd'hui.
Tous ces projets
initiés et finalisés avec succès, ces méthodes
de travail qui ont su assurer une réelle cohérence dans
la continuité des apprentissages, ces outils élaborés
et perfectionnés au fil des années et qui sont reconnus
et cités en référence par l'institution elle-même,
sont-ils l'uvre de pédagogues irresponsables ?
Jusqu'à
présent, le temps que nous passions à l'école
ne nous était pas compté et notre investissement était
à la mesure de la considération que nous avions de notre
mission de service public ; nous avons choisi ce métier par
conviction et non par intérêt.
Il me semble malheureusement
qu'à court terme, nous soyons obligés de reconsidérer
notre vision des choses et devrons faire profil bas.
Devrons-nous alors
veiller à ne pas former de futurs citoyens à la tête
bien faite mais des individus bien formatés sachant lire, écrire
et compter et prompts à servir dans le bassin local de l'emploi
?
Les hussards de
la République seront ainsi précipités dans les
oubliettes de l'Histoire.
Dimitri
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