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Réponses à divers courriers reçus sur le net...

Sur la sécurité de l'emploi dans la fonction publique, n'oublions pas qu'un tiers des emplois pourvus le sont par des vacataires et autres contractuels dont la précarité du statut n'est pas à démontrer. On peut tout aussi bien se poser la question de l'emploi de ces fameux assistants d'éducation : quelle différence statutaire avec les aides-éducateurs de Jospin si décriés !

De par les réformes annoncées sur les retraites et la décentralisation, l'Etat employeur rompt de façon unilatérale, après concertation certes, mais sans négociation (la différence est de taille !) un contrat de travail. On nous assimile au privé, d'accord, mais dans le privé, ce type d'affaire est porté devant les Prud'hommes. Dans la Fonction Publique, on se tait et on obéit.

Ce fameux mammouth de l'Education Nationale a, pour chacun des ministres de la Ve République, avalisé en moyenne deux réformes et ceci souvent sans broncher. Aucun secteur professionnel n'a, à ma connaissance, été autant sollicité pour mettre en œuvre tant de réformes ; alors, peut-on parler d'immobilisme ? Parlons plutôt de saturation…

J'ai choisi de travailler dans le public, ce doit être une tare familiale, et, en aucun cas, je revendique d'être assimilé au privé. Ce n'est pas, loin s'en faut, une question de réussite sociale, dans le privé j'aurais sans nul doute les moyens de racheter mes annuités manquantes, non, c'est une question de conviction et d'une certaine idée que l'on peut avoir de la mission de service public. Je ne vois pas pourquoi on veut maintenant, et à l'insu de mon plein gré, m'imposer un statut analogue à celui du privé.

La réforme des retraites est certes inévitable, chacun en convient mais contrairement à ce rabâchent les chantres du discours unique (Fillon ou Rocard), d'autres alternatives existent, décrites parfaitement dans de nombreux documents et analyses dûment chiffrées qui circulent sur les routes de l'information libre. Si certains chantres du PS rejoignent l'UMP sur ce sujet, c'est leur problème, pas le nôtre. Les dernières élections présidentielles ont révélé que ni Chirac, ni Jospin ne recouvraient une quelconque adhésion de l'électorat aux éléments de leur programme. Le vote du second tour avec ce score surréaliste de 82 % était un vote républicain contre l'extrême droite et non une approbation à un programme libéral, ne l'oublions pas.

Il n'y a pas de solution miracle, certes, mais on a un peu trop tendance à oublier qu'il est nécessaire de pratiquer un partage équitable des richesses produites, car l'équité est là et non dans une vaine opposition public-privé.

Prouvez-moi que tous les cadeaux faits au patronat depuis tant d'années en terme d'allégement de cotisations sociales et de fiscalité ont été créateurs d'emplois stables, que ce soit pour les jeunes ou pour les plus de 50 ans que le MEDEF refuse toujours d'embaucher tout en réclamant un allongement de leurs cotisations. Et il est toujours aisé d'accuser la conjoncture internationale qui a si souvent bon dos et empêche de voir les problèmes réels.

Des gens très bien se sont penchés sur la question. Certains économistes très réputés (notamment chez ATTAC) et les responsables de la COR, qui sont loin d'être des utopistes joyeux, ont fait des propositions concrètes. Malheureusement, on n'en tient pas compte parce qu'il y a eu Barcelone et Maastricht.

Mais faut-il à tout prix suivre le modèle de nos voisins européens, qui ont aussi un passé socioculturel, et ouvrir les bras au libéralisme triomphant ? En 1936, les congés payés, la semaine de 40 heures, les hausses substantielles de salaire ont-ils été le fruit d'une régression sociale ? L'économie s'est-elle effondrée pendant les trente glorieuses ? Toujours en 36, nos voisins européens nous regardaient comme de doux rêveurs, mais qu'en a retenu l'Histoire ?

Parlons de la décentralisation qui, en soi, est une excellente chose, encore faut-il qu'elle soit véritablement au service des citoyens de "proximité". Le désengagement de l'Etat ne s'est-il pas fait cruellement sentir par des hausses, parfois surréalistes, des impôts locaux, qui restent les impôts les plus injustes qui soient. Les missions de service public ne gagnent pas systématiquement à être confiées à une politique bien locale et clientéliste telles que le pratiquent certaines collectivités territoriales.

Le syndicalisme est théoriquement apolitique. Toute expression concernant une quelconque réflexion sur l'organisation de la cité est fondamentalement politique, au sens propre du terme. Les syndicats inféodés à un parti politique n'existent plus depuis belle lurette !

Les salariés du secteur privé que nous rencontrons adhèrent tout à fait à notre mouvement et sont loin de tomber dans le piège grossier de l'opposition public-privé. S'ils peinent à nous rejoindre, c'est avant tout dû au fait que, dans ce secteur de l'économie, deux tiers des emplois sont précaires avec une forte proportion d'intérimaires.

Le projet sur la réforme des retraites, il faut le lire et dans le texte, dans le détail et tout ce qui concerne aussi bien les salariés du public que ceux du privé et là, on a quelques surprises !

L'a priori de l'allongement de la durée des cotisations sous prétexte d'une "équité" est tout à fait discutable, surtout que l'absence délibérée de créations d'emplois ne permet d'embaucher ni les jeunes, ni les plus de 50 ans.

Un enseignant peut envisager une reconversion, entamer une nouvelle carrière : je ne me vois guère, à 60 ans, pour racheter une décote chercher un emploi qu'on me refusera (trop vieux !) ; peut-être concierge, ou G.O. ou prêtre ?

Je rachèterai mes années manquantes : bien, mais avec quel argent ; je travaille dans la fonction publique et, en fin de carrière, je dépasse juste les 2000 € ; avec deux gamins étudiants (parce qu'il faut faire beaucoup d'études), est-ce possible ?
Les projets alternatifs existent et ils sont loin de relever du domaine de l'irréalité ; même nos voisins européens se mobilisent (Italie, Autriche).

Cette grève est politique : bien sûr qu'elle l'est ! Qu'est-ce qui n'est pas politique ? On n'agit pas contre la démocratie, mais on peut contester la légitimité de la représentation nationale dès lors que le vote était républicain, contre le Pen et non pour Chirac qui ne conserve que ses petits 20 %.

Placer tous les salariés sur le même plan d'égalité, je souscris pleinement ; c'est tout à fait possible, à 37,5 annuités pour tous et une hausse de 0,37 % des cotisations patronales (proposition de la COR).

Jules


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