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Propos recueillis au fil des jours...
 
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Par quoi commencer ?

Tout d'abord, je ne suis pas syndiquée, peur des engagements, sans doute...

Or, là, dans cette grève, je me suis engagée. Oh, pas tout de suite, mais pas à pas. En suivant tous les appels nationaux, puis de façon reconductible depuis le 22 mai.

Ces derniers temps, je doute beaucoup en voyant le mouvement fléchir. Et je ne suis pas la seule. Pourtant je sens bien ce qu'il y a à perdre !

Du fond du coeur je rejette ce monde qu'on essaie de nous forcer à construire. Celui des inégalités qu'on laisse se creuser. Fille d'ouvriers, fille de quartier, je fais aujourd'hui partie des 7 % de femmes privilégiées au niveau de la grille indiciaires des salaires.

Oui, je me suis battue, mais les chances existaient. Qu'en sera-t-il demain ?

Il y a deux choses qui me permettent de continuer :

  • La position d'équipe que nous avons choisie : organiser à partir d'aujourd'hui une grève tournante, par cycles, avec inversion des proportions lors des temps forts et en essayant d'associer au maximum les parents. Et pourquoi pas le retour à une école fermée au moins sur ces temps-là ?! ( Jusqu'à mardi, notre école, était fermée sur ces temps forts. )
  • Les actions auxquelles je participe.

Les deux dernières AG du soir, ne m'ont pas permis de me regonfler.

Les querelles ou contencieux d'individus, de syndicats ne m'aident pas à me sentir accompagnée dans ma démarche individuelle. Pourtant, il me semble que sur le fond, tous sont d'accords.

Ou est l'erreur ?

L'information passe mal ou est déformée, et c'est dommage : pour ce matin, il était décidé un blocage filtrant à la zirst de Meylan, après le démarrage des épreuves (j'étais à l'AG du soir, la veille), or, sur le compte-rendu il apparaissait à confirmer.

Nous étions donc seulement une vingtaine au rendez-vous. Le filtrage à eu lieu, mais moins conséquent.

En même temps, il était prévu une action au Rectorat, mais là aussi, il fallait décoder : à L'AG inter-lycées était voté un blocage du Rectorat. La position des syndicats était de seulement être là et informer, suivi d'un passage à la Préfecture et de la lecture de textes. Certains l'avaient déjà fait et aurait peut-être choisi autre chose.

Dommage.

Je ne jette pas la pierre, nous sommes tous fatigués, mais justement, évitons d'user notre énergies sur de vilaines querelles, nous sommes au fond tous d'accords pour continuer la lutte, ce choix d'une autre société peut nous appartenir à nous tous, les gens de "la rue", si nous restons unis. Et si nous le sommes vraiment, nous en drainerons d'autres.

Construisons des actions qui prouvent que nous sommes toujours là, qui forcent le regard, qui empêchent de nier ce grand mouvement social. Quant à la bataille sur l'appel ou pas des syndicats sur le passage et la correction des examens, il reste avant tout un engagement personnel. J'ai le beau rôle pour dire celà, je ne suis pas prof ! Mais c'est vrai aussi que l'état possède les moyens de permettre aux épreuves d'avoir lieu malgré la grève. Puisqu'il prend la responsabilité de refuser de retirer ces projets face à l'hostilité générale, puisqu'il refuse de consulter et de négocier avec les parties concernées, laissons-le assumer. Ce soir, il a été proposé une action à construire. Mobilisons-nous pour que ce soit un succès.

Caroline


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